Mise à jour le 08/07/2007
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San Finna N°421-422 du 09 au 22 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

GENOCIDE RWANDAIS
LE VOILE SE LEVE SUR L’IMPLICATION DU POUVOIR FRANÇAIS

Le soutien accordé par la France de Mitterrand au régime Habyarimana pour la préparation du génocide a été, bien avant le drame, murmuré, bougonné.

Et puis, lorsque les choses commencèrent à se préciser, des ONG entrèrent en danse pour plus ouvertement critiquer la position de la France mais rien n’y fit. Sous prétexte de préserver l’influence de l’Hexagone et du français, de l’impérialisme anglophone emmené par l’Ouganda, le soutien du pouvoir français s’amplifia au fil des mois jusqu’à un point où les connivences françaises étaient manifestes.

A l’Elysée, bien que certains de l’entourage de François Mitterrand et du premier Ministre du gouvernement de cohabitation exprimèrent des inquiétudes et révélèrent même la marche inéluctable vers le génocide, le président Mitterrand restait rivé au soutien inconditionnel au pouvoir Hutu.

De tout cela, on en parlait même dans les milieux diplomatiques et militaires mais sans jamais se laisser aller à reconnaître que le génocide était bel et bien enclenché.

Lorsqu’il fut clairement établi que le génocide était rentré dans sa phase active, la France, à travers une Opération Turquoise, s’enquit de sauver ses ressortissants et par la même occasion, certains des acteurs du génocide pour éviter que le FPR en mouvement sur Kigali, ne mette la main sur eux. Cette opération a eu ceci d’horrible qu’elle ne s’est préoccupée que des ressortissants français et Hutu, laissant les Tutsi qui imploraient le secours, à leur sort, c’est-à-dire à la mort certaine.

Voilà qui ne pouvait qu’amener le président Kagamé à entretenir une haine farouche à l’encontre des autorités françaises et à déposer plainte. Mais cela ne suffisait pas encore à convaincre que le pouvoir français a eu une quelconque participation dans ce génocide. Les choses étaient impensables et improbables à admettre par l’opinion. Cette dernière d’ailleurs, sur recommandation de certains conseillers, était travaillée au corps et à l’esprit pour ne voir dans la position française que les bons côtés : le secours humanitaire, la défense de la Francophonie sinon de la civilisation.

Mais la situation a changé depuis quelques jours, de façon remarquable.
Il a suffi pour cela que le journal très connu, « Le Monde », fasse état d’écrits, de déclarations de hautes personnalités de l’entourage de François Mitterrand ou de la vie politique française qui attestaient de la connaissance parfaite de la situation réelle du génocide et des demandes émanant de moult personnalités que la France se désengage de ce bourbier, pour qu’on commence à ouvrir les yeux sur les possibles implications françaises.

Mais la prise de conscience, pour être maintenant perceptible, est toutefois loin d’être à la hauteur où elle devrait se situer. S’il s’était agi du génocide de peuples européens, arménien, juif, nul doute que la réaction dans l’Hexagone et dans le monde aurait été plus forte. Mais là, il ne s’agit que de Tutsi, de Noirs, d’Africains. Que vaut leurs vies par rapport à celle des Européens, des Américains… ? Très peu. De grands socialistes comme François Mitterrand en avait du reste une si piètre idée qu’ils reconnaissaient même publiquement que, pour ces gens-là, la vie n’avait pas le même sens que pour le reste de l’humanité. Ceci expliquera certainement a posteriori, cela ! Mais comme pour le punir même post mortem, l’histoire, qui ne fait pas dans la ségrégation, l’a rattrapé pour donner raison à ce peuple qu’il tenait pour mineur.

VT






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