Mise à jour le 06/08/2007
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San Finna N°425 du 06 au 12 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

L’ORGANISATION DES CONCOURS DE MISS DOIT-ELLE RESTER ENTRE LES MAINS DE PRIVES OU ETRE REMISE A L’ETAT ?

Les concours de Miss constituent une de ces activités qui restent très prisées à travers le monde, gagnant même par endroits en ferveur d’année en année. Mais comme toute activité populaire appréciée, ces concours de Miss ne sont pas à l’abri de luttes d’influence, de contestations multiples. En ce qui les concerne, l’opinion tend à être partagée entre ceux qui veulent qu’ils restent toujours sous des contrôles privés et ceux qui souhaitent que l’Etat en soit déclaré l’organisateur en chef. Deux sons de cloche.

LES CONCOURS DE MISS, POUR DES CONSIDERATIONS ETHIQUES ET ORGANISATIONNELLES, DOIVENT REVENIR A L’ ETAT

Les concours de Miss ne se déroulent pas partout dans le monde sans problèmes. S’ils ne sont pas marqués par des fraudes, par des détournements, ce sont les combines qui amènent au choix des Miss et de leurs dauphines. En Afrique, où l’engouement n’a jamais été aussi fort, les critiques de ce point de vue sont très vives. Au Burkina Faso, Mr David Demaison Nébié, pour dire vrai, n’a pas tort de poser le débat au grand jour comme il l’a fait dans l’Observateur Paalga, récemment. Non seulement le secteur est devenu la proie de personnes souvent indélicates mais on constate des ratés inadmissibles dans l’organisation et surtout une perte croissante en qualité et en valeur éthique. Beaucoup considèrent que ce secteur tend à devenir un vivier à usage à la limite proxénète, à destination des « grotos » (NDLR : gens fortunés) et des hôtes de marque. Loin d’aiguiser l’excellence au niveau des concurrentes, ces concours au demeurant ont fini par offrir des compétitrices au niveau intellectuel douteux et aux qualités physiques contestables. La dernière édition du concours Miss Burkina 2007, de ce point de vue, n’est pas apparue comme le meilleur crû ainsi qu’en attestent les critiques venant de plusieurs horizons. Comme la tendance à la décadence s’est esquissée depuis quelque temps et qu’elle risque de connaître plus de dérapages avec la multiplication des concours de Miss, qu’on n’arrête plus, il serait plus sage d’y mettre bon ordre pendant qu’il est encore temps. Et la meilleure façon, c’est d’en confier l’organisation au Ministère de la culture, du tourisme et de la communication. Il n’y a rien d’incompatible ou de choquant à cela. Les concours pourraient valablement être sous la tutelle de ce ministère, comme le sont bien d’ activités culturelles et sportives. Les contrôles administratifs joints à ceux venant du Parlement et de la société civile, se conjugueront pour mieux protéger le secteur. Au moins, la sélection sera beaucoup plus sérieuse et plus neutre et les filles ne seront plus utilisée comme elles le sont actuellement et le plus souvent, à peu de frais. Il y a enfin que l’organisation de concours de Miss, surtout de la Miss nationale, n’est pas une mince affaire ; ça nécessite de plus en plus d’argent et là, l’Etat pourra manifestement bien mieux réussir que ces privés qui tirent le diable par la queue, qui importunent les sponsors privés à n’en plus finir, et qui n’arrivent même pas à donner les cadeaux promis aux Miss.


TOMI.

LES CONCOURS DE MISS SONT NES D’ INITIATIVES PRIVEES ET ILS DOIVENT ABSOLUMENT RESTER DANS CE CADRE


L’expérience a montré partout que l’interventionnisme étatique n’est jamais bon pour une gouvernance optimale des Etats. Ce qui explique le processus de désengagement dans lequel beaucoup d’Etats sont en butte même lorsqu’ils ont été structurés sur des bases marxistes-léninistes. Un domaine comme les concours de Miss, par définition, est insusceptible de tomber dans le giron du public. Ce n’est pas pour rien du reste que, dans la plupart des cas, on trouve toujours à l’origine de ces concours, une initiative privée. Si l’on prend l’exemple des USA, de l’Angleterre, de la France.. , ce ne sont pas les Etats qui maîtrisent le secteur. S’agissant notamment de la France, c’est la bien connue Mme de Fontenay qui a poursuivi le concours en lui donnant tout son éclat actuel, et jamais on ne parle d’elle en mal. Elle est plutôt devenue une icône mondiale. C’est vrai que les critiques ne manquent pas ici et là, sur l’organisation des concours de Miss. Au Gabon par exemple, bien que le comité d’organisation se soit arrangé pour plus ou moins impliquer la première Dame et le ministère de la Culture, des arts et de l’éducation populaire dans l’organisation, on ne craint pas de rapporter que ce «concours Miss Gabon ressemble plus à un proxénétisme d’Etat qu’à un concours culturel ». Au Burkina Faso, c’est la même chose, et dernièrement, l’Observateur Paalga s’est fait l’écho de ces critiques à la suite de l’écrit de Mr David Demaison Nébié, qui estime que l’organisation de Miss Burkina doit revenir à l’Etat et en conséquence, ne doit plus être laissée entre les mains de Mr Mustapha Thiombiano. Dieu nous garde de le suivre dans ses suggestions. Non seulement, Mustapha Thiombiano, qui joue chez nous le rôle de Mme de Fontenay, est à féliciter pour ce qu’il fait dans des conditions très dures mais on ne voit pas comment l’Etat pourrait mieux officier dans ce domaine que lui. On a déjà l’exemple de la Guinée où le président ayant épousé la Miss nationale de l’époque, en a quasiment gelé les activités pour ne pas, dit-on, que d’autres puissent se réclamer plus belles que son épouse. Si ces concours étaient nationalisés, cela limiterait les possibilités d’emplois et d’émulation nécessaire en ce domaine, et de surcroît, rien ne garantirait que la gestion serait plus transparente et plus efficace. Alors, il faut que les choses soient claires : non seulement, il faut éviter de panacher l’organisation des concours en y faisant jouer de la figuration aux premières dames et aux ministres de la culture mais il faut tenir l’Etat en dehors de ces activités. Mustapha Thiombiano et d’autres organisateurs peuvent très bien, avec des seuls sponsors privés, réussir en rectifiant les petites erreurs de parcours !


TOZI.

Citation de la semaine

«Quand je lis la somme que certains dépensent pour arriver en outre méditerranée, je deviens jaloux. Celui qui peut économiser des milliers d’euro pourrait bien se faire une vie en Afrique. Les vrais misérables passent des années à vendre des arachides à Dori seulement pour se payer un ticket de bus pour aller à Ouaga un jour.. Alors, ceux qui risquent leurs vies dans les bateaux sur la mer sont les derniers avec lesquels j’aurais pitié »

Un anonyme (lu sur le site www.lefaso.net)






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