Mise à jour le 24/06/2007
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San Finna N°419 du 25 Juin au 01 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

A vue de monde

AFFAIRE DES INFIRMIERES ET DU MEDECIN BULGARES
QUAND L’UNION EUROPEENNE FAIT DU MARCHANDAGE AVEC LE DROIT

Le monde est à peine remis de la transaction scandaleuse qu’ont réalisé de grandes puissances comme les USA, la Grande-Bretagne.. , avec la Libye pour avoir, contre l’abandon des poursuites dans des dossiers de terrorisme, des espèces sonnantes et trébuchantes au profit des familles des victimes, que déjà, un autre scandale du même type se profile à l’horizon.

Devant les menaces émaillées de suspense politico-judiciaires que joue depuis plusieurs années la Libye, à la communauté internationale au sujet des infirmières bulgares et du docteur palestinien (ayant acquis depuis peu la nationalité bulgare), l’Union européenne vient à son tour d’adhérer à un marchandage digne de tapissiers pour offrir 14 millions de dollars pour les ayants droits de chaque victimes afin que la justice libyenne daigne épargner la vie des accusés, prisonniers depuis 8 ans, qui ont subi des tortures sans jamais reconnaître leur culpabilité.

Pourtant, c’est la même Union européenne qui estimait, il n’y a pas longtemps encore, qu’il ne fallait pas céder au chantage libyen : « L'UE, qui estime que les infirmières sont innocentes, a indiqué à maintes reprises son opposition au chantage et au versement de compensations aux familles, mais a accordé son appui à un "Fonds spécial d'aide" qui servirait entre autres au traitement gratuit des malades » (in Le Nouvel Observateur du 22 juin 2007).

Eh bien, le fonds finalement, risque de servir à autre chose, et en l’occurrence à verser des compensations aux familles.

C’est vrai que ces infirmières et ce docteur sont la mauvaise conscience du monde et qu’il faut avoir le cœur bien sec pour se montrer chiche en efforts pour les libérer. Mais était-ce la seule façon d’arriver à ce résultat ?

La communauté internationale ne pouvait-elle pas atteindre le même but aux mêmes fins en s’efforçant de préserver les fondements sur lesquels elle repose et les principes généraux qui gouvernent les sociétés réellement soumises au droit ?

Il est difficile d’imaginer qu’avec toute la puissance de frappe, de dissuasion dont disposent les Etats qui composent l’Union européenne et leurs alliés, il n’ait pas été possible d’adresser des mises en garde sérieuses qui convainquent la Libye du Colonel Kadhafi qu’il est une ligne qu’il ne faut pas franchir sans conséquences graves pour elle. Si les Alliés ont pu vaincre les forces allemandes et nippones en 1945, on a peine à croire qu’elles ne puissent pas en faire de même vis-à-vis de la Jamahiriya libyenne.

Si donc on a fait bon marché du droit en se drapant du manteau de sauveteur de la vie des prisonniers, c’est peut-être parce qu’il y avait des raisons moins désintéressées, des raisons que connaissait parfaitement le colonel Kadhafi et qui alors a pris tout son temps pour les éprouver.

Comment alors ne pas penser à tous ces contrats juteux en matière énergétique, de grands travaux, de prestations de services comme en matière aéronautique ? Dans la course mondiale que se livrent Airbus et Boeing, il y a encore plus de motivations à donner du lest aux principes.

Voilà qui n’est pas très honorable pour le leadership mondial à un moment où l’on parle de moralisation de la vie publique internationale.

VT




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