Mise à jour le 19/08/2007
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San Finna N°427 du 20 au 26 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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CONSEIL CONSTITUTIONNEL
LA HONTE DEVOILEE
D’UNE INSTITUTION CENSEE ETRE AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON

Si l’inféodation de la justice au pouvoir au Burkina Faso n’est plus de nos jours à discuter, ce n’est pas pour autant que tous les magistrats doivent être « jetés » comme des chiffons souillés à la poubelle parce que corrompus jusqu’à la moelle. Il en existe qui, comme la femme dans la chanson de Serge Reggiani, ont été seulement contraints par nécessité, par peur à exposer leur résignation au grand vent. Au Conseil constitutionnel, ce type de magistrats existe à côté de ceux qui ont mis leur crédibilité à l’encan mais peut-on leur en vouloir de ne pas chercher à être des martyrs quand on connaît la capacité de nuisance de ce pouvoir vis-à-vis des résistants de tout bord à son ordre injuste ?

Mais les morts comme on dit, si profondément enfouis, remontent toujours en surface, et au Conseil constitutionnel, quoique les dénonciations des opposants et de certains acteurs de la société civile se soient toujours brisés sur le mur de la désinformation, de la répression et du mépris, la vérité commence à s’imposer et les langues à se délier, sur les parjures des sages, au droit.

Les choses ont commencé avec les critiques de l’opposition au sujet de la composition du Conseil constitutionnel, de son absence d’attribution juridictionnelle et surtout de son inféodation au pouvoir. Ce qui le rend congénitalement inapte à protéger les libertés publiques, donc le suffrage populaire pour être en mesure de fonder une démocratie digne de ce nom.

L’UNDD, particulièrement sur la question, ne tarira pas d’accusations. Le parti en apportera même la démonstration concrète avec sa plainte contre le découpage électoral, réglé par des voies politiques et non juridiques. Pourtant, les moyens de fait et de droit développés étaient tels que le parti ne pouvait être débouté mais c’est bel et bien ce qui s’est produit, à la grande honte, dit-on, de bien de magistrats. Depuis, cette décision est de plus en plus évoquée parmi les exemples éloquents d’infidélité au droit du Conseil constitutionnel. Aussi, le sentiment se dégage-t-il, que le temps de la reddition des comptes se rapproché à grands pas.

Il est même déjà là avec le scandale qui actuellement bat son plein par rapport à cette affaire de marchés dans laquelle le nom du président du Conseil constitutionnel lui-même est évoqué. L’Indépendant du 7 août 2007 ne mâche pas ses mots : «Idrissa Traoré voulait ‘maximiser’ dans le marché. Pour cela, il dit à son ami (NDLR : l’entrepreneur) de faire mal les dosages pourvu que lui, il rentre dans ses fonds. L’homme refuse….(..) Depuis deux ans, aucun décompte relatif au marché ne lui a été payé par le Conseil constitutionnel ». Bendre du 13 août, emboîte le pas : «L’appétit vient en mangeant. Et Mr Traoré semblait avoir un appétit gargantuesque. Pour ce faire, l’ami-entrepreneur devait réaliser l’ouvrage avec le moins d’investissement possible. La stratégie consistait à faire fi des normes de construction afin d’avoir des retenues. Et le pactole de ses retenues devait être réparti ». Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse : ainsi, il apparaît vain d’escompter que meure de sa belle mort, cette affaire nauséabonde à la faveur de laquelle d’autres remontent en surface, éclaboussant du coup la grande institution, et c’est là le point de rupture.

Que la corruption ait pris ses aises au Burkina Faso, qu’elle frappe quasiment tous les secteurs, c’est quelque chose de moche mais qui ne surprend plus. Mais qu’elle soit à l’œuvre au cœur de la justice, qui plus est du Conseil constitutionnel qui est le surveillant général de la codification des règles du jeu politique, le protecteur des droits de l’homme et de l’ordre public, il y a de quoi reconnaître que le ver a quasiment pourri le fruit. Le Conseil constitutionnel, parce que contrôleur en chef des pouvoirs publics qui édite des règles et qui devrait donc être au-dessus de tout soupçon, se retrouve au cœur du soupçon. C’est comme qui dirait, la justice en « laisse-guidon » (NDLR : en roue libre).

A ce stade, des mesures fortes s’imposent. La corruption est ainsi faite qu’arrivée à un certain degré de gangrène, il faut procéder à l’intervention chirurgicale. Ici cependant, le mal est si profond qu’il ne s’agira pas seulement de faire sauter, comme on le ferait d’un bouchon de champagne, Idrissa Traoré pour libérer la pression sur le Conseil constitutionnel ; il ne s’agira pas davantage de re-chemiser l’institution ; c’est tout le moteur de la gouvernance qu’il faut changer. C’est là une exigence qui s’impose, par-delà les médias, les partis, les mouvements de droits de l’homme.., à tous les Burkinabé.

Nous sommes donc en présence d’un défi collectif qui ne manquera pas d’interpeller tout un chacun et les partenaires avec, au moment où se prépare à grand frais, au Burkina Faso, le 7ème forum africain sur la gouvernance.

V.T


SUITES DU CONFLIT ENTRE ELEVEURS ET AGRICULTEURS
AU ZOUNDWEGO


Comme nous l’annoncions la semaine dernière dans le n° 426 de San Finna, nous nous sommes rendus une nouvelle fois à Manga pour nous enquérir des évolutions de la situation conflictuelle entre agriculteurs et éleveurs.

Sur place, nous n’avons pu rencontrer, comme prévu, le délégué des agriculteurs. Selon une certaine source, les deux parties en présence se méfieraient des gens et hésiteraient à parler pour la simple raison que jusqu’à présent, aucune interpellation n’a été faite par rapport à ce drame.

Pour les protagonistes, il serait hasardeux de dire quoi que ce soit au risque de se faire épingler d’un moment à un autre pour raisons d’enquête.

En tout état de cause, nous suivons toujours l’affaire et vous donnons rendez-vous pour les prochaines éditions, si évolution intéressante il y a.

Seydou Diabo






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