San
Finna N°416 du
04 au 10 Juin 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ELECTIONS
LEGISLATIVES DU 3 JUIN 2007
LA MATURITE POLITIQUE DES SENEGALAIS A L’EPREUVE
Au
moment même où se déroulent les élections
législatives au Sénégal, on ne peut
jurer de rien : ni que la mouvance présidentielle
et les 13 petits partis d’opposition vont relever
le défi de la mobilisation électorale, ni
que l’opposition significative va faire gagner son
mot d’ordre de boycott.
On se souvient
en tout cas qu’au lendemain de l’ annonce
par les opposants de leur non-participation aux élections,
la tendance au niveau des médias et des partenaires
techniques a été de condamner, en accord
avec le pouvoir sénégalais. Au fil du temps,
la détermination des opposants, leur solidarité
et leur sens de l’organisation, ont ramolli ces
prises de position et même entraîné
des tentatives de médiation pour recoller les morceaux.
Le suspens et partant la réserve, sont de mise.
Mais le faible vote des militaires et para-militaires
qui ont exercé leur droit de citoyen il y a quelques
jours, a été interprété comme
l’adhésion au mot d’ordre de boycott.
En ce moment par ailleurs, les tendances vont plutôt
dans le même sens en ce qui concerne le vote des
civils. Là-dessus, jusqu’aux environs de
14 heures ce dimanche 3 juin, c’est-à-dire
4 heures avant la clôture du scrutin, à quelques
très rares exceptions, la votation était
fluide et par moment même, quasiment inexistante.
Au de-là des Sénégalais, on comprend
que toute l’Afrique et par-delà, soit sur
le qui-vive par rapport à ce qui sortira des urnes
sénégalaises.
Ce peut être un terrible camouflet pour le président
Wade qui subira d’abord un désaveu populaire
pour avoir refusé d’écouter l’opposition,
et un impact négatif sur sa propre élection
qui, a posteriori, revêtira le soupçon de
passage en force. Dans ces conditions évidemment,
les conséquences seront importantes pour la mouvance,
et une chose entraînant l’autre, le succès
de l’opposition sénégalaise sonnera
comme un espoir pour les opposants africains qui seront
en droit d’attendre que les partenaires techniques
révisent leur opinion injuste sur le boycott, qu’ils
tiennent en toutes circonstances comme improductif.
Si par extraordinaire, en l’espace de quelques heures,
il y avait retournement de situation avec une participation
en hausse significative, sans le concours de fraudes avérées,
alors on se retrouverait dans la situation inverse où
le pouvoir sénégalais sera fêté,
où les partenaires seront confortés dans
leurs convictions que la politique de la chaise vide est
mauvaise, avec a contrario la désolation pour l’opposition
sénégalaise et tous ces opposants africains
pour qui le boycott apparaît de plus en plus comme
la seule réponse à ces processus électoraux
fermés.
VT
NDLR
: Les 12.000 bureaux de vote viennent de fermer ce dimanche
3 juin à 18 heures, et le constat qui se dégage,
c’est que l’abstention constatée pour
les militaires et para militaires, s’est confirmée.
Les opposants semblent bien avoir gagné la bataille
du boycott.