La
loi d’orientation de l’éducation
a été votée à l’Assemblée
nationale par 95 voix contre 12 abstentions et aucune
voix contre, le 30 juillet 2007. Dès le lendemain,
Odile Bonkoungou, ministre de l’enseignement
de base et de l’Alphabétisation (MEBA),
et le Professeur Joseph Paré, ministre des
Enseignements secondaire, supérieur et de la
Recherche scientifique (MESSR) donnaient une conférence
de presse pour expliquer les contours de cette nouvelle
loi.
Comme
nous le relations dans une de nos précédentes
éditions, les principaux axes de la loi tournent
autour de l’âge de la scolarité,
qui est ramené de 7 à 6 ans, du principe
de progressivité pour arriver à la gratuité
de l’enseignement de base pour tous les enfants
de 6 à 16 ans, de l’introduction de langues
nationales dans le système éducatif
et de la révision des programmes scolaires.
Qu’avons-nous donc appris à l’occasion
de cette conférence de presse ?
Il
faut dire d’abord qu’en écoutant
les commentaires largement médiatisés
sur la nouvelle loi, on a le sentiment que le primaire
public était payant et que les autorités
se sont décarcassées pour le rendre
gratuit, ce qui n’est pas le cas puisque l’école
primaire a toujours été gratuite. Les
plaintes des parents étaient surtout liées
aux difficultés pour l’achat des fournitures
et des livres. Si depuis 1996 notamment, l’Etat
fait des efforts pour que les livres soient fournis
gratuitement, on sait, dans les faits, que chaque
enfant n’en disposait pas forcément ou
en disposait quelquefois même qu’ en fin
d’année scolaire ! Il semble donc qu’aujourd’hui,
les réelles avancées se mesurent au
niveau des fournitures et des livres qui seront dorénavant
donnés pour chaque enfant, et à temps.
Les manuels scolaires seront également fournis
gratuitement dans le primaire privé.
Pour
ce qui est des frais de scolarité dans les
établissements publics de la 6ème à
la 3ème, Madame Bonkoungou a fait savoir (bonne
nouvelle) que dès cette année, ils seront
réduits de 50 % pour les élèves
de la 6ème à la 3ème. D’après
ce qu’on a pu apprendre (en dehors des frais
d’inscription dont on parle et dont nous n’avons
pu avoir le montant) les frais de scolarité
dans le public, de la 6ème à la 3ème,
sont de 30 000 FCFA.
Nous avons appris par ailleurs, lors de cette conférence
de presse, que cette gratuité de l’enseignement
sera une mesure progressive et testée pour
45 provinces (soit 1 département par province).
Les
journalistes demanderont par ailleurs comment les
établissements publics fonctionneront s’il
y a 50 % de réduction des frais de scolarité
? N’y aura-t-il pas un manque à gagner
pour eux ? Le ministre a fait savoir qu’il y
aura des mesures d’accompagnement telles que,
par exemple, une dotation en frais de fonctionnement.
Mais il n’en dira pas plus.
Pour
ce qui est de la cotisation des parents d’élèves,
qui est l’un des points noirs pour les parents
car étant lourde et qui plus est souvent détournée,
les ministres ont fait savoir que cette mesure (qui
est une coutume au Faso) sera maintenue mais que le
fait de ne pas être à jour des cotisations
ne pourra plus constituer un motif d’exclusion
de l’enfant ou de refus de délivrance
de ses résultats.