Mise à jour le 29/07/2007
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San Finna N°424 du 30 Juillet au 05 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

CONFERENCE DE PRESSE DE LA COUR DES COMPTES
SUR SON RAPPORT 2005

La Cour des comptes a porté à la connaissance des hommes et des femmes de médias, ce vendredi 27 juillet 2007, son Rapport sur les comptes de la nation 2005. La conférence a été animée par Mr Boureima Pierre Nébié, premier Président de l’institution, Mme Sanou, procureur générale près la Cour des comptes et Mr Pascal Sanou, président de la Chambre de contrôle des entreprises publiques et des institutions à financement extérieur.

C’est la deuxième fois que l’institution se prête à ce jeu de questions-réponses avec des gens des médias dont il faut souligner la grande présence, preuve que, comme dirait quelqu’un, « chacun veut voir clair dans la gestion des fonds publics ».

On ne reprochera pas aux journalistes de n’avoir pas été prolixes en questions.
Des questions, il y en a eu en effet comme celles relatives aux travaux de réfection de la Mairie de Ouagadougou (où il y a eu de très graves fautes), au 75 ème anniversaire de la Mairie de Bobo ou encore à l’exemple de cette histoire de tenues et chaussures achetées aux chauffeurs du médiateur du Faso (alors que les textes ne le prévoyaient pas). Retenons les réponses apportées à quelques-unes des questions posées.

Qu’est-ce qui a justifié le contrôle de la réfection de la mairie ?

Les rumeurs étaient telles, dira la Cour, qu’elle s’y est intéressée, produisant le rapport qu’on a pu lire dans l’Observateur Paalga, la semaine écoulée.

Les confrères ont voulu savoir quels étaient les critères de choix des entités susceptibles de faire l’objet d’un contrôle de la Cour des comptes.

La Cour répondra que toutes les entités où il y a des fonds publics, de façon exclusive ou majoritaire, sont « contrôlables » mais a ajouté que la faiblesse des effectifs fait que le choix se fait selon des éléments comme les articles de presse, les rumeurs…

Sa Finna pour sa part, a voulu en savoir plus sur les points suivants

- Dans le dossier «Contrôle de la gestion du 75 ème anniversaire de la commune de Bobo-Dioulasso », la Cour des comptes, au vu des irrégularités et des sommes non justifiées, demandait à l’autorité de tutelle, le MATD, saisi par ses soins, d’en donner des explications. Cela ne fut pas fait. San Finna s’est alors interrogé sur l’état du dossier et a voulu en savoir plus, en particulier si le sieur Idrissa Kaboré qui devait la somme de 1 185 000 fcfa, Cheick Coulibaly qui devait la somme de 1 850 000 fcfa, Benoît Zoungrana qui devait la somme de 300 000 fcfa et Victorien Sawadogo qui devait la somme de 13 538 079 fcfa, avaient été poursuivis, jugés et éventuellement condamnés.

- Dans le dossier « Contrôle du projet d’appui au programme multisectoriel de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles », de très nombreuses fautes ont été relevées notamment au niveau des frais de mission, des procédures de passation de marché, des factures sans numéros, d’activités financées alors qu’elles n’étaient pas éligibles au projet, etc… Le Ministre de la Santé de l’époque, Mr Yoda, fit savoir que « des dispositions diligentes seront prises pour mettre fin à ces irrégularités et des mesures y afférentes » seront « communiquées dans les délais requis ». La Cour des comptes ne faisant pas mention de ces réponses du Ministre, San Finna voulut en avoir le cœur net : y a-t-il eu réponse aux interrogations de la Cour ?

- Dans le dossier « Contrôle du Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles », il a été relevé, entre autres nombreuses irrégularités et fautes lourdes, que la souche du chèque 0938303 portait le montant 420 000 fcfa alors que le relevé du compte bancaire ECOBANK indiquait le montant de 7 422 000 fcfa. San Finna craignant une malversation, voulut savoir ce qu’il en était.

Les réponses apportées à ces trois questions seront que la procédure au niveau de la Cour des comptes ne permet pas aux conférenciers de faire plus que ce qu’ils ont fait. Pour la dernière question, ils diront qu’il ne s’agissait que d’une erreur d’écriture !

Au total, il est ressorti, lors de cette conférence, une certaine déception car pour les réponses aux questions posées, beaucoup sont restés sur leur faim. Si la Cour des comptes peut s’abriter derrière ses textes limitatifs, pour dire qu’elle est quitte pour avoir fait ce qu’elle devait et pouvait faire, et qu’il appartient maintenant aux autorités de décider, on peut au moins se demander pourquoi elle ne fait pas un rapport sur le déni de justice qui suit toujours ses dénonciations.
D’autre part, lorsqu’après un tel travail, il ressort des malversations ou de fortes présomptions de prévarications, on ne comprend pas pourquoi le premier magistrat du pays qui en est saisi, ainsi que la Cour l’a fait savoir, ne donne pas les instructions logiques pour les faire réprimer.

C’est vrai par ailleurs que la justice dans son ensemble n’est pas administrée d façon satisfaisante mais les poursuites auraient pu aussi s’engager sans délai par le Parquet général au vu des éléments réunis par la Cour des comptes d’autant qu’il est représenté aux premières loges dans la Cour des comptes. Ces exercices de la cour, c’est bien mais il ne faudrait pas que ce soit un pur exercice de style.

En attendant plus de volontarisme de la part de cette Cour et plus de réformes pour lui permettre d’être plus opérationnelle et plus indépendante, disons que déjà, le simple fait de publier annuellement un tel rapport, qui n’hésite pas à donner des noms, est bénéfique car cela peut décourager d’éventuels infracteurs et pousser les responsables à faire attention car en cas de contrôle, ça ne fait pas bien de voir étaler dans les rapports de la Cour des comptes, qu’on a mal agi pour ceci ou pour cela.

Par ailleurs, on peut espérer une certaine dynamisation de l’institution à travers l’appui de l’Union européenne qui a récemment signé une convention avec la Cour pour un don d’un montant d’un million d’euros.

SK






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