Mise à jour le 06/08/2007
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San Finna N°425 du 06 au 12 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

CLEARSTREAM : DE VILLEPIN MIS EN EXAMEN


De retour de vacances à Tahiti, Dominique de Villepin a été mis en examen le 27 juillet dernier par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons pour « complicité de dénonciation calomnieuse », « complicité d’usage de faux », « recel de vol » et « recel d’abus de confiance » dans l’affaire des faux-listing Clearstream.


Ils ont placé l’ancien Premier ministre sous contrôle judiciaire, avec en prime, l’interdiction de rencontrer les principaux protagonistes de l’affaire Clearstream (dont l’ancien président Jacques Chirac) et le paiement d’une caution de 200.000 euros au titre d’éventuelles amendes et indemnisations des parties civiles du dossier. Dominique de Villepin a fait appel de cette décision et a refusé lors de son audition, de répondre aux juges sur le fond de l’affaire, tant qu’il n’avait pas pu consulter le dossier dans son intégralité. Un dossier de 26 tomes selon l’un de ses avocats.

Clamant depuis le début de l’affaire qu’il a agi dans le cadre de ses fonctions, Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères à l’époque des faits, pourrait contester lors de sa prochaine convocation en septembre, la compétence des juges d’Huy et Pons et demander à être jugé par la cour de justice de la République, réputée sur le territoire pour sa lenteur. Il appartiendrait alors à Laurent le Mesle, le procureur général de Paris placé en orbite par Jacques Chirac avant son départ de l’Elysée, d’accepter ou rejeter la requête de Dominique de Villepin.

L’ancien Premier ministre est soupçonné d’avoir participé à la manipulation des faux listings Clearstream pour tenter de discréditer Nicolas Sarkozy, alors en course à l’élection présidentielle. Des listings, sur lesquels apparaissaient des prétendus comptes bancaires détenus à l’étranger, alimentés par des personnalités du monde industriel et politique -dont Nicolas Sarkozy- censées avoir perçu des rétro commissions dans la vente de frégates à Taiwan. Pour étayer leurs hypothèses, les juges s’appuient sur des notes retrouvées sur le disque dur de l’ordinateur du général Rondot, chargé en janvier 2004 par Dominique de Villepin, de mener une enquête sur ces listings que Jean-Louis Gergorin, alors vice-président d’EADS, venait de lui remettre.

Entendu le 19 juillet dernier, Jean-Louis Gergorin a dit aux juges que le 1er janvier 2004, Dominique de Villepin avait demandé une note de synthèse sur l’affaire Clearstream à destination de Jacques Chirac. Gergorin a également déclaré que c’est à la demande de l’ancien ministre, sur « instruction du président de la République » qu’il a transmis au juge en charge de l’affaire des ventes de frégates à Taiwan, Renaud Van Ruymbeke, les fichiers de l’affaire Clearstream. Quant à l’informaticien Imad Lahoud, il a démenti avoir falsifié les fichiers Clearstream remis au ministre des Affaires étrangères de l’époque.

Après Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, c’est donc au tour de Dominique de Villepin d’être mis en examen. En attendant, l’éventuelle convocation de Jacques Chirac. C’est en tout cas ce que laisse présager l’interdiction faite à Dominique de Villepin, de rencontrer l’ancien président de la République.

VT

BILLET
AFFAIRE NIGER/AREVA
QUI A DIT QUE LA FRANCE NE GAGNE RIEN EN AFRIQUE ?

Les médias internationaux n’arrêtent pas de vouloir nous convaincre que dans le conflit autorités nigériennes/AREVA, tout est bien qui finit bien. Le Niger, à la faveur de la hausse du prix de l’uranium, a trouvé avec l’affaire des rebelles et de l’utilisation des véhicules de la grande société par ces derniers, l’occasion pour obtenir la relecture des termes des contrats qui le lient à AREVA.

En somme, on voudrait nous dire qu’après tout, c’est de bonne guerre. Il n’y a pas que les puissances qui maîtrisent ce genre de jeux. La France fera contre mauvaise fortune, bon cœur en se disant « A charge de revanche ». C’est ça aussi, les affaires !

Mais c’est là une façon de voir, surtout que les Nigériens eux-mêmes n’ont pas encore vraiment parlé. On peut donc tenir, jusqu’à preuve du contraire, pour fondées les accusations par rapport au soutien accordé par AREVA aux rebelles. Et il en existe qui pensent qu’avec l’activisme ascendant de la France dans le nucléaire civil, les contrats conclus par ci par là avec la Libye, la Chine.., il se pourrait qu’elle cherche à sécuriser son approvisionnement en uranium. Soutenir une petite rébellion n’apparaîtrait pas alors comme improbable, surtout que des précédents, il en existe !

En tout cas, ce que l’on constate, et qui là n’est pas suffisamment répercuté par les médias, c’est que les rebelles ont plutôt mis un bémol à leurs « exploits » et que, sur les radios internationales, on leur a « coupé le sifflet ». Si avec cela, le Niger s’en sort avec une augmentation de prix substantielle de son uranium, c’est tout « bénèf » pour lui.

Voilà au fond qui dément cette espèce de fausse condescendance (à la limite du mépris) que l’on a pour les Etats africains en voulant faire croire que c’est eux qui profitent de la France et non le contraire. Tout est peut-être bien qui finit bien. En France, on s’est remué au plus haut sommet de l’Etat. En attestent les réactions modérées et conciliantes de Nicolas Sarkozy sur la question, l’envoi toutes affaires cessantes, d’un émissaire en la personne de Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat, auprès des autorités nigériennes.

Le Niger a prouvé qu’il valait quelque chose mais pour autant, qu’il ne s’endorme pas sur ses lauriers : tant que la tête du serpent est toujours là, il peut vous faire passer de vie à trépas.

CY






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