*
Grande première : le président nigérian
Yar'adua a déclaré un patrimoine de 5
millions d'euros. En FCFA, ça fait à peu
près 2 milliards 500 millions ! On ne savait
pas, à la mine qu’il affiche, qu’il
était aussi riche ! Bravo à lui en tout
cas d’avoir déclaré ses biens mais
attention : aux associations et aux opposants d’ouvrir
l’œil pour être sûr que des enrichissements
ne se produiront pas pendant son mandat, au profit de
sa famille ou de ses amis proches car que ne peut-on
faire avec des prête-noms !
* Le film de l’UNDD «L’UNDD, ce symbole
de résistance que l’on veut liquider »
ne rencontrerait pas de difficultés à
passer dans les salles de cinéma à Ouagadougou,
Koudougou notamment mais il n’en serait pas de
même pour la projection au Centre culturel français
et à Canal 3 où il aurait été
jugé partisan. En a-t-il été de
même pour « 80.30 à hauteur d’homme
» qui a été projeté entre
autres au Ciné Nerwaya et au Ciné Burkina,
et dont l’Observateur Paalga a fait état
sous le titre révélateur : «Blaise
porté à l’écran, la prodada
d’un gorgui» ? ( http://www.lobservateur.bf/Oarticlearchive.php3?id_article=4092).
Ca se peut mais on n’en sait rien.
* Dans Le Monde du 30/06/2007, est paru un article intéressant
sous le titre « Nous savons combien vous êtes
». Il était temps car à chaque manifestation
publique dans le monde, les chiffres donnés sur
le nombre de participants variaient. On constatait régulièrement,
à l’occasion de grèves, que les
chiffres donnés par les pouvoirs sur la mobilisation
sont toujours moindres que ceux donnés par les
syndicalistes. Donc, avec géolocalisation, on
saura en temps réel, minute après minute,
grâce à des scientifiques derrière
des écrans, combien de monde il y avait exactement
à tel concert, à telle manifestation.
Ceci, incroyable mais vrai, grâce aux téléphones
portables. Mais cette géolocalisation massive
en temps réel pose le problème de la liberté
de mouvement". Nathalie Brafman, auteur de l’article,
conclut : «Cette innovation ne peut-elle pas déboucher
sur un outil gigantesque de surveillance, digne de George
Orwell, alors que près de 3 milliards d'individus
sur la planète sont équipés de
téléphones portables ? ».
* A Ouagadougou, beaucoup de rumeurs sur la Société
American Tobacco. Que s’y passerait-il ? On murmure
qu’un gros scandale portant sur une somme d’environ
2 milliards de FCFA pourrait éclater. Les employés
craindraient pour leurs postes !
*
Denis Sassou N’Guesso, sur le perron de l’Elysée,
a dit aux journalistes, concernant l’enquête
préliminaire de police qui a été
ouverte début juin par le parquet de Paris pour
éclaircir l'origine de ses biens détenus
à Paris : "Si cette affaire n'avait pas
des relents, disons, de colonialisme, de néocolonialisme,
de racisme et de provocation gratuite, on l'aurait plutôt
laissée mourir". Depuis, les médias
en font leurs choux gras car c’est la première
fois que, sur le perron de l’Elysée, la
justice française est ainsi flétrie par
un hôte de marque !
* En France, on ne peut pas s’improviser première
Dame officielle avec toutes les prérogatives
qui s’y attachent. Les épouses des chefs
d’Etat devraient s’en inspirer. Ou bien
elles obtiennent, comme Simone Gbagbo, un statut particulier
ou bien elles se font l’ombre d’elles-mêmes.
C’est la leçon que Cécilia Sarkozy
vient d’apprendre, elle qui a obtenu par les bons
soins de Emmanuelle Mignon, directrice du cabinet de
Nicolas Sarkozy, une carte bleue pour qu’elle
puisse plus facilement répondre à ses
frais professionnels classiques. Mais voilà,
il y a dans ce pays de droit, des yeux qui veillent
et ceux du député René Dosière,
apparenté PS, de tomber sur le pot aux roses.
Immédiatement, il a adressé une lettre
à François Fillon dans laquelle il demandait
"à quel titre l'épouse du chef de
l'Etat peut gérer l'argent public, dans la mesure
où elle n'a pas d'existence juridique et qu'elle
ne fait pas partie des services de la présidence"
(in Le Monde du 04/07/07). Le résultat a été
la restitution de la carte bancaire. Cécilia
Sarkozy n’aurait utilisée cette carte que
deux fois à l’occasion de déjeuners,
et pour des sommes dérisoires : 129 et 272 euros.
* Les Australiens débarquent au Faso. Pourquoi
faire ? Pour chercher du manganèse. Ils vont
tester pendant 4 mois la viabilité du site de
Tambao et de ses alentours, et si tout va, des études
sérieuses de faisabilité seront faites.
Ah ! Si des Burkinabé pouvaient eux-mêmes
faire ce boulot car il s’agit de nos ressources,
n’est-ce pas ? Surtout qu’après cela,
on risque de se plaindre de contrats léonins
qu’on aura pu nous faire signer !
* Nous écrivions il y a quelque temps, dans cette
même rubrique, que la BIB connaîtrait de
graves problèmes puisqu’elle aurait été
incapable de régler les dividendes de ses actionnaires,
la banque ayant été utilisée comme
une vache à lait par des gens haut placés.
Eh bien, notre confrère Sidwaya, dans son édition
du 4 juillet dernier, a confirmé les problèmes
et annoncé qu’un grand opérateur
économique analphabète de la place a même
été contraint à rembourser 8 milliards
de FCFA à la BIB et que cela a fait un peu baisser
la tension qui règne dans cette banque, au niveau
des employés qui craignent pour leur emploi.
Notre confrère s’est même demandé
« au juste, comment la BIB s’est-elle permise
d’en arriver là ? A-t-on situé les
responsabilités à l’interne ? ».
On aimerait bien savoir, effectivement.
* Nous écrivions il y a quelque temps, au vu
d’un communiqué paru dans la presse, que
les pensions de la CNSS seraient mensualisées
et nous faisions état de ce qu’il y avait
des « pour » et des « contre ».
Eh bien, selon notre confère Le Pays du 5 juillet
2007, dans sa rubrique « La semaine de Raogo »,
nous lisons que la CNSS, qui a offert deux ambulances
neuves, offert un mois de pension gratuite pour les
retraités, mensualisera la pension de ceux qui
le souhaitent. Voilà une solution qui va satisfaire
tout le monde. Notre caisse nationale a bien joué,
là, et à tous points de vue !
* A Orodara, à l’occasion de la Journée
mondiale de lutte contre la drogue, on a incinéré
plus de 5 tonnes de stupéfiants : cannabis, cocaïne,
héroïne, etc.. On se demande bien si figurait
dans cette incinération, la grosse prise récente
qui a entraîné l’arrestation de plusieurs
personnes étrangères dont la plupart étaient
femmes, et qui était évaluée à
plus de 5 milliards de FCFA !
* Le silence autour de la disparition de Ouali commence
à faire du bruit. Ici et là, il semble
en effet que ses camarades d’armes commenceraient
à se poser des questions et à demander
que le pouvoir les situe sur ce qui est fait pour connaître
ce qu’il est advenu de Ouali. Pour ceux en effet
qui s’attendaient qu’il contacte des parents
ou des amis, ou que par tout autre moyen il signale
son existence pour couper court aux inquiétudes,
le fait qu’on n’ait rien appris de tout
cela, et que le pouvoir ne puisse situer l’opinion
sur quelque piste que ce soit, fait craindre le pire.
Alors, peut-être faudrait-il actionner une meilleure
communication pour dissipe les ragots.
* Le jugement rendu suite aux fraudes au BEPC est tombé
: un reprographe, Lasséné Félix
Gouba, a été condamné à
12 mois de prison ferme et à 150 000 fcfa d’amende
; les 50 élèves, quant à eux, ont
écopé chacun pour ce qui le concerne,
de 500 000 fcfa d’amende. L’opinion est
divisée : si c’est normal pour certains
que ce soient les parents qui trinquent parce que souvent,
ce sont eux qui donnent l’argent pour permettre
les fraudes, d’autres estiment que c’est
injuste qu’ils paient les pots cassés.
Mais surtout, l’opinion regrette qu’on n’ait
pas sanctionné à un plus haut niveau :
le reprographe condamné a bien reçu de
quelqu’un les épreuves, et ce quelqu’un
est tranquille chez lui. Le Ministère ne devait-il
pas, à un niveau ou à un autre (Direction
des examens et concours ou autres), sanctionner ? Apparemment,
l’affaire est bouclée, on en restera là
!
* Par ailleurs, sur la liste des 50 élèves,
il faut regretter qu’on n’ait pas mis, à
côté du nom de chaque fraudeur pris en
flagrant délit, le nom de l’établissement
dans lequel il était inscrit.
* On le dit souvent à San Finna : le mot «
paix » est sur toutes les bouches. Que de manifestations
autour de la Paix ! La semaine passée, pas moins
de deux manifestations répercutées par
les médias, sur la question : les militaires
ont organisé une manifestation sur la paix et
il y a eu une pré rencontre sur la Paix conduite
par Mgr Anselme Titiama Sanon à la mairie de
Ouagadougou relative à une prochaine rencontre
du Centre d’éducation à la jeunesse,
au civisme, au leadership et à la paix (CIVIPAX).
Il y a été question de paix. La culture
de la paix d’accord mais la culture de la justice,
d’abord, aimons-nous à dire, et donc nous
le répétons.