Mise à jour le 10/06/2007
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San Finna N°417 du 11 au 17 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

AFFAIRE DU « BEACH »
RETOUR A LA CASE « DEPART »


L’affaire du « Beach », ça vous dit ? Sinon, c’est l’histoire de ce drame qui, pendant la guerre civile congolaise (Congo-Brazzaville) a frappé 353 Congolais de retour dans leur pays en 1999 après la guerre civile et qui auraient été assassinés sur une plage de Brazzaville, dénommée « Beach », par des piliers du régime du président Sassou Nguesso.


Parmi les parents des disparus, certains avaient la nationalité française et avaient à ce titre, qualité pour saisir les juridictions françaises en lieu et place des autorités congolaises en vertu du principe dit de la plénitude de juridiction.

Que veut dire ce barbarisme ? Il veut dire que dans certains cas, comme justement celui des 353 disparus, une victime française peut saisir à partir de l’Hexagone, un tribunal pour juger des faits commis à l’étranger.

C’est ainsi donc que la justice française a été saisie en 2001 puisqu’à Brazzaville, on ne bougeait pas beaucoup pour engager une procédure. Et puis, ces victimes n’auraient pas eu de toute façon, confiance en une procédure initiée au Congo.

Voilà quelque chose qui fâcha vraiment les autorités congolaises, qui n’hésitèrent pas à monter au créneau pour dénoncer une immixtion dans leurs affaires intérieures, un fait relevant du colonialisme le plus primaire.

Que pensez-vous que la justice française fit ? Eh bien, sourde au hurlement du pouvoir congolais, elle continua son travail jusqu’à ce qu’un juge du tribunal de Meaux mettre en examen et écroue en avril 2004, Jean François N’Denguet, de passage en France, et lancé un mandat d’arrêt international contre Norbert Dabira.

La chose, pour les autorités congolaises, avait atteint ses limites, et elles redoublèrent de protestations et de pressions en tout genre.

Finalement, la justice française, en raison des amitiés solides qui liaient dit-on Denis Sassou N’Guesso au Président Chirac, mis un terme à la procédure. Dans la foulée, les autorités congolaises commandèrent un procès, histoire de montrer que sa justice fonctionnait bien et qu’elle n’acceptait pas que l’on vienne lui chercher des poux dans les cheveux. Ce fut donc la grande comédie judiciaire à Brazzaville, au désespoir des familles des victimes, où l’on avait tout simplement acquitté Jean François N’Denguet et Bernard Dabira.

Pour le pouvoir congolais, tout était bien qui finissait bien. On ne pourrait plus jamais revenir sur ce dossier, maintenant couvert par l’autorité de la chose jugée.

Et puis, tout à coup, patatras : ne voilà-t-il pas que la Cour de cassation française, la plus haute juridiction du pays, décide en janvier 2007 que la décision du 22 novembre 2004 d’annuler la procédure dite des « Disparus du Beach » n’est pas fondée en droit et renvoie le dossier devant une nouvelle juridiction pour décider ou non de la reprise des poursuites ?

C’est donc le 30 mai dernier que le Parquet de la cour d’appel de Versailles s’est prononcé en faveur de la poursuite de l’instruction contre les généraux congolais et qu’il a demandé à la cour d’Appel de Paris, de désigner un juge d’instruction pour continuer le dossier.

C’est la douche écossaise car avec le départ de Jacques Chirac, on se demande (même si Sarkozy passe pour être un ami de N’Guesso) si des pressions pourront encore venir de l’Elysée en direction du Parquet pour contrarier la procédure.

CY





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