Mise à jour le 22/07/2007
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San Finna N°423 du 23 au 29 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* On n’en finit pas de parler de cette bataille de succession au sommet de l’Etat. Ces derniers temps, des médias bien introduits dans le milieu se sont même faits l’écho des rivalités entre les barons du régime, accréditant le sentiment que l’usure du pouvoir a atteint un stade inquiétant au pays des hommes intègres. Il semble que deux camps se seraient constitués, un emmené par Salif Diallo et comprenant Roch Marc Christian Kaboré et Salif Diallo, un autre composé des frères Compaoré et alliés. L’objet du litige, c’est quoi ? C’est le perchoir. Alors que François Compaoré aurait déjà tout ficelé pour succéder à son frangin de frère, les autres n’entendraient pas que les choses se déroulent de cette façon. On comprend que ce méli-mélo, ajouté à la grogne montante au plan social et militaire, finisse par convaincre beaucoup plus que la torpeur de la classe politique, qu’il y a comme un glissement vers l’inconnu sinon des difficultés au Burkina Faso. C’est ce que laissait dernièrement entendre l’Observateur-Paalga.

* Rico, vous connaissez ? Eh bien, c’est un chien, nous informe la toile, doué d’intelligence. Ce qui lui manque seulement, c’est la parole. Sinon, il peut assimiler le langage humain. En tous les cas, une étude qui vient d’être publiée par la revue scientifique américaine « Science » connue pour son sérieux, entend le prouver. Le déclic est venu d’Allemagne où une famille a découvert que son « border collie » (une race de chiens de berger) était en mesure de faire la différence entre 200 mots prononcés par son maître. Jamais, il ne se trompe lorsqu’on lui demande d’aller chercher quelque objet que ce soit.

* Une unité de soldats de l’ONU, composée de Marocains, vient d’être cantonnée à Bouaké. Cette unité composée de plus de 700 Marocains, se voit ainsi interdite d’activités. Pourquoi ? De graves accusations pèsent sur elle d’avoir exploité et abusé sexuellement des filles dont certaines étaient mineures. Ce qu’il faut en dire, c’est tout d’abord que ce n’est pas nouveau, ni en Côte d’Ivoire ni en Afrique. Les soldats des Nations Unies semblent sur ce plan, confrontés à un tel problème qu’on serait tenté de médicaliser leur situation. L’interposition ou l’intervention à fin de pacification qui leur est confiée les conduit inexorablement à fouler aux pieds les lois des pays d’accueil comme les lois internationales. Ils se livrent à des trafics de tout genre, à des viols, à des commerces frauduleux d’or, de diamant, de bois. Bref, ils reproduisent les faits pour lesquels on les a fait venir et qu’ils sont censés aider à combattre et à éliminer. On peut dès lors s’interroger. Lorsque l’enquête sera bouclée à Bouaké et qu’elle montrera que les faits sont bel et bien avérés, que va-t-on faire ? Les renvoyer simplement dans leur pays comme ça s’est déjà fait notamment en Côte d’Ivoire pour les soldats qui se sont transformés en casseurs de banque pour qu’ils y soient jugés et radiés éventuellement de l’armée ? Il y en a qui trouvent que ce n’est pas assez. Il ne faut pas oublier que les crimes de ce genre commis en période de guerre sont considérés comme des crimes de guerre, contre l’humanité. On ne voit pas pourquoi ces soldats seraient dispensés de comparution devant les juridictions internationales surtout que s’agissant de soldats de l’ONU, qui plus est payés grassement, leur responsabilité doit être accrue en pareil cas. En tous les cas, une des leçons à tirer, c’est qu’il est grand temps que la MINUCI et la LICORNE plient bagages ! Le processus de pacification avance à grands pas, et la volonté des anciens belligérants de sceller la reconstitution du territoire national est patente. Ces soldats se retrouvent en fait depuis quelque temps, à se tourner les pouces, et Dieu seul sait comment l’oisiveté est la mère de tous les vices.

* Et Ouali fait reparler de lui. Chez nous, le bruit court en effet que l’on aurait eu de ses échos du côté du Ghana. Tantôt, c’est au Niger, tantôt au Bénin (voire même extraordinaire) en Côte d’Ivoire. C’est à croire que les services de renseignements burkinabé ne savent plus à quel Saint se vouer ou que le sacré capitaine Luther Ouali a bien monté son affaire.

* RFI est privé d’antenne au Niger. Les autorités n’apprécient pas, mais pas du tout alors, l’ « idylle » qui semble s’instaurer entre la radio mondiale et les rebelles touaregs. Un coup, on les fait parler, un coup, on commente leurs hauts faits. Niamey a estimé que c’en était trop. On s’est rappelé le précédent ivoirien et on a fermé la bouche au célèbre média. Evidemment, ce n’est pas bien pris, ni du côté de la radio, ni du côté de RSF. Mais au Niger comme dans d’autres pays d’Afrique, il en existe qui, se rappelant le précédent ivoirien, soutiennent que la mesure s’imposait. Il ne faudrait pas qu’ici aussi, on arrive petit à petit, et sournoisement, à donner une stature à une rébellion et même à lui dérouler le tapis rouge et lui ouvrir les portes des grands palais de nos chefs d’Etat et de nos responsables d’organisations internationales.

* Les élections africaines se suivent et se ressemblent désespérément. Après le Sénégal, le Burkina Faso, le Nigeria, le Congo, c’est au tour du Cameroun de sacrifier au rite de la consultation populaire. On se demande vraiment à quoi tout cela sert. Tant d’argent jeté en pure perte qui aurait pu servir à des secteurs sociaux en crise, ça fait mal au cœur ! En effet, ces élections qui devraient tendre à mettre en place des pouvoirs désignés par le peuple pour les gouverner un temps donné, sont viciées à la base. Dans tous ces scrutins, la règle de plus en plus, c’est de priver le peuple de sa souveraineté en muselant les partis politiques, en dénaturant le suffrage par des fraudes, des corruptions, des malversations de toutes sortes. Le Cameroun n’échappe pas à la règle. On vient de signaler, comme c’est toujours le cas, que des individus possèderaient plusieurs cartes alors que d’autres n’en auraient pas. Les connivences de l’organisation chargée des élections sont relevées de même que les carences du fichier électoral qui, à elles seules suffisent à enlever tout crédit à la consultation. Pendant qu’on crie à la fraude, dénonciations à l’appui au Cameroun et qu’au Mali, où le second tour des élections législatives est lancé, on a mis la main sur un individu porteur de plus de 1000 cartes, on sait que les élections continueront encore et toujours à être valisées par les pouvoirs africains et par la communauté internationale. Leur maître mot, c’est que toutes ces irrégularités ne sont que des couacs à la marge.

* Ellen Johnson Sirleaf vient d’échapper à la première tentative de coup d’Etat contre son régime. Elle devra une fière chandelle à son voisin Laurent Gbagbo dont les services de sécurité lui auront permis d’en réchapper. A cet égard, le propre fils de la première Libérienne, Fumba Sirleaf, Directeur de l’Agence de sécurité nationale du Libéria, ne tarit pas de remerciements à l’endroit des autorités ivoiriennes. De fait, ce sont les forces de sécurité de Laurent Gbagbo qui ont permis de mettre la main sur ceux qui avaient décidé de transporter leurs quartiers en terre ivoirienne, plus précisément à Guiblo, capitale de la région du Moyen Cavali, pour y comploter contre Mme Sirleaf. Elles ont permis de filer les comploteurs, de les filmer et d’en porter témoignage aux autorités libériennes qui, dès lors, ont été en mesure de tendre un piège, une souricière aux putschistes. Quatre personnes ont été ainsi épinglées dont Charles Julu (ancien chef d’Etat major de l’armée libérienne sous Samuel Doe), Georges Koukou (président de l’Assemblée nationale lors du gouvernement intérimaire du président Gyude Bryant). Les enquêtes, qui vont bon train, font état de ce que des responsables en place du gouvernement de Mme Sirleaf, auraient aidé à financer le plan de déstabilisation. Voilà en tout cas qui devrait aider à renforcer la sécurité du régime libérien et à décourager par des sanctions exemplaires, tous ceux qui sont responsables de ces plaies difficiles du pays à cicatriser.

* Cela arrive si peu en Afrique que ça vaut la peine de le mentionner et de le féliciter : le président du Botswana, Festus Mogae, a annoncé qu’il quitterait le pouvoir dans neuf mois après avoir passé 10 ans à la tête de son pays. Il le fait parce que la constitution du Botswana interdit plus de deux mandats à un président. Voilà une tradition bien établie dans ce pays puisqu’il n’est pas le premier à s’incliner devant une telle prescription constitutionnelle.

* Une cinquantaine d’Africains, qui avaient embarqué dans une pirogue de fortune, ont sombré corps et biens en pleine mer. Voilà un drame de plus qui vient titiller les consciences de nos gouvernants occidentaux et africains. Il faut véritablement appréhender le phénomène de l’immigration dans tous ses contours pour permettre aux Africains de se réconcilier avec leur continent, de restaurer l’amour pour l’Afrique et la volonté d’y vivre. Cela suppose, et nous n’arrêterons jamais de le dire, qu’il y ait des interventions au plan économique mais aussi au plan des droits de l’homme et de la démocratie. Si rien n’est fait, les flots continueront et il faut craindre qu’à la longue, la brutalité ne soit la réponse de l’Occident pour parer à ce qu’il considère comme une des plus grandes menaces à son devenir.

* La saison des tracts est revenue en force au Faso. Il est un lieu où il en pleuvrait actuellement à torrent, à ce qu’on dit : c’est la Gendarmerie nationale où certains responsables en feraient les frais. Le grand hic, c’est comment faire pour s’en procurer !

* Le rebelle touareg qui a pris contact avec les autorités burkinabé serait parvenu au Faso en passant par le Mali à bord d’une RAVE 4. Le bruit court qu’il serait entièrement pris en charge par notre ministère des Affaires étrangères. Vrai ou faux ?

* La nomination de Koté Zakaria comme Garde des Sceaux, a entraîné un grand mouvement au sein de la justice. Ce n’est pas une période des 100 Jours qui s’ouvre mais il y a de grands départs qui font penser que quelque chose pourrait changer si le ministre avait les coudées franches. Ce qui en tout cas a frappé l’opinion, c’est entre autres le départ de l’indéboulonnable Adama Sagnon. Il semble que celui-ci n’ait pas été le dernier surpris puisqu’il en aurait ressenti un malaise dans son bureau. Son remplaçant, Kindo Issa, est plutôt connu pour être un artisan de la bonne administration de la justice. La nouvelle équipe sera-t-elle en mesure de conduire les changements tant souhaités dans la grande maison ? Il faut croiser les doigts pour que cela soit.





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