San
Finna N°418 du
18 au 24 Juin 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LA
CHUTE DE GAZA
PEUT-ON L’IMPUTER A UN NOUVEAU « MUNICH »
?
A
la limite, il vaudrait mieux avoir pour allié le
monde terroriste que le monde occidental. C’est
malheureusement ce que beaucoup de Palestiniens doivent
se dire aujourd’hui, et en particulier ceux de Gaza,
après avoir assisté à la prise de
leur territoire sans que leurs partenaires occidentaux
ne lèvent le petit doigt.
Les évènements
qui viennent de se produire à Gaza illustrent en
effet la trahison dont savent faire montre par moment,
les pays riches. Vraiment, on se croirait retourné
des décennies en arrière, à l’époque
de la « trahison de Munich » où les
troupes hitlériennes envahirent la Pologne sans
que le monde ose répliquer, notamment la France
et l’Angleterre qui avaient des engagements diplomatiques
et moraux particuliers avec ce pays. A Gaza, ce sont les
Occidentaux qui tiennent depuis longtemps à bout
de bras les Palestiniens. Le Président Mahmoud
Abbas, qui a succédé à Arafat, est
leur homme. Ce sont les mêmes Occidentaux qui ont
recommandé la méthode forte contre le Hamas,
sorti victorieux aux dernières élections.
Comme un seul homme, ils se sont entendus face à
cette victoire pour fermer le « robinet »
à Gaza. Ils étaient persuadés que,
ce faisant, ils amèneraient la population à
se désolidariser du premier Ministre du Hamas,
Ismaïl Haniyeh, et à revenir à un ordre
plus favorable au Fatah. Qu’importent les désagréments
qui en résultèrent, les souffrances !
Mais voilà : à pousser ainsi Mahmoud Abbas
à repousser le compromis, ils ont, contre toute
attente, donné plus de motivation aux extrémistes
qui sont parvenus au bout du compte, à prendre
le pouvoir par la force à Gaza.
Il y a des risques, dans ce Proche Orient véritable
vase communiquant, que la contagion gagne la Cisjordanie,
et même les enclaves palestiniennes dans d’autres
pays, ce qui mettrait en danger Israël et toute la
région, avec des implications graves sur le monde.
On ne comprend donc pas cette espèce de couardise,
ces beaux mots de soutien au Fatah sans suite, de la communauté
internationale. Chacun intervient, réitère
son soutien au Fatah. Condoleeza Rice a dit haut et fort
« nous vous soutenons » ; l’Union Européenne
a exhorté Abbas à « faire le maximum
». Mais les mesures concrètes, « tintin
» !
C’est comme si ce petit territoire, cet Etat-village,
faisait peur à toutes les puissances du monde réunies.
C’était comme ça après Munich
et on a récolté la deuxième guerre
mondiale. Alors, n’ayons pas la mémoire aussi
courte ! Voici une belle occasion pour donner du poids
au « multilatéral qui a tant manqué
au moment de la crise irakienne, et dont aujourd’hui
on se repaît pour avoir bonne conscience !