San
Finna N°416 du
04 au 10 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
QUE CACHE CETSHAHA RIZA
QUE RETIENDRA-T-ON DE CELLE QUI FIT LA GLOIRE ET LE DESHONNEUR
DE PAUL WOLFOWITZ ?
La
vie des grandes personnalités publiques est souvent
faite d’épisodes passionnels qui changent
leur destin personnel, ceux de leurs proches ou celui
de leurs nations. L’idylle furieuse de César
avec Cléopâtre a conquis une place définitive
dans l’histoire mais celle qui conduisit Hitler
et Eva Brown à un suicide en duo, n’est pas
moins banale. Que dire de cet amour sans partage qui conduisit
le Edouard VIII, Duc de Windsor, à abdiquer pour
convoler en noces avec Wallis Simpson, une américaine
divorcée, et vivre avec elle jusqu’à
ce que la mort les unisse pour l’éternité
en Angleterre où ils sont enterrés côte
à côte. Pour sûr, la relation entre
Paul Wolfowitz et Shaha Riza ne sera pas gravée
dans le marbre mais elle aura aussi une place de choix
dans l’histoire des grandes institutions qui gouvernent
le monde. Elle retiendra particulièrement l’attention
des femmes pour le sort qui a été fait à
l’une d’entre elles, Shaha Riza.
En effet, les projecteurs sont surtout braqués
sur le « faucon » Wolfowitz, homme de confiance
et de mains de George W. Bush, mais faut-il pour autant
oublier qu’il n’aurait peut-être pas
été propulsé au poste de Président
de la Banque Mondiale s’il n’avait pas eu
cette relation avec Shaha Riza ?
Cette britannique d’origine libyenne, divorcée
et mère d’un enfant, était bien connue
et aimée des féministes pour le combat inlassable
qu’elle menait en soutien aux femmes arabes dont
les droits sont en maints endroits bafoués. A cause
de cela, et à cause aussi du contexte international
qui commandait que l’administration Bush atténue
un peu ses penchants pro-israéliens affichés,
cette liaison est apparue comme un élément
à exploiter. Ainsi, Paul Wolfowitz a-t-il trouvé
des raisons de plus d’être choisi pour ce
poste stratégique. Du coup, on joignait l’utile
à l’agréable.
Sa gloire, il la doit donc en partie à Shaha Riza
même si de cela, on n’en parle pas trop alentour.
Mais au moment où ce grand serviteur de George
W. Bush est contraint de quitter sa sinécure et
qu’on n’en a que pour lui, quelle pensée
a-t-on pour celle qui a été obligée
de se voir affecter ailleurs, avec un ajustement salarial
pour ne pas gêner la bonne marche de la Banque Mondial
à cause de ses relations avec l’ex-grand
patron. Oui, en Amérique, il existe le contrat
d’amour qui permet à deux personnes se trouvant
dans un même service et ayant une liaison, de rendre
publique cette liaison et d’obtenir que les tiers
ne s’en prévalent pas pour des attaques en
tout genre. Elle, qui a toujours lutté pour qu’on
reconnaisse aux femmes les mêmes droits qu’aux
hommes et aux femmes arabes, les mêmes droits qu’aux
autres femmes, a voulu se soumettre à cette exigence,
et pour cela, a causé la perte de l’homme
qu’elle aimait.
Mais ce n’est pas tout : que devient-elle maintenant
que pour elle, la pluie succède au beau temps ?
A-t-elle bénéficié du soutien des
féministes par le monde ? Le monde arabe a-t-il
accouru à son secours ? Que nenni ! Elle sombrera,
comme Wolfowitz et plus encore que lui, dans la réprobation
et devra supporter en plus du poids d’avoir été
la cause indirecte du malheur de Wolfowitz, celui de devoir
faire face au machisme qui, en l’espèce,
s’est manifesté avec force.
Mais sait-on jamais ! En Amérique, on a souvent
fait fortune par l’exploitation littéraire
et cinématographique de ce genre de relations,
et Monica Lewinsky, qui a copiné avec Clinton,
est bien placée pour en savoir quelque chose.
Attendons donc de voir avant de statuer sur l’avenir
de Shaha Riza qui pourrait, sur un mode moins lubrique,
faire sensation avec les qualités intellectuelles
et la pugnacité qui lui sont reconnues.