Mise à jour le 06/08/2007
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San Finna N°425 du 06 au 12 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

LES « AMIS DE LAURENT GBAGBO » AU BURKINA FASO (ALG/BF)
PREMIERE CONFERENCE DE PRESSE

L’annonce que les « Amis de Laurent Gbagbo » avaient décidé de s’organiser au Burkina Faso pour défendre le président ivoirien et ses idéaux, a surpris plus d’un. Depuis les évènements de septembre 2002 et toutes les péripéties qui ont marqué la crise en Côte d’Ivoire, il n’était pas de bon ton de se réclamer d’une quelconque amitié avec le président ivoirien. Au minimum, on s’en sortait avec l’anathème d’apatride et des lynchages médiatiques à la clef ! Mais il faut croire que la bienfaisante brise née du dialogue direct consacré par l’Accord de Ouagadougou, a des effets bénéfiques au-delà de la Côte d’Ivoire.

Invités à couvrir une conférence de presse le 2 Août dernier à Ouagadougou, les journalistes se sont déplacés en grand nombre. Ils étaient près d’une dizaine à commencer par la TNB, la RNB, les trois quotidiens nationaux.. Et les questions n’ont pas manqué.

Pourquoi la création d’un tel club ? Les ALG ont-ils des relations avec les Patriotes ivoiriens ? Ne sont-ils pas commandités ou parrainés ? Une invitation du Président Gbagbo aux ALG ne serait-elle pas la bienvenue ? Quelles sont les activités à venir ? N’y a-t-il pas d’amalgame à défendre les idées de Laurent Gbagbo et à soutenir l’Accord de Ouagadougou ? Les ALG ne sont-ils pas des fossoyeurs de la paix ?

En quoi Laurent Gbagbo serait-il un panafricaniste ? …

Ce fut un intense moment de communication, d’échanges, ponctué d’encouragements et de piques.

Pas du tout démontés, les conférenciers ont répondu à ces différentes questions, précisant tout d’abord qu’ils sont un club en voie de constitution légale. C’est vrai qu’il existe beaucoup d’associations mercantiles, opportunistes et impulsées par le sommet mais « ce serait une insulte à notre intelligence » que de nous considérer comme une association fantoche. « Acceptez que des jeunes comme nous et d’autres, puissent par conviction et par amour pour les idées d’un homme, créer une structure autonome et désintéressée ». Pour les ALG, il faut considérer leur mouvement de façon prospective et dynamique. Ils admirent certes le président Gbagbo mais ils sont surtout attachés à ses idées et à leur pérennisation. L’homme peut passer et ses idées demeurer comme c’est le cas pour Kwame N’NKrumah, Cheick Anta Diop, etc…

Si le président ivoirien leur faisait l’honneur de vouloir les rencontrer, ils en seraient honorés : « cela ne ferait qu’enrichir notre connaissance de l’homme et nous permettre de mieux nous outiller pour animer le club de ses amis ». Mais les ALG précisent que pour le moment, ils n’ont eu de contact ni avec les patriotes ivoiriens qu’ils admirent au demeurant pour la lutte exemplaire qu’ils mènent pour la défense de la patrie et de la dignité africaine, mais que rien à ce sujet n’est exclu.

Pour le moment, ils veulent faire leurs preuves à la base en créant des représentations régionales au Burkina Faso et en suscitant des créations d’autres ALG dans la sous région. Après quoi, ils envisageront de se doter si possible d’une coordination internationale. Ils auraient effectivement dans leur programme, une sortie dans l’immédiat, au Niger et au Mali.

Quant à les considérer comme des fossoyeurs de la paix parce que la hache de la guerre a été enterrée depuis le 30 juillet dernier, ils se montrent interloqués. Ils pensent au contraire que leur naissance va en droite ligne de cet Accord qu’il faut consolider, et ils trouvent que si le président burkinabé a été érigé au rang de chef Bété et quoi encore, et que les ABC sont installés en Côte d’Ivoire, il serait incroyable que le peuple burkinabé, contrairement au peuple ivoirien, soit incapable d’autant de tolérance et de pardon.

Quant au panafricanisme de Laurent Gbagbo, ils l’identifient à sa lutte contre la mise sous tutelle de son pays et de l’Afrique, par l’exhortation des Africains à s’inscrire par eux-mêmes et pour eux-mêmes dans la renaissance africaine. Et ils considèrent que son engagement, au péril de sa vie, pour refonder les relations de l’Afrique avec la France, constitue une preuve de son souci d’une unité de l’Afrique réellement bâtie sur la réappropriation de ses richesses et de sa dignité.

Cette sortie, qui a été très animée, n’a pas été une occasion pour les journalistes de croquer les Amis de Laurent Gbagbo. Ils préciseront que si quelquefois, leurs questions ont été un peu musclées, c’était pour aller au fond de leur initiative et pour voir s’ils avaient en quelque sorte, les tripes. Les conférenciers ont répondu qu’ils étaient satisfaits qu’ils se soient déplacés en grand nombre et ont donné rendez-vous sur le terrain.

TN





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