San
Finna N°426 du
13 au 19 Août 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
BABOU
NAON
UN PRISONNIER POLITIQUE QU’ON VOUDRAIT VOIR FINIR
DE SA BELLE FIN ?
Des médias,
ces derniers temps, ont fait état de traitements
peu humains réservés au prisonnier le plus
célèbre du Faso, Babou Naon, depuis que
le Capitaine Ouali s’est fait la belle. Nous nous
sommes intéressés au dossier.
Voilà comment les choses ont commencé. Le
dimanche 29/ 07/ 07, aux environs de 17 heures, l’intéressé
aurait eu des céphalées intenses. Il en
aurait informé le chef de poste de jour. Celui-ci,
sans plus tarder, aurait contacté le surveillant-chef,
lequel à son tour, donnera l’ordre au chef
de poste d’appeler les Sapeurs pompiers ou un taxi
pour amener Naon à l’hôpital.
Le chef de poste posa la question à Naon de savoir
s’il veut aller en taxi ou s’il préfère
qu’on appelle les Sapeurs. Ce dernier suggéra
plutôt que sa famille vienne le chercher avec une
voiture. Il n’y a pas été trouvé
d’inconvénients. Et à partir du poste,
la famille prévenue se rendit rapidement sur les
lieux, avec quelqu’un pour l’assister à
l’hôpital.
Cette personne s’est vue offrir une chaise par les
Gardes de sécurité pénitentiaire
(GSP). Alors qu’ils attendaient tous, le surveillant
chef a rappelé le chef de poste pour lui dire de
ne pas appeler les Sapeurs pompiers parce qu’ayant
rendu compte au Commissaire du gouvernement, ce dernier
aurait recommandé de ne pas l’amener à
l’hôpital parce que cela relèverait
de la justice militaire.
Naon est donc resté assis de 17 h à 20 h
avec un mal terrible, sans résultat. C’est
ainsi que le chef de poste l’invita à venir
s’asseoir au poste avec eux en attendant que la
situation évolue. Une fine pluie commençait
à tomber et les GSP invitèrent le jeune
qui était assis avec eux à rentrer au poste.
Au même moment, un lieutenant de la justice militaire
est arrivé sur les lieux. Il demanda au malade
s’il voulait voir son docteur. Celui-ci répliqua
qu’il voulait seulement avoir des soins, quel que
soit l’endroit.
Le lieutenant contacta ses supérieurs qu’il
venait du reste de quitter, et informa les GSP qu’il
attendait un groupe de gendarmes pour amener Naon à
l’hôpital pour sa surveillance, et comme ces
gendarmes se faisaient attendre, le lieutenant, sans rien
dire, prit sa voiture pour quitter les lieux.
A peine est-il parti qu’arrive le groupe de gendarmes.
Il semble qu’au commissaire du gouvernement auprès
duquel un compte rendu a été fait, il ait
été soutenu que Naon a été
trouvé au poste de garde en train de communiquer
avec sa famille, ce qui ne devrait pas être le fait
d’un malade. Aussitôt, le commissaire du gouvernement
aurait appelé à son tour le Ministre de
la Défense pour lui en rendre compte. Ce dernier
aurait appelé alors son collègue de la Justice
pour savoir pourquoi Naon communiquait avec sa famille.
Et le temps passait.
Le ministre de la Justice à son tour aurait appelé
le Régisseur de la prison. Ce dernier n’étant
pas là au moment des faits, chercha à s’enquérir
de toute cette affaire auprès du chef de poste
auquel il aurait ordonné de répondre au
ministre.
Le chef de poste, un assistant, n’aurait pas mâché
ses mots pour expliquer la réalité de la
situation au Ministre de la justice, allant même
jusqu’à demander une confrontation.
Jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’affaire
est restée en l’état mais surtout,
Naon n’a pas bénéficié de soins.
Il aurait pu 1000 fois crever ! C’est à croire
que l’homme est l’objet d’une haine
viscérale et qu’à la limite, on souhaiterait
qu’il finisse de sa belle fin à la MACO.