LES
« AMIS DE LAURENT GBAGBO » AU BURKINA FASO
(ALG/BF)
PREMIERE CONFERENCE DE PRESSE
L’annonce
que les « Amis de Laurent Gbagbo » avaient
décidé de s’organiser au Burkina
Faso pour défendre le président ivoirien
et ses idéaux, a surpris plus d’un. Depuis
les évènements de septembre 2002 et toutes
les péripéties qui ont marqué la
crise en Côte d’Ivoire, il n’était
pas de bon ton de se réclamer d’une quelconque
amitié avec le président ivoirien. Au
minimum, on s’en sortait avec l’anathème
d’apatride et des lynchages médiatiques
à la clef ! Mais il faut croire que la bienfaisante
brise née du dialogue direct consacré
par l’Accord de Ouagadougou, a des effets bénéfiques
au-delà de la Côte d’Ivoire.
Invités à couvrir une conférence
de presse le 2 Août dernier à Ouagadougou,
les journalistes se sont déplacés en grand
nombre. Ils étaient près d’une dizaine
à commencer par la TNB, la RNB, les trois quotidiens
nationaux.. Et les questions n’ont pas manqué.
Pourquoi
la création d’un tel club ? Les ALG ont-ils
des relations avec les Patriotes ivoiriens ? Ne sont-ils
pas commandités ou parrainés ? Une invitation
du Président Gbagbo aux ALG ne serait-elle pas
la bienvenue ? Quelles sont les activités à
venir ? N’y a-t-il pas d’amalgame à
défendre les idées de Laurent Gbagbo et
à soutenir l’Accord de Ouagadougou ? Les
ALG ne sont-ils pas des fossoyeurs de la paix ?
En quoi Laurent Gbagbo serait-il un panafricaniste
? …
Ce
fut un intense moment de communication, d’échanges,
ponctué d’encouragements et de piques.
Pas du tout démontés, les conférenciers
ont répondu à ces différentes questions,
précisant tout d’abord qu’ils sont
un club en voie de constitution légale. C’est
vrai qu’il existe beaucoup d’associations
mercantiles, opportunistes et impulsées par le
sommet mais « ce serait une insulte à notre
intelligence » que de nous considérer comme
une association fantoche. « Acceptez que des jeunes
comme nous et d’autres, puissent par conviction
et par amour pour les idées d’un homme,
créer une structure autonome et désintéressée
». Pour les ALG, il faut considérer leur
mouvement de façon prospective et dynamique.
Ils admirent certes le président Gbagbo mais
ils sont surtout attachés à ses idées
et à leur pérennisation. L’homme
peut passer et ses idées demeurer comme c’est
le cas pour Kwame N’NKrumah, Cheick Anta Diop,
etc…
Si le président ivoirien leur faisait l’honneur
de vouloir les rencontrer, ils en seraient honorés
: « cela ne ferait qu’enrichir notre connaissance
de l’homme et nous permettre de mieux nous outiller
pour animer le club de ses amis ». Mais les ALG
précisent que pour le moment, ils n’ont
eu de contact ni avec les patriotes ivoiriens qu’ils
admirent au demeurant pour la lutte exemplaire qu’ils
mènent pour la défense de la patrie et
de la dignité africaine, mais que rien à
ce sujet n’est exclu.
Pour le moment, ils veulent faire leurs preuves à
la base en créant des représentations
régionales au Burkina Faso et en suscitant des
créations d’autres ALG dans la sous région.
Après quoi, ils envisageront de se doter si possible
d’une coordination internationale. Ils auraient
effectivement dans leur programme, une sortie dans l’immédiat,
au Niger et au Mali.
Quant à les considérer comme des fossoyeurs
de la paix parce que la hache de la guerre a été
enterrée depuis le 30 juillet dernier, ils se
montrent interloqués. Ils pensent au contraire
que leur naissance va en droite ligne de cet Accord
qu’il faut consolider, et ils trouvent que si
le président burkinabé a été
érigé au rang de chef Bété
et quoi encore, et que les ABC sont installés
en Côte d’Ivoire, il serait incroyable que
le peuple burkinabé, contrairement au peuple
ivoirien, soit incapable d’autant de tolérance
et de pardon.
Quant au panafricanisme de Laurent Gbagbo, ils l’identifient
à sa lutte contre la mise sous tutelle de son
pays et de l’Afrique, par l’exhortation
des Africains à s’inscrire par eux-mêmes
et pour eux-mêmes dans la renaissance africaine.
Et ils considèrent que son engagement, au péril
de sa vie, pour refonder les relations de l’Afrique
avec la France, constitue une preuve de son souci d’une
unité de l’Afrique réellement bâtie
sur la réappropriation de ses richesses et de
sa dignité.
Cette
sortie, qui a été très animée,
n’a pas été une occasion pour les
journalistes de croquer les Amis de Laurent Gbagbo.
Ils préciseront que si quelquefois, leurs questions
ont été un peu musclées, c’était
pour aller au fond de leur initiative et pour voir s’ils
avaient en quelque sorte, les tripes. Les conférenciers
ont répondu qu’ils étaient satisfaits
qu’ils se soient déplacés en grand
nombre et ont donné rendez-vous sur le terrain.
TN