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San Finna N°419 du 25 Juin au 01 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

BILLET
LES ETATS UNIS D’AFRIQUE
THABO M’BEKI ET AUTRES : « SAUVEZ L’AFRIQUE DE KADHAFI »

Il a fini par se persuader qu’avec l’argent, on peut tout s’offrir : les honneurs, les actes terroristes, l’allégeance des grands de ce monde, l’impunité. Pas étonnant puisqu’après avoir mis à ses pieds bien de chefs d’Etat africains, réussi à s’attirer les salamalecs de hauts dignitaires occidentaux qui se disputent pour lui faire plaisir, il se met maintenant à vouloir traiter l’Afrique comme sa chose. Ce qu’il n’a pas pu faire dans le monde arabe et même maghrébin, il pense pouvoir le faire dans toute l’Afrique en en devenant le président voire le roi. C’est bien la première fois depuis les indépendances qu’un tel leadership dévorant se manifeste !

Mais pour Kadhafi, ce leadership est un droit. Il a payé pour ! Et il bouge pour le rappeler à ses vassaux afin que leur soutien ne lui fasse pas défection à Accra en début juillet, où il compte bien sceller la naissance de son gouvernement africain.

C’est vrai que beaucoup de présidents, notamment de la région ouest africaine, ne pourront pas aller à l’encontre des « desiderata » du Guide. Ceux qui semblent dans les zones anglophones et lusophones, plus soucieux de dignité et d’indépendance, auront aussi de la peine compte tenu de l’indigence de nombre de leurs Etats, à contrer Mouammar Kadhafi. Mais il est des hommes comme Hosni Moubarak, Abdelaziz Bouteflika, Eduardo Dos Santos et particulièrement Thabo M’beki desquels ont peut fonder l’espoir de ne pas laisser ainsi brader la dignité et l’avenir du continent aux ambitions d’un mégalomane, dictateur qui plus est. Il est évident que sa passion pour les USA d’Afrique n’est pas une passion en faveur des peuples qu’il méprise ouvertement (notamment par des expulsions au quotidien et des plus humiliantes) mais une passion pour sa propre personne. La bonne preuve, cette idée, comme du reste la CENSAD, l’Union africaine, est imposée par le haut, sans l’adhésion des peuples d’Afrique.

Comment pourrait-on dans ces conditions, donner crédit à une telle entreprise qui, pour être solidement fondée, a besoin d’être comprise, acceptée, par les populations elles-mêmes ? Non, ce que proposaient les Lumumba, les NKrumah.. , est tout à fait aux antipodes de ce que propose Kadhafi, et seuls les chefs d’Etat indépendants, étant à la tête de pays indépendants, non inféodés à la Libye, pourront mettre un holà à cette aventure ubuesque qui accroîtra encore davantage la marginalisation du continent et son enfoncement dans la dictature.

CY


SUITES DES LEGISLATIVES EN FRANCE
UNE REMONTEE DE LA GAUCHE,
MAIS TOUT DE MEME UN BOULEVARD POUR SARKOZY

L’UMP et le Président de la République sortent renforcés des élections législatives. Seules deux surprises auront émaillé le second tour : le sursaut de la gauche qui lui permet d’arracher un peu plus de 200 sièges à l’Assemblée nationale sur les 577 en jeu, et l’échec d’Alain Juppé, qui a entraîné un léger remaniement ministériel au sein du gouvernement constitué il y a un mois.

C’était attendu. Les électeurs ont accordé à l’UMP, la majorité absolue à l’Assemblée nationale (324 sièges). A l’issue des deux tours des élections législatives qui visaient à élire les 10 et 17 juin, les 577 députés qui siègent à la chambre des représentants. Ainsi confortent-ils la position du nouveau Président de la République Nicolas Sarkozy, en lui permettant de mener à bien sa politique et de conduire les réformes qu’il envisage sans se heurter à l’opposition.

La majorité de l’UMP est claire, mais loin d’être écrasante comme le laissaient pourtant présager les sondages établis au lendemain du premier tour, à partir des bons résultats de la droite dans l’ensemble des circonscriptions. En cause : une mobilisation de la gauche et plus particulièrement du parti socialiste, qui ont appelé les nombreux abstentionnistes du premier tour, à se déplacer pour aller voter et confisquer ainsi le monopole du pouvoir accordé au nouveau chef de l’Etat. Le parti socialiste a enfin évité la déroute à la fois financière et morale qu’aurait engendrée une défaite trop lourde, en profitant des premiers écueils du gouvernement en place. En déclarant plancher sur une hausse de la TVA (taxe à la consommation) de 5 points pour compenser la défiscalisation des heures supplémentaires, Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre des finances, a provoqué un tollé qui aurait pesé dans la facture électorale selon nombre d’analystes. Des déclarations d’autant plus mal digérées par les candidats défaits à la députation, qu’elles émanent d’un homme issu d’un courant social au sein de l’UMP, pas des plus fervents supporters de Nicolas Sarkozy.

L’autre surprise de ce second tour des élections législatives, aura été la défaite d’Alain Juppé à Bordeaux. L’homme pourtant en ballottage favorable à l’issue du premier tour n’a pas bénéficié d’un bon report de voix. Si bien qu’il a échoué à la députation et s’est vu contraint de démissionner du ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables où il venait d’être nommé. Nicolas Sarkozy avait fait savoir peu avant les élections législatives qu’il n’accepterait aucun ministre se présentant à un mandat de député et échouant à la bataille. Résultat, le départ d’Alain Juppé a entraîné un léger remaniement ministériel. Les rênes du ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables ont été confiés à Jean-Louis Borloo, tandis que celles de l’Economie ont été attribuées à Christine Lagarde, première femme à accéder à ce poste. De nouveaux secrétaires d’Etat font leur apparition sur la photo du gouvernement, parmi eux, des hommes du centre, signe que Nicolas Sarkozy a poursuivi sa politique d’ouverture. On retiendra notamment que Fadela Amara, l’ancienne présidente de « Ni putes ni soumises » proche du Président, hérite du secrétariat d’Etat à la Politique de la Ville.

Quant aux membres du PS qui ont accepté de collaborer avec le nouveau gouvernement, ils ont été tout bonnement rayés des listes des adhérents au Parti socialiste. Décidément, le PS sera sorti divisé et déchiré, des récentes élections.

Matthieu Herault





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