|
M’BEKI
A-T-IL BIEN OU MAL FAIT D’ASSISTER A LA CEREMONIE
DE PRESTATION DE SERMENT DE UMARU YAR'ADUA,
NOUVEAU PRESIDENT NIGERIAN ?
Pour
la prestation de serment de Umaru Yar'Adua, successeur
de Olesogun Obasanjo, la présence qui a le
plus été remarquée parmi les
invités d’honneur, a été
celle de Thabo M’beki. Dans une ambiance dominée
par la polémique autour des conditions peu
recommandables de l’élection du président
nigérian, le déplacement du numéro
un sud-Africain suscite beaucoup de commentaires.
Pour ceux qui l’en félicitent, il s’est
comporté fidèlement à ses principes
en privilégiant le pays, les priorités
africaines aux pressions que peuvent exercer les
médias et partenaires occidentaux. Pour les
autres, qui s’en désolent, il a donné
une mauvaise image de l’Afrique du Sud en
allant en quelque sorte adouber un président
mal élu, avec la complicité d’un
ancien président qui aura déçu
l’Afrique par ses compromissions multiples.
Deux sons de cloche.
|
| THABO
M’ BEKI A BIEN FAIT D ASSISTER PERSONNELLEMENT
A L’ INVESTITURE DE UMARU YAR’ADUA
Si
l’on devait tout le temps s’en remettre
à l’opinion des médias et partenaires
occidentaux pour gérer nos pays, on continuerait
de trimer dans les affres du sous-développement.
D’ailleurs, que fait-on depuis des années
avec les plans d’ajustement structurel et
autres conditionnalités sinon que d’être
à leur écoute ? Non seulement, on
n’avance pas mais ces partenaires n’honorent
pas leurs engagements à notre endroit, notamment
par rapport au financement du développement
et à l’interdiction des subventions
agricoles. Thabo Mbeki est un homme d’Etat
qui a toujours montré son indépendance
à cet égard. Qu’il s’agisse
du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire, des
choix de gouvernement de son pays, il a toujours
eu ses positions à lui, pas forcément
singées des pays riches. Il n’est pas
étonnant qu’il se rende au Nigeria
pour l’investiture de Umaru Yar'Adua. En le
faisant, il ne rend pas tellement hommage à
un homme mais à un pays, un pays riche qui
constitue une puissance en Afrique. L’Afrique
du Sud n’a pas intérêt à
méconnaître cette réalité,
uniquement pour faire plaisir à l’extérieur.
Du reste, ceux-là même qui ont boudé
la cérémonie, qui n’ont pas
manqué de mots durs pour décrire ces
élections et le sort qui attend le Nigeria,
seront les premiers à courir à bride
rabattue pour aller négocier avec les nouvelles
autorités afin d’avoir des contrats
divers surtout en matière énergétique.
Alors, la leçon, ce n’est pas à
Thabo Mbeki qu’il faut la faire, lui au moins
a le courage de ses opinions ; d’ailleurs,
rien ne dit que le nouveau président, comme
on l’annonce trop vite, sera un président
potiche, obéissant au doigt et à l’œil
de son faiseur, Obasanjo. Dans l’histoire,
beaucoup ont ainsi rêvé de continuer
à rêver après leur successeur
et qui se sont retrouvés le bec dans l’eau.
Laissons le temps nous départager par rapport
à la présidence de Yar’Adua,
et trêve de querelle avec Thabo Mbeki !
TOMY. |
THABO
MBEKI A MAL FAIT DE SE RENDRE LUI-MEME A L INVESTITUDE
DE UMARU YAR’ADUA
Thabo
M’béki n’est pas, comme on dit,
un président « ouya ouya ». Il
est à la tête d’une grande puissance
africaine, le pays de Mandiba ; un pays qui se distingue
en Afrique par son attachement aux droits de l’homme,
à la démocratie, sa puissance militaire
et économique. Là-bas, on ne badine
pas avec la liberté de presse, le droit de
suffrage et celui des partis politiques. On n’a
aucun penchant pour la monarchie républicaine.
C’est pour cette raison que Thabo M’béki,
malgré quelques encouragements même
discrets, a vite fait de démentir les rumeurs
qui tendaient à le donner partant pour un
troisième mandat non prévu par la
Constitution. Que le président de ce pays,
qui constitue un phare en Afrique, aille s’asseoir
à la table des convives du nouveau président
nigérian à l’occasion de sa
prestation de serment, voilà qui est choquant,
difficile à encaisser. C’est comme
si l’homme avait, pour des raisons obscures,
pris le parti de faire pour les autres pays ce qu’il
n’aime pas faire pour le sien : l’encouragement
aux fraudes, à la corruption, au dévoiement
des institutions. Déjà, son soutien
à Robert Mugabe n’est pas fait pour
embellir son image, et jusqu’à ce jour,
on ne comprend pas que, contre vents et marées,
il soit si tolérant vis-à-vis de ce
dernier. Aujourd’hui, il fait fi de tout ce
qui a été dénoncé par
rapport à cette élection nigériane,
des critiques qui fusent de toutes parts, pour être
au nombre de la petite dizaine de chefs d’Etat,
à l’installation du nouveau président.
C’est décevant et ça joue contre
les peuples africains qui luttent contre l’oppression,
et qui en appellent au secours des partenaires.
On pourra leur rétorquer qu’ils n’ont
que ce qu’ils méritent puisque des
présidents censés donner l’exemple
en matière de gouvernance comme le chef de
l’Etat sud-africain sont les premiers à
féliciter la mauvaise gouvernance. En tout
cas, au moment où il s’apprête
à quitter le pouvoir, il n’est pas
judicieux d’avoir accompli un tel acte qui
restera comme une tâche dans un parcours presque
sans fautes.
TOSI.
|