San
Finna N°419 du
25 Juin au 01 Juillet 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
L’AUTRE
VIE DE OLESOGUN OBASANJO
Ceux
qui pensaient que l’ancien Président nigérian
allait passer sa vie dans des organisations caritatives
ou comme commis voyageur d’organisations internationales
à travers des missions de paix, risquent de se
tromper lourdement.
Frustré
et même fâché qu’on l’ait
empêché, à l’exemple de nombre
de ses pairs, de charcuter allègrement la Constitution
du Nigeria pour briguer un troisième mandat puis
un quatrième…, il entend se venger à
sa manière.
Soit, il ne sera peut-être plus président
mais il continuera assurément à gérer
le pays par procuration. Comment ? En réussissant
à faire élire à sa place l’homme
de son choix (qu’on surnomme « sa marionnette
») qui ne court pas le risque de se retourner contre
lui mais aussi en truffant l’administration, les
institutions, les organes de l’Etat d’autres
personnes de main aussi fidèles. C’est ce
qui vient d’être réussi avec l’élection
de Patricia Etteh au Perchoir.
Mais ce n’est pas tout. L’homme voudrait retourner
à ses amours passées de grand défenseur
de droits de l’homme, donc de leader de la société
civile en créant une ONG (le Forum pour le développement
du Nigeria –NDF) dont l’objectif est d'assurer
la continuité du programme de réformes de
son ex-administration, bref d’avoir l’œil
sur la continuité des programmes qu’il a
initiés quand il était au pouvoir et qui
ont si bien marché, selon lui.
Pour noyauter la majorité et l’opposition,
Olesogun Obasanjo, on le voit, n’a pas son pareil,
et on comprend que l’opposition donne de la voix.
Pour elle, c’en est déjà trop qu’il
ait imposé un président-pirate pour assurer
ses arrières, et sur la question, elle ne tarit
pas de critiques.
Selon le site grioo.com du 08/06/2007, on peut lire que
l' « Action Congress » (AC), parti d'opposition
a qualifié cette ONG « de gouvernement fantôme
destiné à maintenir la mainmise d'une poignée
d'individus sur la vie politique et économique
du pays, et à contrôler le gouvernement".
Ce parti a indiqué que la création de cette
ONG visait à ‘fragiliser l'administration
fantoche du successeur choisi par M. Obasanjo plutôt
qu'à assurer le maintien des réformes politiques,
sociales et économiques de l'administration Obasanjo
comme c'était son objectif affiché’
». Pour l’AC, c’est clair : "Soit
M. Obasanjo a perdu confiance en son successeur, soit
il souhaite continuer à trouver les moyens de rester
aux affaires, tout comme il est devenu dirigeant à
vie du PDP".
Si maintenant l’ancien président veut boucler
la boucle en jouant au répétiteur pour l’opposition,
c’en est de trop. Mais Dieu qu’il est difficile
de quitter le pouvoir surtout quand on en a gros sur la
conscience.
Pourra-t-on, au train où vont les choses, décourager
Olesogun Obasanjo ? Rien n’est moins sûr quand
on pense qu’après le tollé international
suscité par les élections, une fois la grande
émotion passée, le silence puis le ralliement
aux nouvelles institutions n’ont pas tardé.
Umaru Yar'Adua n’a-t-il pas trôné aux
côtés des plus grands au G 8 en Allemagne
? Y a-t-il meilleur adoubement que cela ?