| MIEUX
VAUT PREVENIR QUE GUERIR
Voilà les Touaregs nigériens qui remettent
ça. Après une première rébellion,
dont l’accord de paix signé n’a
pas été bien observé à
leur goût, ils reprennent les armes. C’est
une situation qui interpelle (personne ne peut le
nier) tous les pays de la sous région et
même du continent, et en particulier le Burkina
Faso. Pourquoi ? Les raisons sont multiples. D’abord,
le Niger est voisin du Burkina ; il y a un devoir
de solidarité entre eux, et le pays des hommes
intègres ne peut pas rester indifférent
lorsqu’il est sollicité par une des
parties en conflit pour une médiation. Il
faut relever aussi que ce devoir de solidarité
se double d’une obligation d’implication
qui résulte du fait que le Burkina Faso et
le Niger sont partie prenante de plusieurs organisations
comme le Conseil de l’Entente, l’UEMOA….
On relèvera aussi fort à propos, que
nos responsables ont déjà eu à
connaître de la première rébellion
et que c’est grâce à leur entremise
qu’elle a pu se conclure par un accord de
paix qui avait alors permis de recoller les morceaux.
Il y a de la part de B. Compaoré comme une
responsabilité à assumer les vices
cachés de cet accord. Il ne s’agit
pas ici de renvoyer la faute à tel ou tel
protagoniste mais de procéder -comme l’entrepreneur
qui voit que son immeuble est défectueux-
aux réfections nécessaires. C’
est pourquoi il ne faut pas voir du mal dans le
fait qu’après avoir été
approché par un rebelle, le ministre Bassolet
ait été dépêché
à Niamey pour proposer de régler le
litige. C’est du reste dans ce sens que l’Observateur
Paalga a vu les choses en relevant de façon
imagée et avec une pointe d’esprit,
que le docteur burkinabé était appelé
à faire une piqûre de rappel face à
la rechute du pays dans la rébellion. Enfin,
il faut laisser parler les aigris et autres jaloux
mais convenir de restituer ce qui doit respectivement
restituer à César et à Dieu
ce qui doit respectivement leur revenir. En matière
de médiation en effet, on ne peut pas honnêtement
quereller au Burkina son expertise. De nombreux
dossiers sont là qui en témoignent.
Ce sont entre autres ceux du Togo, de la Côte
d’Ivoire. Il faut alors mettre de côté
les mesquineries et les ragots. Le Burkina Faso
n’a pas intérêt à ce qu’un
pays limitrophe s’empêtre dans des tensions
nationales : cela pourrait rejaillir sur son territoire.
Enfin, à supposer que Blaise Compaoré
ait observé une attitude silencieuse, voire
de refus, de s’intéresser aux problèmes
du Niger, les mêmes qui actuellement fustigent
qu’il y ait dépêché un
émissaire, seront les premiers à clamer
partout que s’il se comporte ainsi, c’est
parce qu’il a quelque chose à se reprocher.
Dans ce cas d’espèce, c’est l’intérêt
supérieur de la région et du Burkina
qui sont à prendre en considération
et, ne l’oublions pas, le chef de l’Etat
est actuellement le président de la CEDEAO
: il manquerait à ses devoirs en se carapatant
devant cette crise qui, si l’on n’y
prend garde, peut aller loin !
TOMI. |
POURQUOI
DEVANCER L’IGUANE DANS L’EAU ?
A
ce que l’on voit en effet, la médiation
semble être la matière première
qui rapporte le plus aux autorités burkinabé.
Aussi, c’est à peine si elles n’en
viendraient pas à favoriser l’émergence
de « prospecteurs » ou de « provocateurs
» de conflits pouvant déboucher sur
des médiations et nécessiter qu’on
recoure à ce savoir-faire qui singularise
les gouvernants du pays des hommes intègres.
Il faut donc en déduire l’accueil mitigé,
plutôt réprobateur qu’une partie
de l’opinion réserve à la façon
avec laquelle le pouvoir s’est rué
vers Niamey pour tenter d’y décrocher
un contrat de médiation dans le différend
qui se fait jour entre le pouvoir et les Touarègues
en colère. Je suis de ceux qui trouvent que
cette façon de faire est choquante, et même
dégoûtante ; des charognes ne se comporteraient
pas autrement devant la perspective d’une
proie sur laquelle fondre. Pourquoi tant de précipitation
lorsque surtout le pouvoir nigérien lui-même,
jusqu’à preuve du contraire, ne veut
pas entendre parler de rébellion ? Pourquoi
ne pas avoir la délicatesse d’attendre
qu’il en reconnaisse la réalité
et qu’il exprime le besoin d’une médiation
avant de le presser de tant d’assiduité
? Je trouve de surcroît que nous avons déjà
sur le feu, deux médiations, le Togo et la
Côte d’Ivoire qui ne sont pas, pourrait-on
dire, encore tout à fait cuites. Ne vaudrait
– il pas mieux en finir avec elles avant d’engager
une troisième sur le feu ? C’est une
question de méthode, d’efficacité.
C’est bien connu : qui trop embrasse, mal
étreint. Par ailleurs, au Niger comme au
Togo et en Côte d’Ivoire, notre main
se plait-on à dire n’a jamais été
totalement innocente. Les soupçons étaient
là lors de la première rébellion
touarègue au Niger. Ils n’ont pas totalement
disparus avec celle en cours. Si Niamey n’est
pas loquace à ce sujet, il n’en laisse
pas moins diffuser qu’il pourrait bien exister
des parrains à des touaregs en rupture avec
la république. Et pour tout dire, lors de
la manifestation à Niamey du 21 juillet dernier
pour en appeler à la paix, des voix n’ont
pas manqué pour condamner ces pays étrangers,
sans les citer, qui soutiendraient les Touaregs.
Si les regards se sont tournés vers la France,
la Libye ou le Burkina Faso, ce ne serait pas étonnant
vu les précédents ! Il faut, comme
qui dirait, « quitter dans ça »
: courir à chaque fois, ventre à terre,
pour négocier des médiations, finit
effectivement de convaincre que le pouvoir burkinabé
mise réellement sur ces conflits pour tenter
de se racheter de ses ingérences qui l’exposent
à en répondre devant des juridictions
pénales internationales. Allez-y en effet
savoir si pour éviter un tel sort, il ne
serait pas prêt à tout !
TOZI.
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