Mise à jour le 10/06/2007
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San Finna N°417 du 11 au 17 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

SOMMET DU G 8 A HEILIGENDAMM :
FIASCO OU SUCCES ?

Le Sommet du G 8 a pris fin et la polémique ne dégonfle pas à son sujet. Deux opinions s’attaquent : la première, au-delà des alter mondialistes qui se sont fait remarquer, englobe les pays en développement et estime que le G 8 est devenu un anachronisme, un regroupement incapable de faire face à ses engagements et qu’il faut l’enterrer en grande pompe. La seconde, qui ne comprend pas seulement les leaders du G 8 mais nombre de partisans parmi les chefs d’Etat en Afrique et parmi les grandes multinationales, trouve que le G 8 continue à tenir la barre et que sa disparition constituerait une perte dangereuse pour l’équilibre du monde, pour le développement des pays pauvres. Deux sons de cloche.

IL FAUT ENTERRER LE G 8 SANS REGRETS

La déception que provoque le G 8 se fait sentir un peu partout dans le monde. D’ailleurs, les choses avec le G 8 étaient mal parties dès lors qu’il reproduisait en son sein cette représentation imparfaite qui pose tant de problèmes au Conseil de Sécurité : les pays comme la Chine, l’Inde.. n’en font pas partie ! Les critiques viennent de partout : dans les pays développés, on stigmatise le fait que ce soit un forum informel, sans capacités de décisions. On critique aussi ce gouffre à sous, qui avale des sommes faramineuses pour le déplacement des chefs d’Etat (qui dégage du CO 2, en veux-tu en voilà avec tous ces hélicoptères, avions et autres véhicules...), la mobilisation des journalistes au point même que le G 8, qui lutte pour la bonne gouvernance, apparaît comme un propagateur de mauvaise gouvernance. Evidemment, les alter mondialistes et les pays pauvres ne sont pas les moins-disants par rapport aux critiques et à l’élimination du G 8. Pendant que les leaders du G 8 étaient en conclave, les alter mondialistes ont flétri de façon remarquée les insuffisances des pays riches et du libéralisme antisocial qu’ils prônent avec des démonstrations à la clef. Pendant ce temps, au Mali, le Sommet des pauvres s’attaquait aux fausses promesses des puissances du G 8 qui n’arrivent pas à respecter les promesses de dédier à l’APD au moins 0,51 % de leur PIB d’ici 2010 (50 milliards de dollars) relevant même qu’un rapport de l’OCDE a fait état d’une baisse de 5,1 % en 2006 de cette aide venant des 22 pays les plus riches. Ils ont également, au cours de leur contre sommet, fustigé l’organisation des échanges commerciaux dans le cadre de l’OMC et particulièrement, les ravages que causent les subventions accordées par l’Europe et les USA à leurs propres agriculteurs au détriment des paysans africains de même que cette ouverture inégalitaire des marchés, qu’ils prônent. Ils n’ont pas fait que vociférer ; ils ont condamné les ajustements structurels et demandé la suppression du FMI et de la Banque Mondiale. Il faut dire que la tenue même du G 8 en Allemagne n’a pas édifié. A part le grand show, le déballage des toilettes de ces grandes dames, les micmacs de ces chefs d’Etat pour se positionner au plan international, les grands sujets autour desquels le G 8 devait plancher, ont été escamotés. Le réchauffement climatique a accouché d’une souris. On pourra continuer à agresser le monde en attendant 2050. D’ici là, beaucoup de surprises désagréables peuvent intervenir pour le grand malheur de tous. Quant à l’aide à l’Afrique, on a encore promis pour ne pas changer. Non seulement, le montant avancé de 60 milliards de dollars ne suffit pas à combattre sérieusement les pandémies (cette somme, si elle était affectée à la seule lutte contre le sida, ne pourrait soigner que 5 millions d’Africains alors qu’ils sont 11 millions en attente de traitement) mais on ne sait pas à quel moment et à quel niveau, cela sera mis en œuvre. Ne parlons pas des autres questions annexes comme le Darfour, le commerce international, le terrorisme, les « hedge funds » (fonds spéculatifs) ,.. , où on a brassé de l’air ! Il faut vraiment en finir avec cette comédie du G 8 juste bonne pour flatter l’ « ego » des dirigeants des pays riches !


TOMI.

PRIONS DIEU POUR QUE LE G 8 NE DISPARAISSE PAS

Si des personnalités comme Angela Merkel qualifient le sommet qui vient de se tenir, d’immense succès, et Nicolas Sarkozy, d’accord inespéré, il faut croire que les choses ne se sont pas si mal passées car ce ne sont pas des responsables qui ont l’habitude de se complaire dans les boniments. Il suffit d’ailleurs de voir dans le détail, le travail abattu pour s’en convaincre. D’abord, il faut relever que tout ce qui avait été annoncé comme devant plomber les débats, a été très vite maîtrisé. C’est le cas de la surchauffe entre Bush et Poutine sur le bouclier anti-missiles américain en Pologne et en république tchèque, vite dissipée avec la proposition acceptée de Poutine de faire un bouclier commun en Azerbaïdjan a été accepté. C’est le cas également du Kosovo où les choses bloquaient et où l’entente a pu se réaliser à travers la proposition de N. Sarkozy reposant sur un moratoire de 6 mois pour régler le différend sur son futur statut. Dans le détail des travaux, les deux questions qui étaient présentées comme les plus importantes concernaient le climat et l’aide à l’Afrique. Sur le 1er point, il faut d’abord relever le changement d’attitude de G. Bush. Tout à fait nihiliste sur les effets négatifs des émissions de gaz sur le réchauffement climatique, comme Thabo Mbeki l’était par rapport à la propagation du sida par le VIH, il a changé, et un accord a minima a pu être trouvé pour entrer résolument dans la réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre, même s’il n’y a pas eu d’objectifs chiffrés contraignants. Quant à l’aide à l’Afrique, un geste a été fait avec cette énorme promesse de 60 milliards de dollars de plus pour lutter contre les pandémies, les USA promettant d’en supporter la moitié. Quant à l’Allemagne, la Russie, la France, le Royaume Uni, le Japon, le Canada et l’Italie, ils ont réaffirmé l’engagement qu’ils ont pris il y a 2 ans, à Gleneagles de doubler le montant de leur aide à l’Afrique en 2010 par rapport à 2004. C’est une enveloppe supplémentaire de 50 milliards de dollars par an. Sur les sujets annexes comme le nucléaire iranien, le terrorisme, le consensus n’a pas fait défaut. On peut même relever que pour un sujet sensible comme le Darfour, il y a eu des avancées puisque les 8 sont tombés d’accord pour être actifs afin que les auteurs d’atrocités commises contre les civils dans la région, soient traduits en justice. Ils se sont également engagés à mettre en œuvre une mission humanitaire sous l’égide des Nations Unies. Pour un regroupement informel, il faut reconnaître que le travail abattu n’est pas insignifiant comme certains le disent. D’ailleurs, si c’était le cas, des représentants de l’Afrique comme Kuffuor, Mbeki, Umaru Yar'Adua, Wade, Alpha Oumar Konaré…, invités au Sommet, n’auraient pas manqué de réagir en faisant la restitution de ce sommet, à leur continent et à leurs pays. Ceux qui réclament avec beaucoup d’imprudence la suppression du G 8 ne sont pas des défenseurs des pauvres, contrairement à ce qu’ils croient car sa disparition laisserait un grand vide qu’il ne faut pas demander aux Nations Unies, de combler, elles qui font déjà face à pas mal de problèmes ! La politique de la « tabula rasa » n’est pas en tout temps et en tout lieu, à recommander ! Vouloir liquider la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC et dans la foulée du G 8, laisserait le monde dans une situation de vide qui pourrait aiguiser les appétits insoupçonnés et être la cause de catastrophes du même type.


TOZI.

Citation de la semaine

«J'adhère à un style de vie simple. Moins tu te laisses envahir par le pouvoir, plus il est facile de le quitter quand le mandat est terminé »

Umaru Yar'Adua
Président du Nigeria






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