ZAKIA
ZAKI
LA FLAMME DE LA PAIX QUE LES « FOUS DE DIEU
» ONT ETEINTE
Zakia
Zaki, 40 ans, était Directrice de Sada-e-Sulh,
la seule radio indépendante dans la province
du Parwan en Afghanistan. Elle était en même
temps Directrice d’une école à
Jabal Seraj. C’est cette femme, très
active dans le domaine du journalisme, des droits
de l’homme, qui a même représenté
la province du Parwan lors de la Jirga constitutionnelle
(grande assemblée traditionnelle afghane) en
2003, qui vient d’être assassinée.
En effet, dans la nuit du 5 au 6 juin 2007, deux hommes
ont pénétré dans la maison familiale
et l’ont abattue de 7 balles.
Voilà un symbole de courage, de paix, qui s’éteint
ainsi de façon dramatique, laissant dans le
traumatisme ses proches, ses amis, car elle a été
tuée devant les yeux de son fils âgé
de 2 ans seulement, et alors que son mari était
dans la maison.
Zakia Zaki, dont la radio s’appelait «Radio
de la paix » n’a pas connu la paix avec
ses assassins parce qu’elle a eu le front de
se battre contre l’intolérance, d’en
appeler les chefs de guerre afghans et taliban au
respect des droits de l’homme, et ça,
ça a paru d’autant plus intolérable
à ces extrémistes que cette supplique
venait d’une femme.
Comme en 2005, Shaima Rezaee, jeune présentatrice
de la chaîne privée Tolo a été
tuée à Kaboul, et comme Shakiba Sanga
Amaj, une autre présentatrice afghane de 22
ans de la chaîne privée SHAMSHAD TV,
a été tuée le 31 mai dernier,
Zakia Zaki sera immolée.
Cela fait beaucoup trop pour un pays qui, même
s’il a été tristement connu pour
son intolérance notamment vis-à-vis
des femmes, ne peut pas dans l’impunité
continuer à défier les valeurs fondamentales
sur lesquelles repose le monde civilisé.
Reporters Sans Frontière a bien fait de réagir,
comme il le fait à son accoutumée, avec
promptitude, et de demander au président Hamid
Karzaï, que ce crime ne reste pas impuni. Mais
comme on aurait aimé que parte des grandes
capitales, des grandes institutions internationales,
un même cri de rage pour plus de justice !