San
Finna N°424 du
30 Juillet au 05 Août 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
POINTS
DE VUE
Un
de nos confrères togolais du site www.afriquedéveloppement.info,
nous a envoyé trois articles pour publication,
sur le groupe Bolloré au Gabon et en Afrique en
général. Les voici ci-dessous.
I. - Gabon : Bolloré poursuit sans vergogne
la corruption des magistrats
On ne le dira jamais assez. Le groupe Français
Bolloré est maître dans l’art de corrompre,
et si les dirigeants africains n’y prennent garde,
ils risquent à travers cette sale besogne de recoloniser
leurs peuples pourvu que les objectifs soient atteints.
Du Togo au Cameroun en passant par la Côte d’Ivoire,
Bolloré qui veut être en position de monopole
foule au pied les règles de la justice pour se
voir confier les différents marchés. L’on
se rappelle comment à un moment donné de
l’année 2006, certains responsables de ce
groupe ont été arrêtés à
l’aéroport international Gnassingbé
Eyadema pour avoir versé d’importantes sommes
afin de corrompre des magistrats togolais parce que sachant
le procès en leur défaveur . Aujourd’hui,
c’est la justice Gabonaise qui se laisse aller par
les pratiques mafieuses du groupe Bolloré.
En effet, dans une affaire qui oppose une filiale de son
groupe P.I.P.S.A. à la filiale PIP Sarl au Gabon,
la cour d’appel statuant en dernier ressort vient
de se prononcer en faveur de P.I.P SARL le 22 juin dernier.
Mais, à la grande stupéfaction des responsables
de P.I.P SARL, le 5 juillet, le Président de la
cour d’appel rendait dans le même temps un
arrêt contraire au mépris de toutes les règles
juridiques applicables.
Au total, c’est une somme de 700 millions de francs
de dommages intérêts qui devraient être
alloués à P.I.P sarl par Bolloré
d’autant plus que la procédure initiée
par ce dernier a gravement nui aux intérêts
de P.I.P sarl qui a perdu le bénéfice d’une
concession attribuée pour 25 ans consécutifs.
C’est donc une tentative de mainmise sur les ports
Gabonais par le groupe Bolloré dans le contrôle
de la société Sigeprag (en violation des
dispositions de la concession qui stipulent que : «
sont interdites de soumissionner, les sociétés
exerçant déjà une activité
dans le secteur portuaire au Gabon ») qui est à
la base dudit procès.
C’est dire que durant tout le temps qui a séparé
le jour du verdict de la cour d’appel au 05 juillet,
Bolloré s’est plutôt mis dans des œuvres
en utilisant de gros sous afin de faire annuler la décision
de la justice. Voilà comment Bolloré, qui
se dit un des géants mondiaux, fonctionne. Toutes
ces œuvres malsaines de Bolloré qui constituent
de véritables scandales doivent interpeller l’Afrique
et ses dirigeants à plus de vigilance.
Déjà le Sénégal l’a
compris en refusant catégoriquement la cession
du terminal du Port de Dakar à ce groupe qui n’a
d’autres souci que ses intérêts propres
à lui. Ni les montages orchestrés par Bolloré
ni les pressions de son mentor , le président Sarkozy
de France, sur les autorités Sénégalaises
n’ont ébranlé la détermination
de celles –ci à dire non à Bolloré
et sa pratique mafieuse.
Nous osons croire que tous les dirigeants africains vont
suivre cet exemple afin de mettre hors d’état
de nuire tous ceux qui viendront piller les ressources
des Africains au profit des intérêts égoïstes.
II.
- Affaire Bolloré au Gabon
Bongo doit suivre l’exemple de Wade
Il y a seulement quelques semaines, les autorités
sénégalaises disaient non à une nouvelle
colonisation. Elles refusaient de céder aux pressions
de la France à travers son Président Nicolas
Sarkozy qui prenait fait et cause pour le Groupe Bolloré,
un groupe qui n’a de cesse de piller sans pitié
les maigres ressources portuaires et forestières
des Africains qui depuis les époques coloniales
et ce jusqu’à ce jour, cherchent une porte
de sortie pour leurs économies. Dans cette affaire,
les autorités sénégalaises n’ont
pas mâché leurs mots suite à la pression
qui pesait sur leurs épaules et qui voudrait que
le contrôle du Terminal à conteneurs du Port
de Dakar soit remis à Bolloré plutôt
qu’à la société Dubaï
World Ports dont les conclusions de la convention de concession
étaient plus favorables que celles proposées
par Bolloré.
Le Sénégal -à l’instar du Togo-
a compris qu’il était plutôt un pays
indépendant et n’avait pas de leçon
à recevoir de qui que ce soit.
Les Africains en ont assez de ce néocolonialisme
qui consiste à toujours se laisser piétiner
par ceux qui, hier faisaient d’eux, des moins que
rien en les enrôlant dans des champs de plantation
dans leur pays.
Ce qui se passe au Gabon de nous jours avec la justice
qui se laisse manipuler par Bolloré n’honore
ni ce pays encore moins toute l’Afrique entière.
En effet, il est inconcevable qu’après avoir
rendu le verdict en faveur de la société
PIP Sarl, la justice revienne à la charge le 5
juillet dernier pour remettre tout en cause ceci pour
avoir sûrement perçu des pots de vins auprès
des responsables de Bolloré. La façon dont
les choses se sont passées dans cette affaire donne
l’impression qu’il a y a eu un laisser-aller
des autorités gabonaises en matière de justice.
En effet alors que la cour d’appel donnait raison
le 22-06-2007 à P.I.P. Sarl, le 1er Président
de cette cour, le 5 Juillet, donnait raison à Bolloré
dans un second arrêt totalement illégal car
statuant à nouveau à un même degré
de juridiction .
Tout le monde sait que le groupe Bolloré depuis
qu’il exerce ses activités dans nombre de
pays africains n’a cherché que son intérêt
personnel, et sur ce, il est prêt à user
de tous les moyens pour atteindre cet objectif. C’est
le cas actuellement au Gabon où les magistrats
ont été corrompus.
Le Président Omar Bongo qui est le premier magistrat
du pays, doit agir le plus rapidement possible car, il
y va de l’intérêt du Gabon et partant
de la justice en Afrique.
III. - L’illégalité de Bolloré
dans les Ports africains
En position dominante au Gabon, à Abidjan …,
Bolloré croit avoir toutes les cartes pour capter
à son seul profit les richesses générées
par les ports.
On fait état de ce que le Groupe français
s’est assuré une position « anti- économique
». Et selon le Président de la Chambre de
Commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire,
« le Groupe Bolloré étant déjà
présent dans l’activité portuaire,
se retrouve à gérer le monopole et à
dicter des prix. C’est extraordinairement néfaste
». C’est ainsi que le groupe Bolloré
a réussi à imposer un monopole infernal
à tous les opérateurs des ports où
il croit avoir la mainmise.
On cite l’exemple d’Abidjan où auparavant,
tous les armateurs choisissaient librement de faire accoster
leurs navires soit au Terminal de Vridi soit en dehors
du Terminal. Une loyale concurrence qui avait contribué
à faire du Port d’Abidjan le premier port
ouest africain et le 2ème sub-saharien. Mais depuis
quelque temps, le Groupe Bolloré s’est retrouvé
seul à s’occuper des questions de manutention,
à fixer les tarifs et à percevoir les redevances
découlant des prestations liées aux conteneurs.
Une situation jugée d’autant plus scandaleuse
que Bolloré ne doit sa mainmise sur le Port d’Abidjan
qu’à la tricherie éhontée.
En effet, des informations font état de ce que
dans le cadre du Port d’Abidjan, en octobre 2003,
alors même que la procédure d’appel
d’offre poursuivait son cours normal sous l’égide
de la Banque Mondiale. Bolloré, comme à
son habitude est allé signer de gré à
gré une convention pour la gestion et l’exploitation
du Terminal à Conteneurs de Vridi. Cette attitude
de gré à gré avait été
faite, selon les témoignages, en violation flagrante
des règles de droit et dénoncée comme
telle par le Ministre Patrick Achi, des Infrastructures
Economiques exerçant la tutelle du Port Autonome
d’Abidjan qui a déclaré nulle la Convention.
Parmi les motifs d’invalidité de la convention,
il y a le refus du ministère des Transports d’agréer
la SETV de Bolloré et ce à deux reprises
pour insuffisance de dossier. On indique la SETV exerce
ses activités dans l’illégalité.
Comme on le voit, c’est de la même manière
le groupe Bolloré procède pour tenter de
s’imposer comme le seul gestionnaire des Ports en
Afrique. Mais la gifle lui avait été infligée
à Dakar où il a perdu la gestion du Terminal
de Dakar.