San
Finna N°427 du
20 au 26 Août 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
SITUATION
EN COTE D’IVOIRE
INCITATION AU PUTSCH
UN GBAGBO PREVENU EN VAUT DEUX !
Les
élections que le président Gbagbo est impatient
de voir tenir en fin d’année, sont loin de
faire le bonheur de tous. Le gros os cependant, c’est
qu’on ne peut pas manifester bruyamment et directement
son opposition pour la bonne raison que le président
a été longtemps considéré
comme réfractaire invétéré
aux élections et manoeuvrant pour les repousser
aux calendes grecques de peur d’être battu
à plate couture au cas où elles se tiendraient.
Voilà qu’il prend à contre-pied tous
ses détracteurs en se déclarant prêt
à y aller, ici et maintenant. Pour autant, les
souhaits et les manœuvres ne manquent pas, loin de
là, pour qu’il soit fait échec à
ce projet de décembre, funeste aux yeux de beaucoup.
La grogne dans
l’armée nationale est donc arrivée
comme mars en carême pour aider les contestataires
à tenter de bloquer le processus, au besoin par
une déstabilisation du pays. La voie choisie, c’est
d’embrayer à fond sur l’accélérateur
de la désinformation, de la rumeur, aux fins de
semer un tel tsoin-tsoin dans l’armée qu’elle
en vienne à provoquer un clash national. C’est
ce qui explique que dans un certain nombre de journaux,
on n’arrête pas de pousser les militaires
à sortir de leur gong et on n’en finit pas
de mettre dans la bouche du président Gbagbo, les
mots les plus durs contre l’armée et de justifier
par anticipation que les militaires puissent en être
vexés au point de lui faire mordre la poussière.
Exemples choisis. Le Nouveau Réveil du 16 août
: «Laurent Gbagbo va renvoyer ses soldats à
leur copie, il va les désillusionner en leur disant
qu'il n'a pas, absolument pas 5 F à leur donner,
qu'il n'est pas le président des militaires mais
de toute la Côte d'Ivoire. Il va fort opportunément
leur rappeler qu'ils n'ont pas gagné la guerre,
raison pour laquelle il est obligé de négocier
une sortie pacifique de la crise ». Ou encore Le
Patriote, toujours du 16 août : « il a insisté
qu'aucun soldat ne peut l'intimider ajoutant qu'il est
loin des autres Chefs d'Etat qui l'ont précédé
au Palais présidentiel ». Ou enfin, ce titre
choc du 24 Heures du 17 août : « Rencontre
avec les Forces de défense et de sécurité
- Gbagbo met l'armée K.O ».
Cet affrontement du président de la République
à son armée se double d’un acharnement
à semer la haine entre lui et les Forces de défense
et de sécurité, et même à monter
le Chef d’Etat Major contre lui. Dans son édition
du 17 août 2007, Nord-Sud titre « Le Colonel
Jules Yao Yao avait averti Mangou : “Tu seras le
prochain agneau du sacrifice”. Voilà une
façon perfide de tenter de distiller dans la conscience
de Mangou que tout ce désamour en action entre
lui et ses hommes n’est que le produit de Laurent
Gbagbo qui a décidé, après tant d’autres
coups de Jarnac aux hommes qui l’ont servi, de le
jeter à son tour au rebut.
Le diable décidément est toujours dans la
maison. On a tenté la déstabilisation internationale
par les armes et ça n’a pas marché
; on s’est rabattu sur le coup d’Etat constitutionnel
et ça a foiré. Maintenant, on se rabat sur
la déstabilisation nationale en donnant des raisons
à une partie de l’armée de faire à
Gbagbo ce qu’elle a fait à Bédié.
Mais un Gbagbo prévenu en vaut deux !