Mise à jour le 12/08/2007
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San Finna N°426 du 13 au 19 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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AFFAIRES « NANTOU »
L’OBLIGATION DE REPONSE ET DE PARTAGE

Lorsqu’on nous a demandé de nous rendre à Réo pour nous imprégner d’une affaire qui faisait grand bruit, nous étions loin de nous douter de l’envergure qu’elle aurait. Depuis cette visite, elle a pris des proportions telles qu’elle devient quasiment une affaire nationale.

Au fond, il n’y a rien d’étonnant à cela. Avec l’intérêt que représente la mine (régional, national et même international), avec la personnalité des intervenants mis en cause (comme Mme Rosalie Bassolet, présidente de l’Association des parents enfants encéphalopathes du Burkina Faso et épouse du ministre des Affaires étrangères), avec l’appel en cause par les plaignants d’hommes influents (comme Evariste Bassolet, bien connu au-dedans comme au dehors du pays), l’affaire ne pouvait pas rester une simple affaire de patelin, tout juste bonne à faire les joies et les délices de cancaniers.

Et voilà justement que le quotidien Le Pays en parle dans son édition du 10 août dernier en relevant les espoirs que suscite pour certains Nantou Mining mais aussi la réprobation qu’elle provoque pour d’autres : «.. à travers un écrit parvenu à notre rédaction, il est fait cas de la création illégale d’une agence immobilière ainsi que d’une société de gardiennage par cette fondation ».

Allant plus loin, l’Evènement du 10 août 2007, y revient à travers un titre choc : « Le zinc de Madame Bassolet menace la cohésion du Sanguié», et pour ainsi dire, interpelle au-delà de ses lecteurs, l’Etat lui-même. En effet, notre confrère rapporte d’abord qu’ il y a beaucoup de questionnements sur la façon dont on y recrute (« ‘si tu n’es pas membre du CDP, on ne te recrute pas’, s’indigne un jeune de Réo »), sur le népotisme ambiant, citant en exemple le propre frère de Mme Bassolet, Gustave Baya Bado, qui est le trésorier de la fondation. Le bimensuel révèle par ailleurs les ratés constatés dans le dédommagement des populations déguerpies, les incompréhensions sur le pourcentage devant revenir à la région (il ne s’agirait pas de 10 % mais de 1 % !). Au total, L’Evènement fait ressortir une généralité, au-delà de la mine de Perkoa, celle de la problématique des mines au Faso : «Les revenus reviennent presque entièrement à l’exploitant et à l’Etat. En dehors des taxes superficiaires, des dispositions vagues demandant à l’exploitant de contribuer au développement socio économique de la collectivité, les régions minières ne tirent pas grand-chose de leurs ressources ».
La morale de tout cela pourrait résider dans deux préoccupations. Il serait tout d’abord grand temps, pour ne pas qu’on finisse par dire que « qui ne dit mot, consent », que « Nantou Fondation » fasse connaître sa version des choses. Pareillement pour « Nantou Mining ». Ayant eu promesse d’une réaction prochaine de l’exploitant, nous ne désespérons pas d’en avoir une de Mme Rosalie Bassolet, qui (nous le rappelons) nous avait assuré qu’elle nous contacterait. Mais quelle que soit la voie choisie pour éclairer les Réolais et les Burkinabé en général, l’important c’est qu’effectivement toute la lumière soit faite sur ce différend et que la désharmonie en marche au Sanguié, soit résorbée.

Ensuite, il faudra saisir l’opportunité qu’offre ce dossier pour mettre sur le tapis la question primordiale du partage des ressources naturelles entre ce triptyque de base que constituent l’Etat, l’exploitant et la collectivité territoriale du lieu d’exploitation. Cette question est à l’ordre du jour dans bien de pays à la faveur de la prise de conscience du droit des collectivités territoriales et des minorités comme nouveaux droits à préserver.

S. Koné






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