Mise à jour le 29/07/2007
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San Finna N°424 du 30 Juillet au 05 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

A vue de monde

POINTS DE VUE

Un de nos confrères togolais du site www.afriquedéveloppement.info, nous a envoyé trois articles pour publication, sur le groupe Bolloré au Gabon et en Afrique en général. Les voici ci-dessous.


I. - Gabon : Bolloré poursuit sans vergogne
la corruption des magistrats

On ne le dira jamais assez. Le groupe Français Bolloré est maître dans l’art de corrompre, et si les dirigeants africains n’y prennent garde, ils risquent à travers cette sale besogne de recoloniser leurs peuples pourvu que les objectifs soient atteints.

Du Togo au Cameroun en passant par la Côte d’Ivoire, Bolloré qui veut être en position de monopole foule au pied les règles de la justice pour se voir confier les différents marchés. L’on se rappelle comment à un moment donné de l’année 2006, certains responsables de ce groupe ont été arrêtés à l’aéroport international Gnassingbé Eyadema pour avoir versé d’importantes sommes afin de corrompre des magistrats togolais parce que sachant le procès en leur défaveur . Aujourd’hui, c’est la justice Gabonaise qui se laisse aller par les pratiques mafieuses du groupe Bolloré.

En effet, dans une affaire qui oppose une filiale de son groupe P.I.P.S.A. à la filiale PIP Sarl au Gabon, la cour d’appel statuant en dernier ressort vient de se prononcer en faveur de P.I.P SARL le 22 juin dernier. Mais, à la grande stupéfaction des responsables de P.I.P SARL, le 5 juillet, le Président de la cour d’appel rendait dans le même temps un arrêt contraire au mépris de toutes les règles juridiques applicables.

Au total, c’est une somme de 700 millions de francs de dommages intérêts qui devraient être alloués à P.I.P sarl par Bolloré d’autant plus que la procédure initiée par ce dernier a gravement nui aux intérêts de P.I.P sarl qui a perdu le bénéfice d’une concession attribuée pour 25 ans consécutifs.

C’est donc une tentative de mainmise sur les ports Gabonais par le groupe Bolloré dans le contrôle de la société Sigeprag (en violation des dispositions de la concession qui stipulent que : « sont interdites de soumissionner, les sociétés exerçant déjà une activité dans le secteur portuaire au Gabon ») qui est à la base dudit procès.

C’est dire que durant tout le temps qui a séparé le jour du verdict de la cour d’appel au 05 juillet, Bolloré s’est plutôt mis dans des œuvres en utilisant de gros sous afin de faire annuler la décision de la justice. Voilà comment Bolloré, qui se dit un des géants mondiaux, fonctionne. Toutes ces œuvres malsaines de Bolloré qui constituent de véritables scandales doivent interpeller l’Afrique et ses dirigeants à plus de vigilance.

Déjà le Sénégal l’a compris en refusant catégoriquement la cession du terminal du Port de Dakar à ce groupe qui n’a d’autres souci que ses intérêts propres à lui. Ni les montages orchestrés par Bolloré ni les pressions de son mentor , le président Sarkozy de France, sur les autorités Sénégalaises n’ont ébranlé la détermination de celles –ci à dire non à Bolloré et sa pratique mafieuse.
Nous osons croire que tous les dirigeants africains vont suivre cet exemple afin de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui viendront piller les ressources des Africains au profit des intérêts égoïstes.

II. - Affaire Bolloré au Gabon
Bongo doit suivre l’exemple de Wade

Il y a seulement quelques semaines, les autorités sénégalaises disaient non à une nouvelle colonisation. Elles refusaient de céder aux pressions de la France à travers son Président Nicolas Sarkozy qui prenait fait et cause pour le Groupe Bolloré, un groupe qui n’a de cesse de piller sans pitié les maigres ressources portuaires et forestières des Africains qui depuis les époques coloniales et ce jusqu’à ce jour, cherchent une porte de sortie pour leurs économies. Dans cette affaire, les autorités sénégalaises n’ont pas mâché leurs mots suite à la pression qui pesait sur leurs épaules et qui voudrait que le contrôle du Terminal à conteneurs du Port de Dakar soit remis à Bolloré plutôt qu’à la société Dubaï World Ports dont les conclusions de la convention de concession étaient plus favorables que celles proposées par Bolloré.

Le Sénégal -à l’instar du Togo- a compris qu’il était plutôt un pays indépendant et n’avait pas de leçon à recevoir de qui que ce soit.

Les Africains en ont assez de ce néocolonialisme qui consiste à toujours se laisser piétiner par ceux qui, hier faisaient d’eux, des moins que rien en les enrôlant dans des champs de plantation dans leur pays.

Ce qui se passe au Gabon de nous jours avec la justice qui se laisse manipuler par Bolloré n’honore ni ce pays encore moins toute l’Afrique entière.

En effet, il est inconcevable qu’après avoir rendu le verdict en faveur de la société PIP Sarl, la justice revienne à la charge le 5 juillet dernier pour remettre tout en cause ceci pour avoir sûrement perçu des pots de vins auprès des responsables de Bolloré. La façon dont les choses se sont passées dans cette affaire donne l’impression qu’il a y a eu un laisser-aller des autorités gabonaises en matière de justice. En effet alors que la cour d’appel donnait raison le 22-06-2007 à P.I.P. Sarl, le 1er Président de cette cour, le 5 Juillet, donnait raison à Bolloré dans un second arrêt totalement illégal car statuant à nouveau à un même degré de juridiction .

Tout le monde sait que le groupe Bolloré depuis qu’il exerce ses activités dans nombre de pays africains n’a cherché que son intérêt personnel, et sur ce, il est prêt à user de tous les moyens pour atteindre cet objectif. C’est le cas actuellement au Gabon où les magistrats ont été corrompus.
Le Président Omar Bongo qui est le premier magistrat du pays, doit agir le plus rapidement possible car, il y va de l’intérêt du Gabon et partant de la justice en Afrique.


III. - L’illégalité de Bolloré dans les Ports africains

En position dominante au Gabon, à Abidjan …, Bolloré croit avoir toutes les cartes pour capter à son seul profit les richesses générées par les ports.

On fait état de ce que le Groupe français s’est assuré une position « anti- économique ». Et selon le Président de la Chambre de Commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, « le Groupe Bolloré étant déjà présent dans l’activité portuaire, se retrouve à gérer le monopole et à dicter des prix. C’est extraordinairement néfaste ». C’est ainsi que le groupe Bolloré a réussi à imposer un monopole infernal à tous les opérateurs des ports où il croit avoir la mainmise.

On cite l’exemple d’Abidjan où auparavant, tous les armateurs choisissaient librement de faire accoster leurs navires soit au Terminal de Vridi soit en dehors du Terminal. Une loyale concurrence qui avait contribué à faire du Port d’Abidjan le premier port ouest africain et le 2ème sub-saharien. Mais depuis quelque temps, le Groupe Bolloré s’est retrouvé seul à s’occuper des questions de manutention, à fixer les tarifs et à percevoir les redevances découlant des prestations liées aux conteneurs. Une situation jugée d’autant plus scandaleuse que Bolloré ne doit sa mainmise sur le Port d’Abidjan qu’à la tricherie éhontée.

En effet, des informations font état de ce que dans le cadre du Port d’Abidjan, en octobre 2003, alors même que la procédure d’appel d’offre poursuivait son cours normal sous l’égide de la Banque Mondiale. Bolloré, comme à son habitude est allé signer de gré à gré une convention pour la gestion et l’exploitation du Terminal à Conteneurs de Vridi. Cette attitude de gré à gré avait été faite, selon les témoignages, en violation flagrante des règles de droit et dénoncée comme telle par le Ministre Patrick Achi, des Infrastructures Economiques exerçant la tutelle du Port Autonome d’Abidjan qui a déclaré nulle la Convention. Parmi les motifs d’invalidité de la convention, il y a le refus du ministère des Transports d’agréer la SETV de Bolloré et ce à deux reprises pour insuffisance de dossier. On indique la SETV exerce ses activités dans l’illégalité.

Comme on le voit, c’est de la même manière le groupe Bolloré procède pour tenter de s’imposer comme le seul gestionnaire des Ports en Afrique. Mais la gifle lui avait été infligée à Dakar où il a perdu la gestion du Terminal de Dakar.






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