Mise à jour le 08/07/2007
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San Finna N°421-422 du 09 au 22 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

SUR LES SUJETS DE PHILOSOPHIE AU BACCALAUREAT
DES PROFS DE PHILO SE PRONONCENT

Le bac a démarré, comme tout le monde le sait, le 3 juillet. L’épreuve mythique de philosophie était donc au rendez-vous. Voici ce qu’ont dit des profs de philo de la capitale sur la manière d’aborder les sujets et sur deux sujets eux-mêmes.

BADO Antoine :
En face d’un sujet de philosophie, l’élève doit d’abord commencer par ce qu’on appelle une étude parcellaire qui consiste à repérer les termes-clef du sujet, chercher à les définir pour finalement aboutir à une reformulation du sujet, ce qui permet à l’élève e dire en ses propres termes, ce que veut dire le sujet et ensuite dégager la problématique.

Donc, en ce qui concerne le sujet 2 (« La justice n’est elle irréalisable dans ce monde ?»), les termes-clefs sont la « justice », ensuite « irréalisable » et enfin « dans ce monde ». Et lorsque l’élève arrive à définir ces trois termes, il saisit par la même occasion le nerf du sujet. Il aura, après la compréhension du sujet, à dégager un certain nombre de questions qui vont lui permettre de traiter le sujet.

Dans le cas d’espèce, le sujet veut demander si dans ce monde matériel, on peut réaliser la justice et dans un plan ordonné, le développement consistera à résoudre les grandes questions soulevées dans la problématique. Pour revenir donc au sujet, est-ce que dans ce monde où chacun est guidé par ses intérêts, on peut réaliser la justice ? Dans le fond, et pour essayer de résoudre cette question en philosophie, on peut penser à Platon qui, dans le prolongement de Socrate, a beaucoup traité de la justice. Il disait que dans ce monde si bas, dans ce monde sensible, la justice était presqu’irréalisable, et donc il appartient à celui qui a soif de justice, de faire un effort intellectuel d’élévation au-dessus du monde matériel, vers un monde appelé le monde intelligible où l’individu arrive à cerner la notion de justice en de hors de toute connotation sensible ou matérielle. A l’opposé, c’est-à-dire si on reste dans notre monde matériel et intéressé, on ne saurait atteindre l’équité. Voilà pour ma part, une piste de réflexion.

Mais en ce qui concerne nos candidats au Burkina Faso, on ne se fait du souci que pour la méthode. Les élèves très souvent comprennent bien les questions qui leur sont posées mais ils n’ont pas la méthode pour les rendre. Aussi, serait-il intéressant d’insister sur les techniques de dissertation et de commentaire de texte.

OUATTARA Fatié :Dans un premier temps, les élèves doivent enlever de leurs têtes, le fait que chaque sujet comporterait un piège. Il leur est simplement demandéune réflexion par rapport à une question .Et pour ce qui concerne ce
sujet ( « Le pardon est il contraire aux exigences du droit ? »), les termes comme le «pardon » et le «droit », se doivent d’être définis pour pouvoir aboutir à la problématique que dégage le libellé du sujet. Par la suite, il s’agira pour l’élève, de donner son avis et éventuellement (en tout cas pour ce sujet qui ne commande pas une dialectique) émettre des réserves.

Dans le fond, ce qu’on pourrait dire, c’est que la loi est dure mais c’est la loi. Aussi, le pardon peut constituer une entrave aux exigences du droit dans la mesure où les individus attendent de route injustice, l’application de la sanction correspondante. Après avoir épluché ce paramètre, l’élève doit évoquer le fait que dans une autre situation, le pardon se retrouver dans le droit. C’est l’exemple du coupable qui purge sa peine. La victime se sentira soulagée et le coupable se sentira pardonné, et par la victime, et par la société.

SK






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