LA
« FLAMME DE LA PAIX » A BOUAKE
MME THERESE HOUPHOUËT BOIGNY
A HONORE LA CEREMONIE DE SA PRESENCE
La cérémonie
du bûcher, qui a vu plusieurs centaines d’armes
brûlées par les deux chefs d’Etat-major
des forces loyalistes et des ex-rebelles pour dire
que la guerre est finie,e s’est déroulé
à Bouaké le 30 juillet dernier. Ce
ne sont pas les critiques qui manqueront aux esprits
chagrins. Ils pourront toujours regretter que, pour
un évènement aussi consensuel, qui
a réuni notamment ceux qui à un titre
ou à un autre sont intervenus dans le règlement
de la crise, n’aient pas été
représentés à un meilleur niveau
: les Nations Unies, la France.. Ils pourront aussi,
et d’ailleurs ils ne s’en privent pas,
relever négativement l’absence du président
Mamadou Koulibaly, de la première dame de
Côte d’Ivoire.. Enfin, la brièveté
de la manifestation de même que du séjour
du premier Ivoirien constitueront leur référence
pour conseiller de refreiner l’enthousiasme
par rapport à l’évènement.
Ceci étant, Bouaké, de l’avis
de la très grande majorité de l’opinion
nationale et internationale, a été
un grand défi relevé avec panache.
La présence de l’ancienne première
Dame, Thérèse Houphouët Boigny,
aussi modeste soit-elle, aura aussi contribué
à donner plus que de l’éclat
à l’adhésion consensuelle à
cette manifestation pleine de symboles.
Pas plus que Mme Houphouët Boigny n’exige
un protocole particulier quand elle arrive en terre
éburnéenne, elle n’en a revendiqué
pour prêter sa personne à la cérémonie
de Bouaké. Elle est venue, à la limite,
comme un quidam, et cela n’en a que rehaussé
davantage sa présence.
Ainsi, plusieurs médias l’ont-ils relevé
avec des appréciations élogieuses.
« Le Temps », pour sa part, écrira
: « Elle n`a pas attendu une invitation particulière
pour se rendre à Bouaké. Elle n`a
pas non plus exigé un traitement spécial.
Elle s`est juste contentée de la place qui
est la sienne, dans les tribunes du stade municipal
de Bouaké, pour apporter son soutien aux
acteurs de l’accord de Ouagadougou ».
Le journal, qui y voyait un fort symbole, a même
regretté ceci : « A défaut d`être
physiquement au stade hier, le Président
Henri Konan Bédié et le Premier ministre
Alassane Dramane Ouattara auraient pu permettre
à leurs épouses respectives de les
y représenter, aux côtés de
leur sœur ».
Il faut dire que Thérèse Houphouët
Boigny a toujours eu, par rapport à la crise
qui a frappé son pays, une position plutôt
éloignée de ceux qui, avec la bénédiction
de parrains nationaux ou internationaux, avaient
décidé de mettre le pays à
feu et à sang pour régler leurs différends
et assouvir leurs ambitions.
C’est ainsi du reste que les choses ont été
interprétées lorsqu’elle a été
reçue par le président Laurent Gbagbo
en septembre 2006 et qu’elle a visité
avec lui les chantiers de la Cité administrative
bâtie par son époux, feu Félix
Houphouët Boigny. La presse s’en était
largement fait l’écho. Le Patriote
du 1 er septembre 2006 soulignait que : «
L'ex-première dame, dès son arrivée
à Abidjan, a été reçue
par Laurent Gbagbo qu'elle a félicité
pour, selon elle, la poursuite de l'oeuvre de son
époux ». Le site de la Présidence,
pour sa part, reprenait les propos laudateurs de
l’épouse du père de la nation
: « Vous faites honneur à la Côte
d’Ivoire ».
Compte tenu de sa position, certains avaient vite
fait de relever que son défunt mari aurait
peut-être eu la même réaction
par rapport aux cassures imposées à
la Côte d’Ivoire.
En tout état de cause, voilà dans
une fête solennelle toute faite de symboles,
un autre symbole qui devrait beaucoup plus «
booster » le processus de réconciliation
et permettre aux Ivoiriens de se réapproprier
entièrement leur pays.
CY