FEMMES
EN NOIR
MESSAGE SUR LA TOMBE LE 1ER JUILLET
Les
« Femmes en noir » sont depuis quelque
temps, à nouveau sur le devant de la scène.
Qui s’en plaindrait puisque la cause qu’elles
défendent est la Cause de l’immense
majorité ? Les piques lancées contre
elles (elles qui feraient plus dans l’émotion
que dans la raison) ne semblent guère les
émouvoir. Elles vont vers leur objectif,
avec raison parce que leur cause est juste et
qu’elles ont adopté une démarche
intelligente pour l’atteindre mais aussi
avec émotion parce qu’elles sont
désintéressées, parce qu’elles
sont femmes et Africaines. N’oublions pas
que ce quadruple massacre de Sapouy non encore
résolu empêche les familles de faire
leur deuil. Voici donc un énième
message que ces braves femmes ont livré
sur la tombe de Norbert Zongo, le dimanche 1er
juillet 2007.
Cher
Norbert,
Le
mois passé, le 3 juin précisément,
nous étions réunies autour de toi
avec des amis de l’ Association «
Justice et Paix » et nous avons eu droit
à un message d’encouragement rédigé
par Monseigneur Thomas Kaboré, Evêque
du diocèse de Kaya, qui a été
lu sur place.
Nous étions très émues et
tu imagines à quel point cela nous a réconfortées
de savoir que l’Eglise estimait, et le disait
haut et fort, qu’il fallait que ton dossier
connaisse la Vérité et la Justice.
Nous avons été si réconfortées
que nous avons décidé, dès
le lendemain, d’écrire à l’extérieur
du pays pour relancer la mobilisation autour de
ton affaire.
Nous nous sommes permis d’écrire,
en nous excusant, à Sa Sainteté
le Pape Benoît XVI afin qu’il connaisse
la situation au Burkina Faso et qu’il prie
pour que l’impunité finisse dans
notre chère patrie.
Nous avons également envoyé une
lettre au Président Nicolas Sarkozy pour
qu’il voie ce qu’il est possible de
faire à son niveau, rappelant que son prédécesseur
Jacques Chirac s’était investi pour
le dossier Rafic Hariri. Et comme nous aimons
bien le rappeler, nous lui avons dit que tu étais,
toi Norbert, notre Rafic Hariri même si
tu n’avais pas sa richesse et ses relations.
Nous avons aussi pensé qu’il fallait
écrire au nouveau Secrétaire général
des Nations Unies, et nous l’avons fait.
Mr Ban Ki Moon saura donc qu’au Burkina
Faso, un petit groupe de femmes ne baissent pas
les bras pour éclaircir le drame de Sapouy,
malgré les années qui passent.
Enfin, nous avons estimé indispensable
d’écrire à notre Cher Robert
Ménard pour lui demander de tout faire
pour rappeler ton affaire. En particulier, nous
avons sollicité de lui qu’il fasse
en sorte que l’Année 2008 te soit
consacrée ou qu’à l’occasion,
une nouvelle manifestation en l’honneur
des journalistes assassinés, une photo
de toi soit placée sur le parvis de l’Hôtel
de ville à Paris où Reporters sans
frontières a l’habitude de tenir
ses manifestations de protestation.
Voilà ce que nous tenions à te dire
sans oublier de dire aussi que nous avons remercié
par écrit, Monseigneur Thomas Kaboré,
pour le soutien qu’il nous a apporté
le 3 juin dernier.
Norbert, nous te disons : au 5 août prochain
ici même, en espérant qu’un
jour, nous n’aurons plus à le dire
parce que ton dossier aura été élucidé.
LES
FEMMES EN NOIR QUI REFUSENT LA FATALITE
CY