Mise à jour le 27/05/2007
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San Finna N°415 du 28 Mai au 03 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

FORUM SOFITEX

Malgré les difficultés que traverse la filière coton, la Société des Fibres Textiles Burkinabé (SOFITEX) a tenu à respecter la tradition en organisant ses 25 forums dans l’optique d’expliquer aux producteurs et acteurs de la filière, les préoccupations du moment et les nouvelles tarifications du coton-graine et des intrants pour cette campagne 2007/2008.

Votre hebdomadaire, aux côtés des autres confrères, a sillonné les villages de Morlaba, Béréba, Sidéradougou, Guigouéra et Sanaba.

Les cotonculteurs de Morlaba ont accueilli ce 16 mai 2007, l’équipe de la SOFITEX, conduite par Monsieur Henry Compaoré qui était entouré de ses plus proches collaborateurs. De Morlaba en passant par Béréba et Sanaba, les émissaires du Directeur général de la SOFITEX, Monsieur Célestin Tiendrébéogo, n’avaient que deux informations essentielles à faire passer : en premier, les nouveaux tarifs du coton-graine, des intrants et du matériel de traitement ; en second, le retard accusé dans le paiement des sommes dues aux paysans.

Prenant la parole en premier, les agents de la SOFITEX ont tenu dans un langage de vérité, à expliquer aux producteurs les difficultés réelles rencontrées par la filière nationale. Après s’être longuement expliqué sur les difficultés que traverse la filière, ils ont tenu tout de même à féliciter et encourager les cotonculteurs à redoubler d’efforts afin de vaincre les problèmes du moment. Comme vous le savez, leur dira-t-on, le coton-graine sera payé aux producteurs à 145 f/kg pour le premier choix et à 120 f/kg pour le deuxième choix, à cette campagne 2007/2008.

Ce qui a le plus intrigué les producteurs, c’est la hausse du prix des intrants. L’engrais coûte désormais 15.485 f pour le NPK et 16.720 f pour l’urée. Pour compenser un peu le coût des intrants qui a augmenté, les émissaires de la SOFITEX ont demandé aux cotonculteurs de privilégier l’utilisation de la fumure organique qui peut engendrer un rendement raisonnable à l’hectare.

Après le message attendu de la SOFITEX, la parole fut donnée aux producteurs. Partout où nous sommes passés, les préoccupations des producteurs sont les mêmes, à quelques exceptions près. On peut résumer ces préoccupations par la diminution des superficies des champs, le retour d’une certaine quantité des intrants et le non-paiement des sommes dues à temps aux producteurs.

A Morlaba par exemple, certains producteurs sont allés même jusqu’à dire qu’ils vont abandonner purement et simplement la culture du coton. Les esprits s’échauffent au départ mais, à l’arrivée, les uns et les autres finissent par mettre du sel dans leur vin, et c’est tant mieux pour la filière coton. Mais c’est vrai, il faut le reconnaître, la tâche n’a pas été du tout facile aux hommes du DG.

Heureusement, comme disait l’autre, les cotonculteurs et la SOFITEX forment un couple inséparable, uni donc pour le meilleur et pour le pire. Certes, la filière a des difficultés mais il faut que les producteurs tiennent bon car il faut reconnaître : le coton reste et demeure l’or blanc du Faso. Les pertes cumulées de la société ont exigé une recapitalisation pour permettre à la SOFITEX d’obtenir des crédits auprès des banques afin de payer les producteurs.

Suite aux difficultés du moment, l’Etat burkinabé a mis la main à la poche, et 50 milliards de nos francs ont été ainsi débloqués au profit des trois sociétés cotonnières que sont : FASOCOTON, SOCOMA et SOFITEX.

Vu la taille de la dernière société, la SOFITEX puisque c’est d’elle qu’il s’agit, engrangera 32 milliards des 50 milliards pour lui permettre de faire face aux problèmes du moment.

Le souhait le plus absolu des producteurs est que l’Etat fasse un effort supplémentaire pour alléger un tant soit peu le prix des intrants.

Pour s’enquérir des réalités du terrain, le Directeur Célestin Tiendrébéogo a initié une rencontre avec les hommes de médias le 16 mai dernier à l’Escale de Bobo-Dioulasso.

Cette rencontre avait pour objectif de connaître à mi-parcours des forums, la position des cotonculteurs suite à la baisse du prix d’achat du coton-graine et la hausse du prix des intrants. Après avoir suivi avec intérêt les journalistes, Mr Célestin Tiendrébéogo a confirmé la crise que traverse la SOFITEX mais que tout est fait pour remonter la pente. Les nouveaux prix auront un impact sur la rentabilité. Néanmoins, le souhait du DG est d’avoir 600.000 tonnes pour cette campagne 2007/2008. Le DG a expliqué que le prix de vente des herbicides a été fixé en application des conclusions de la 7ème Assemblée générale de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) tenue à Ouagadougou le 9 mai dernier, selon le tableau ci-dessous.

  Unité Coût par Unité Dose à l’hectare
Comptant Crédit (9 %)
Herbicide de pré-levée liquide
• Califor 500 SC
• Cotoset 58 SC


Litre
Litre


4 851
4 851


5 288
5 288


3 litres
3 litres
Herbicide de pré-levée granulée
• Action 80 DF
• DIURAL M 80 wg
• Herbicoton DF
Kg
Kg
Kg
4 741
4 741
8 380
5 168
5 168
9 134
1 kg
1 kg
1,7 kg
Herbicide de post-levée
Galant super
Litre 11 170 12 175 1 litre
Appareil de traitement
• TBV
• BV
• Atomiseur
Pièce
Pièce
Pièce
23 800
10 187
127 670
25 942
22 004
139 160
 

En somme, ces 25 forums se sont tenus dans un contexte difficile mais l’espoir est tout de même permis car les cotonculteurs ont montré leur ferme engagement auprès de la SOFITEX pour vaincre cette crise qui n’a que trop duré.

Seydou Diabo





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