| NICOLAS
SARKOZY DOIT RESPECTER SES PROMESSES A L’AFRIQUE
Ce
n’est pas être anti-Sarkozy et moins
encore anti-Français que de conseiller au
nouveau président de dissiper le malaise
grandissant né du discours de Dakar. Pour
rappel, il avait promis à l’Afrique
de rompre avec la politique décriée
de son prédécesseur. Il n’a
cessé de réaffirmer ses engagements
sur ce point et de jurer qu’il respecterait
ses promesses. Son discours de Dakar a été
une trahison de sa parole, et pire une injure à
l’Afrique. La condamnation est générale.
A l’Université Cheick Anta Diop, où
il a parlé, on a relevé des désertions.
Au Gabon où Sarkozy s’est rendu le
lendemain, on a constaté la même réprobation
: ainsi, le professeur A. Bissiélo, interviewé
par RFI le 28 juillet dernier, a dit le propos du
numéro un français était «
décalé, anachronique ». Il a
même parlé de « négationnisme
». Au Burkina Faso, San Finna a embouché
la même trompette : « Il y a là
de la part de ce ‘quinqua’ (..) plus
qu’un manque de tact, une méconnaissance
du temps qui passe et des réalités
socio-économiques d’une Afrique fortement
urbanisée et dont les fils, majoritairement
de souche paysanne, se distinguent dans les filières
de pointe au point de constituer un capital appréciable
qui ne lui a pas échappé à
travers sa politique d’immigration choisie
». Au Cameroun, Achille Mbembé, n’est
pas plus tendre : «Manifestement, le président
ne connaît ni notre histoire, ni les significations
humaines dont elle est porteuse » et il conclut
à « l’insolence qu’autorise
l’ignorance ». Pour le « mali.fr
» du 9/08/07, la réprobation n’est
pas moins virulente : «Il est intéressant
de rappeler, également, que c’est grâce
aux Africains, que Nicolas Sarkozy a pu inscrire
dans son agenda le mois et les jours de ses visites
en Afrique car ce sont bien les Africains qui ont
inventé le calendrier et aussi l’écriture
». Au Burkina Faso, où décidément
le discours ne passe pas, le professeur Mahamadé
Sawadogo y revient dans l’Observateur du 10/08/07
: «.. globalement, son discours est rejeté
par les Africains. Sarkozy n’était
d’ailleurs pas beaucoup aimé en Afrique
avant ce voyage et ce n’est pas ce discours
qui va arranger les choses». On le voit, Nicolas
Sarkozy doit impérativement suturer les blessures
qu’il a causées à l’Afrique.
Déjà, le projet Eurafrique de N. Sarkozy
semble mal barré, comme qui dirait, et ce
n’est pas le professeur Mamadou Koulibaly
qui dira le contraire, lui qui en réplique,
propose une idée qui fait déjà
son chemin : la « Librafrique ». Nicolas
Sarkozy doit donc combler les voies d’eau
et il en existe encore en Afrique qui pensent que
rien n’est perdu. Sarkozy peut rattraper le
coup en montrant qu’il a été
incompris ou que ses propos ont dépassé
ses pensées et surtout, en les remettant
au niveau de ses engagements premiers. Il a autour
de lui des femmes et des hommes qui peuvent être
les porteurs de cette rectification. Bernard Kouchner,
Rama Yade, mais aussi, dans le cercle de l’ouverture,
des valeurs comme Strauss Khan, Jack Lang, Jacques
Attali.. , qui pourraient l’y aider. Son prochain
voyage sur le continent peut même être
une occasion d’une autocritique qui le grandirait.
Les Africains aiment ça. Tout le monde y
gagnerait : l’Afrique qui pourrait bénéficier
de l’aide précieuse de Sarkozy à
travers une politique africaine de la France repensée
et la France qui pourrait gagner, par l’infléchissement
cours de cette réorientation en cours des
relations du continent vers les pays émergents.
Plus important, le sentiment anti-français
qui gagne en puissance en Afrique sera ainsi résorbé
voire vaincu.
TOMI. |
NICOLAS
SARKOZY DOIT GARDER LE CAP DU DISCOURS DE DAKAR
Nicolas
Sarkozy a prononcé à Dakar, un discours
fondateur non emprunt de la langue de bois. On lui
fait un bien mauvais procès en lui donnant
une lecture injurieuse pour les Africains. Qu’y
a-t-il de mal à mettre le doigt (comme l’a
fait hier Axelle Kabou avec son livre ‘Et
si l’Afrique refusait le développement
?’) sur les tares de l’Afrique si le
souci est de l’aider à les guérir
pour amorcer son développement qui tarde
à s’enclencher ? Ce langage de vérité
est d’autant moins condamnable que les Africains
sont les premiers à ne pas se ménager
lorsqu’ils parlent de leurs défauts,
de leur propension à justement s’accommoder
du présent et à laisser la chance
décider pour eux. C’est vrai que comme
dans les banlieues sensibles en France, on préfère
entre soi se porter des injures du type «
Niques ta mère » que de les voir utiliser
par les gens d’en haut ; Nicolas Sarkozy peut
donc se voir dénier le droit de reproduire
des commentaires et analyses que les Africains se
font eux-mêmes de leur continent, avec parfois
de fortes doses de dérision et même
d’injures. Mais cela au fond ne change rien
en l’affaire puisque ce que le président
français dit, n’est pas faux. Au demeurant,
il a le devoir, pour la France et pour lui-même,
d’objectiver les relations entre son pays
et l’Afrique. Au lieu, comme d’autres
avant lui, de venir chanter les louanges du continent,
berceau de l’humanité, créateur
de grands empires.. , il a choisi de dire les vérités
qui blessent mais qui ne tuent pas. Oui, la colonisation
n’a pas fait que du mal et s’il y a
des responsabilités à établir,
elles doivent être partagées ; oui,
l’Afrique est plutôt fataliste, plutôt
placée en situation rétrospective
que prospective ; oui, l’immigration déstabilise
la France et l’Europe et fait perdre à
l’Afrique des capacités énormes
de développement. Oui, si les Africains doivent
conquérir la liberté, la démocratie,
le développement et même la considération
et rattraper le train de l’histoire, c’est
à eux de se bouger les fesses. Au lieu de
passer le temps en contemplation d’un passé
qui ne reviendra pas, les Africains et surtout les
jeunes, doivent se mettre au travail, partir en
guerre contre la fatalité pour apprendre
à conquérir l’avenir. C’est
ainsi que les autres peuples ont procédé
pour sortir de la barbarie et pour s’engager
sur les chemins de la civilisation et du développement.
En fait, c’est ça la vraie rupture
qui est d’abord mentale, intellectuelle. Une
fois que ce choc traumatique sera intériorisé,
le reste suivra. Il n’y a rien sans rien.
Ce discours de Dakar est au demeurant réaliste
car N. Sarkozy a compris que dans les relations
de la France avec l’Afrique, il valait mieux
procéder par touches et ne pas employer la
politique de la « tabula rasa ». Même
s’il est un président toujours populaire,
il ne gagne rien à avoir contre lui dans
le même temps, les puissances financières,
les chefs d’Etat africains et les multiples
réseaux qui contribuent à alimenter
l’économie de la France. Il doit garder
le cap. Tout passe, et la colère suscitée
par ces propos de Dakar finira par tomber. Les Africains
comprendront que l’avenir, c’est dans
l’Eurafrique qui, en mettant fin au tête
à tête franco-africain, libèrera
plus de possibilités pour le développement
du continent. Mais ils comprendront surtout qu’ils
doivent arrêter de se figer dans des attitudes
passives en attendant que quelqu’un vienne
faire leur bonheur à leur place. Si on veut
bien voir, le message du numéro un français,
cohérent par-dessus tout, tient en ces idées
: aide-toi, le ciel t’aidera. Il est un appel
à la capacité de résistance
des Africains et une promesse que le reste viendra
de surcroît.
TOZI.
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