Mise à jour le 17/06/2007
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San Finna N°418 du 18 au 24 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

LA CHUTE DE GAZA
PEUT-ON L’IMPUTER A UN NOUVEAU « MUNICH » ?

A la limite, il vaudrait mieux avoir pour allié le monde terroriste que le monde occidental. C’est malheureusement ce que beaucoup de Palestiniens doivent se dire aujourd’hui, et en particulier ceux de Gaza, après avoir assisté à la prise de leur territoire sans que leurs partenaires occidentaux ne lèvent le petit doigt.

Les évènements qui viennent de se produire à Gaza illustrent en effet la trahison dont savent faire montre par moment, les pays riches. Vraiment, on se croirait retourné des décennies en arrière, à l’époque de la « trahison de Munich » où les troupes hitlériennes envahirent la Pologne sans que le monde ose répliquer, notamment la France et l’Angleterre qui avaient des engagements diplomatiques et moraux particuliers avec ce pays. A Gaza, ce sont les Occidentaux qui tiennent depuis longtemps à bout de bras les Palestiniens. Le Président Mahmoud Abbas, qui a succédé à Arafat, est leur homme. Ce sont les mêmes Occidentaux qui ont recommandé la méthode forte contre le Hamas, sorti victorieux aux dernières élections. Comme un seul homme, ils se sont entendus face à cette victoire pour fermer le « robinet » à Gaza. Ils étaient persuadés que, ce faisant, ils amèneraient la population à se désolidariser du premier Ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, et à revenir à un ordre plus favorable au Fatah. Qu’importent les désagréments qui en résultèrent, les souffrances !

Mais voilà : à pousser ainsi Mahmoud Abbas à repousser le compromis, ils ont, contre toute attente, donné plus de motivation aux extrémistes qui sont parvenus au bout du compte, à prendre le pouvoir par la force à Gaza.

Il y a des risques, dans ce Proche Orient véritable vase communiquant, que la contagion gagne la Cisjordanie, et même les enclaves palestiniennes dans d’autres pays, ce qui mettrait en danger Israël et toute la région, avec des implications graves sur le monde.

On ne comprend donc pas cette espèce de couardise, ces beaux mots de soutien au Fatah sans suite, de la communauté internationale. Chacun intervient, réitère son soutien au Fatah. Condoleeza Rice a dit haut et fort « nous vous soutenons » ; l’Union Européenne a exhorté Abbas à « faire le maximum ». Mais les mesures concrètes, « tintin » !

C’est comme si ce petit territoire, cet Etat-village, faisait peur à toutes les puissances du monde réunies. C’était comme ça après Munich et on a récolté la deuxième guerre mondiale. Alors, n’ayons pas la mémoire aussi courte ! Voici une belle occasion pour donner du poids au « multilatéral qui a tant manqué au moment de la crise irakienne, et dont aujourd’hui on se repaît pour avoir bonne conscience !

VT





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