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A vue de monde

ELECTIONS LEGISLATIVES DU 3 JUIN 2007
LA MATURITE POLITIQUE DES SENEGALAIS A L’EPREUVE

Au moment même où se déroulent les élections législatives au Sénégal, on ne peut jurer de rien : ni que la mouvance présidentielle et les 13 petits partis d’opposition vont relever le défi de la mobilisation électorale, ni que l’opposition significative va faire gagner son mot d’ordre de boycott.

On se souvient en tout cas qu’au lendemain de l’ annonce par les opposants de leur non-participation aux élections, la tendance au niveau des médias et des partenaires techniques a été de condamner, en accord avec le pouvoir sénégalais. Au fil du temps, la détermination des opposants, leur solidarité et leur sens de l’organisation, ont ramolli ces prises de position et même entraîné des tentatives de médiation pour recoller les morceaux.

Le suspens et partant la réserve, sont de mise.

Mais le faible vote des militaires et para-militaires qui ont exercé leur droit de citoyen il y a quelques jours, a été interprété comme l’adhésion au mot d’ordre de boycott.

En ce moment par ailleurs, les tendances vont plutôt dans le même sens en ce qui concerne le vote des civils. Là-dessus, jusqu’aux environs de 14 heures ce dimanche 3 juin, c’est-à-dire 4 heures avant la clôture du scrutin, à quelques très rares exceptions, la votation était fluide et par moment même, quasiment inexistante.

Au de-là des Sénégalais, on comprend que toute l’Afrique et par-delà, soit sur le qui-vive par rapport à ce qui sortira des urnes sénégalaises.

Ce peut être un terrible camouflet pour le président Wade qui subira d’abord un désaveu populaire pour avoir refusé d’écouter l’opposition, et un impact négatif sur sa propre élection qui, a posteriori, revêtira le soupçon de passage en force. Dans ces conditions évidemment, les conséquences seront importantes pour la mouvance, et une chose entraînant l’autre, le succès de l’opposition sénégalaise sonnera comme un espoir pour les opposants africains qui seront en droit d’attendre que les partenaires techniques révisent leur opinion injuste sur le boycott, qu’ils tiennent en toutes circonstances comme improductif.

Si par extraordinaire, en l’espace de quelques heures, il y avait retournement de situation avec une participation en hausse significative, sans le concours de fraudes avérées, alors on se retrouverait dans la situation inverse où le pouvoir sénégalais sera fêté, où les partenaires seront confortés dans leurs convictions que la politique de la chaise vide est mauvaise, avec a contrario la désolation pour l’opposition sénégalaise et tous ces opposants africains pour qui le boycott apparaît de plus en plus comme la seule réponse à ces processus électoraux fermés.

VT

NDLR : Les 12.000 bureaux de vote viennent de fermer ce dimanche 3 juin à 18 heures, et le constat qui se dégage, c’est que l’abstention constatée pour les militaires et para militaires, s’est confirmée. Les opposants semblent bien avoir gagné la bataille du boycott. 




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