Mise à jour le 08/07/2007
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San Finna N°421-422 du 09 au 22 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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ALTERNANCE CONJUGALE INDEFINIE
L’EXEMPLE QUE VEULENT DONNER LES EPOUX KIRCHNER EN ARGENTINE

La volonté des femmes et des hommes de se pérenniser au pouvoir n’a pas fini de montrer son infinie ingéniosité en ce bas monde. Au lieu de faire comme beaucoup qui charcutent les Constitutions pour se pérenniser au pouvoir, et qui propulsent enfants, frères ou épouses à la tête de ces Etats afin de se protéger de leur mal gouvernance et continuer à accaparer les pouvoirs politique et économique, les époux Kirchner ont innové.

La Constitution argentine interdit, après deux mandats consécutifs, de pouvoir briguer un troisième mandat. Elle ouvre cependant la possibilité de reprendre le cycle après un délai de 4 ans. Et bien, Nestor et Christina Kirchner décident de jouer sur cette disposition et sur leurs atouts personnels pour proposer une forme d’alternance conjugale « à perpèt ».

Comment vont-ils procéder ?

C’est simple comme bonjour. Christina est très populaire en Argentine. C’est aussi une femme de tête, d’expérience, qui n’a rien à envier à Hillary Clinton, avocate comme elle, et à laquelle elle aime être comparée. Eh bien, pour les élections programmées au mois d’octobre 2007, en accord avec son mari et son parti, elle sera la candidate à l’élection présidentielle. Bien qu’ayant beaucoup plus la faveur de l’électorat que son épouse, Nestor Kirchner accepte et encourage même cette candidature. Il ne le fait pas à la légère. Leur ambition à tous les deux est en effet, ainsi que des observateurs de la vie argentine le font déjà savoir, de se succéder ainsi au pouvoir ad vitam aeternam. Un coup, c’est la femme qui est à la présidence, un coup elle laisse son mari revenir, et ainsi de suite.

On croit rêver lorsqu’on pense que l’Argentine n’est tout de même pas une de ces républiques bananières qu’on voit en Afrique. Ce pays a une tradition de contestation ; il compte beaucoup d’intellectuels pour qu’un tel projet puisse passer comme dans du beurre, se dit-on. Mais c’est méconnaître certaines réalités de l’Argentine que de raisonner ainsi.

Ce pays n’est pas seulement connu pour avoir inventé le tango, pour disposer de vastes « pampas », ni pour avoir donné au monde Carlos Monzon et Maradona, il est aussi réputé pour être une terre où les femmes valent leur pesant d’or malgré une culture par ailleurs machiste. Elles ne sont peut-être pas connues pour être parmi les plus agressives dans le secteur économique comme l’étaient les Mama Benz au Togo mais elles représentent dans l’imagerie populaire, des références, des sources d’espérance et de mobilisation.

L’exemple historique le plus frappant reste Evita Peron, la protectrice des pauvres, celle qui à l’ombre de son président de mari, Juan Peron, jouait de son influence pour infléchir la politique au profit des plus démunis. Elle a été ainsi sanctifiée de son vivant par les Argentins. Cet attachement à la grande Madone contribuera fortement, lorsque revenu au pouvoir, Peron fut rappelé à Dieu, que sa troisième épouse, Isabel Peron, accède au pouvoir.

Mais ce lien mystérieux et puissant qui unit les Argentins aux femmes a été aussi symbolisé par les célèbres Mères de la place de Mai (Madres y abuelas de plaza de mayo) qui ont bravé la junte militaire sanguinaire dans les années 70 pour exiger d’être fixées sur le sort fait à leurs progénitures disparues. On avait beau les réprimer, les moquer, ces femmes ont fini par attirer sur elles, le respect du monde entier et à faire tâche d’huile à Cuba, en Israël jusqu’au Burkina Faso avec les « Femmes en noir ».

Christina Kirchner se révèle donc dans des conditions propices, ce d’autant que, contrairement à Evita et à Isabel, elle est porteuse d’une propre dynamique et de ressorts politiques autonomes qui la prédisposent à assumer une responsabilité au plus haut niveau de l’Etat et que pour ne pas gâter les choses, elle est plutôt bien de sa personne.

Elle est donc, avec l’élection à venir, partie pour réussir une grande première surtout que les autres candidats que sont Elisa Carrio (encore une femme battante !) parlementaire du Centre Gauche, Roberto Lavagna (ancien ministre de l’Economie de l’administration Kirchner), l’économiste Ricardo Lopez Murphy et l’ancien président Carlos Menen, ne sont pas en mesure de l’inquiéter. Mais pour autant, doit-on tomber en pâmoison devant cette forme de gouvernance inédite qui revient à confisquer le pouvoir au profit d’un couple présidentiel ? La question reste posée ne serait-ce que du point de vue moral car s’il est vrai que cette alternance au pouvoir ne viole pas la constitution stricto sensu et qu’elle n’emprunte pas à des méthodes frauduleuses ou violentes mais plutôt au consentement populaire, il y a tout de même dans la manière beaucoup de rouerie, qui n’est pas des plus compatibles avec un exercice de la démocratie respectueux de la dignité populaire. Et ce ne serait pas intolérant que de s’inquiéter que de telles personnalités qui se réclament de la Gauche, jouent à ce petit jeu avec le peuple digne des dictateurs et autres fascistes !

CY


LE MOT DE JANINE JACKSON A L’ « INDEPENDANCE DAY »
LES MEDIAS N’ONT PAS LACHE LA PROIE POUR L’OMBRE


En ce 4 juillet 2007, l’Ambassadeur Janine Jackson n’a pas failli à la tradition. Le gotha ouagalais traditionnel était là et l’on a eu encore droit au petit mot qui a passé en revue l’état de la coopération entre les USA et le Burkina Faso, tout en se permettant une incursion légère dans la gouvernance nationale.

On a ainsi évoqué la question de la stabilité et de la bonne gouvernance, des médiations dans la sous région, de la formation d’un bataillon de soldats burkinabé par les Etats-Unis, de la liberté économique et du Millenium Challenge Corporation.

Mais de tout cela, le passage qui a le plus retenu l’attention un peu partout est le suivant : « Le processus de démocratisation est dur pour tous les citoyens, le gouvernement et la société civile doivent améliorer le code électoral…. Mais le plus important est que la démocratie nécessite un débat sain, une opposition forte et un public informé ».

Voilà peut-être la « substantifique moelle » de ce discours, le petit piment ou la petite amertume qui vient nous rappeler aux réalités incontournables de la gouvernance nationale.

CY





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