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LE
PRESIDENT SARKOZY FERAIT-IL MIEUX DE SE PLIER AUX
EXIGENCES DE LA RAISON D’ETAT, OU NON, DANS
L’AFFAIRE BORREL ?
Il
ne sera pas dit que le Juge Borrel aura perdu sa
vie, gratuitement assassiné, pour passer
comme ça aux oubliettes. En tout cas, ce
n’est pas le point de vue de certains Français,
notamment de ses collègues, qui n’en
finissent pas de farfouiller dans le dossier. Le
rebondissement que vient de connaître l’affaire
exhale au grand jour ses senteurs de raison d’Etat
avec l’implication possible de l’ancien
président Chirac, ce qui évidemment
soulève une polémique. S’il
y en a qui estiment qu’il faut continuer,
comme Jacques Chirac à accorder, pour protéger
les intérêts supérieurs de la
France, le soutien de son pays au président
djiboutien Ismail Omar Guelleh, ils sont tout aussi
nombreux à penser qu’il faut dans ce
domaine, comme le candidat Nicolas Sarkozy l’avait
laissé entendre en substance (dans le dossier
des infirmières bulgares) privilégier
l’intérêt humain à l’intérêt
d’Etat. Deux sons de cloche.
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| LA
FRANCE DOIT SAUVEGARDER LA RAISON D’ ETAT
DANS LE DOSSIER BORREL
Des
femmes et des hommes dans la vie, sont parfois confrontés
à des phénomènes exceptionnels
qui peuvent détourner leurs comportements
de la normalité. Pour sauver leurs vies menacées,
pour protéger un intérêt collectif,
ils peuvent être amenés à enfreindre
la loi, même à tuer. On leur reconnaîtra
l’irresponsabilité dans ce cas, et
ils n’encourront ni poursuites et encore moins
sanctions. Dans la vie des Etats, c’est encore
plus le cas. Il arrive en effet souvent que les
gouvernants soient confrontés à des
situations où ils doivent méconnaître
le respect du droit pour sauvegarder l’intérêt
collectif. Ils se conforment, dans ce cas, à
la raison d’Etat qui n’est pas celle
des intérêts particuliers. Dans cette
affaire Borrel, qui est triste et dommageable aux
intérêts de la famille comme aux principes
du droit français, on peut comprendre la
mobilisation des confrères du juge Borrel
et plus encore des membres de sa famille. Mais il
ne faut pas oublier que la France dispose dans ce
petit pays, de sa plus grande base militaire dans
le monde : 10 000 personnes. Cela est d’autant
plus important dans la géopolitique internationale
qu’à Djibouti, est installée
une base d’écoute très perfectionnée.
Il y a là des considérations qui tiennent
aux intérêts suprêmes de la France.
A un moment où, dans ce domaine et dans cette
partie de l’Afrique très instable (soumise
aux convoitises internationales), la compétition
bat son plein, il ne serait pas judicieux de la
part du président Sarkozy de s’engager
dans une voie qui heurte le président djiboutien
et qui le jette dans les bras des Chinois, qui n’attendent
que ça ! L’autre risque, c’est
d’abandonner Djibouti et de voir rappliquer
les terroristes qui ne sont pas loin, avec leurs
tentacules en Somalie. Là aussi, ce serait
faire le pari sur des risques inutiles qui s’aggraveraient
par la perte de cet « œil » privilégié,
qui permet à partir de Djibouti, de suivre
ce qui se passe au Moyen Orient. Maintenant que
N. Sarkozy est président de la République,
et pas de n’importe quelle République,
il vivra au quotidien et particulièrement
dans ce cas, ce que raison d’Etat veut dire,
pour savoir raison garder !
TOMI.
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SARKOZY
DOIT RENDRE JUSTICE A LA FAMILLE ET AU DROIT DANS
LE DOSSIER BORREL
Pendant toute sa campagne, Nicolas Sarkozy a prôné
la rupture en promettant de fonder sa gouvernance
sur un plus grand respect du droit. Il a ainsi indirectement
déclenché un mouvement d’espérance
dans le peuple français qui a adhéré
à cette espèce de révolution
culturelle « version française ».
Cette refondation des pratiques et des institutions
françaises ne peut pas s’accommoder
de certains comportements du passé, faits
de compromissions en particulier avec les dictateurs
africains et avec la justice. Il a dit et redit
qu’il n’entendait pas endosser les amitiés
particulières et françafricaines de
son prédécesseur avec les dictateurs
africains. Il faudrait qu’il respecte sa parole
comme il aime affirmer qu’il le fera de toutes
ses promesses électorales. Dans le cas Borrel,
il y a une situation manifeste de protection d’un
assassinat d’Etat et des commanditaires de
ce forfait. C’est un secret de Polichinelle
aujourd’hui que ce fait s’affirme de
plus en plus au regard des éléments
du dossier qui montrent que la présidence
française n’aurait pas été
chiche de protections et même de conseils
à l’endroit du président Ismail
Omar Guelleh. Nicolas Sarkozy ne peut pas minimiser
le droit légitime de la famille Borrel à
connaître la vérité et la justice
dans cette affaire, ni renier sa parole ce d’autant
que des nouvelles révélations renforcent
la suspicion d’entrave à la justice
qui pèse sur Jacques Chirac dans ce dossier
Borrel. On ne comprendrait pas qu’il emboîte
le pas de Jacques Chirac à un moment où
l’affaire est sur la place publique et qu’elle
connaît de plus en plus de soutiens, emportés
par la veuve Borrel, une combattante parmi les combattantes
(qui vient justement de lancer un appel au nouveau
président pour qu’ il fasse respecter
l’indépendance de la justice dans l’enquête
sur la mort de son mari). Les avantages comparatifs
dans cette affaire entre le maintien de la raison
d’Etat, qui amène à retenir
la justice et la stricte application de la loi de
même que le respect de la parole donnée
d’un président à l’aube
de sa mandature sur un principe de droit très
fort, ne penchent pas en faveur de l’appui
au président djiboutien. Si Nicolas Sarkozy
le faisait, il décritorerait toute la confiance
qui a été tissée autour de
son élection !
TOZI.
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| Citation
de la semaine
«Nous
appartenons tous, nous le savons tous et ceci explique
cela, à une ‘démocratie verrouillée’,
une ‘démocratie forte’, une ’démocrature’
qui ne tolère d’opposition que d’opérette,
qui ne supporte aucune menace pour son pouvoir »
Père Jacques LACOUR
(Sur la démocratie au Faso)
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