Mise à jour le 12/08/2007
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San Finna N°426 du 13 au 19 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
UNE RECUPERATION POLITIQUE EN REGLE
AU PAYS DES HOMMES INTEGRES

Il n’y a qu’au Burkina Faso qu’on peut voir ça, est-on tenté de dire ! La journée internationale de la jeunesse, à l’instar de celle de la femme et de bien d’autres, est une occasion au pays des hommes intègres, de remerciements, de réjouissances et d’anesthésie populaire. Tout cela participe au fond de cette philosophie éprouvée depuis la Rome antique et dans laquelle sont passés maîtres, Néron et bien d’autres dictateurs pour endormir les peuples avec des jeux et du pain.

La leçon a été si bien comprise en Afrique et particulièrement au Faso qu’elle a été systématisée, atteignant même le créneau des parrainages et des marrainages, le domaine du sexe avec la pandémie des concours de beauté et ces feuilletons brésiliens dont on nous gave et même à des heures de grande écoute !

La journée internationale de la jeunesse aurait dû être préservée de cette captation du pouvoir. Elle aurait gagné en neutralité, en éthique, en efficacité. Au lieu de promouvoir un véritable leadership de la jeunesse, elle s’est corrompue pour servir des intérêts personnels et politiques. Pas étonnant qu’à l’occasion, on ne se mette pas en peine de faire le point, de mesurer les acquis notamment en matière d’emplois pour la jeunesse, d’éducation… et aussi les erreurs enregistrées dans l’optique de mieux faire à l’avenir.

On se contente seulement de cette occasion pour manger, boire, danser, chanter… Pardi ! Par ces temps de déprime et de disette, ça peut avoir son petit effet ! Pas étonnant dans ces conditions aussi que le consensus manque pour cette manifestation sélective et politisée à outrance. Ainsi, le ministre de la jeunesse ne s’est pas gêné, à l’ occasion de cette journée qui se veut apolitique, de co-présider les assemblées « reconstitutives » de l’AJBC (Action des jeunes pour Blaise Compaoré), où il a encensé les actions du numéro un burkinabé !

Nous avons pour notre part rencontré des jeunes pour savoir ce qu’ils pensent de cette journée et surtout la façon dont elle est célébrée dans notre pays.

IZDINE TOURE :
« Merci pour cette question qui est d’actualité, qui plus est concerne la jeunesse. Comme vous l’avez constaté, la célébration de cette journée est plutôt axée sur l’organisation de concerts, par ci par là. Nous, nous considérons que ce sont des réjouissances inutiles parce que, selon notre entendement, cette journée doit être l’occasion pour nous jeunes, de nous retrouver dans des cadres

 







informels ou formels pour pouvoir discuter, faire le bilan des différentes activités que la jeunesse a menées et parler de questions aussi importantes que le développement et l’engagement politique de la jeunesse.

Et les concerts dans les différentes régions ne sont que des manières de distraire la jeunesse et de l’éloigner de ses préoccupations réelles. C’est pas ce que nous attendons de nos autorités. Nous voulons qu’elles nous permettent de pouvoir nous exprimer. Il est vrai que notre label, c’est la contestation mais nous sommes en mesure de préconiser des solutions aux maux qui sont les nôtres.

Les ateliers et forums de discussion organisés de façon biaisée à travers notamment la mise à l’écart des jeunes ruraux ne suffisent pas. Il faut permettre à tout le monde de s’exprimer. C’est l’exemple de ce forum organisé par le Chef de l’Etat avec la jeunesse, et qui n’est autre qu’une mascarade. Au nom de qui ces jeunes choisis de façon discrétionnaire par les organisateurs, ont-ils parlé ?
Non, je crois qu’on doit avoir un minimum d’égard pour la jeunesse ! »

Désirée Michèle Kanyala :
« C’est malheureux. Pour nous, dans un pays où on est confronté à des maux comme l’injustice, la délinquance juvénile, la prostitution, le chômage, l’analphabétisme, cette journée devrait être célébrée pour nous avec recueillement et mieux avec la prise de grandes décisions. Or, on nous demande de danser.




 

Le pire, c’est que beaucoup d’entre nous iront dans ces séances d’abrutissement ! Comme quoi, la conscience de sa réalité n’est pas la chose la mieux partagée par la jeunesse burkinabé ! ».

S. Koné






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