Mise à jour le 19/08/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°427
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°427 du 20 au 26 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Nos archives

AFFAIRE FATIMA
LA JURISPRUDENCE ITALIENNE FERAIT-ELLE DROIT A LA CHARIA ?

Ce qui vient de se passer en Italie est tout simplement renversant.

Saisie d’une affaire de séquestration et de mauvais traitements de parents vis-à-vis de leur enfant, la justice a donné raison aux parents. La jeune fille Fatima est une Musulmane résidant en Italie. Elle avait été séquestrée et attachée à une chaise puis libérée uniquement pour être brutalement battue par ses parents, qui voulaient la punir parce qu'elle fréquentait un ami et plus généralement pour son style de vie jugé indigné d’une bonne musulmane. La justice mettra donc hors de cause ses parents sous prétexte d’être saisie d’une affaire purement religieuse, au demeurant justifiée par le souci de donner une bonne éducation à un enfant. Il ne faut pas s’étonner que cela provoque une vague de protestation à travers l’Italie et bien de pays.

Cette décision est totalement rétrograde et dangereuse à l’excès. A un moment où la communauté internationale est mobilisée contre les mauvais traitements que subissent les enfants, contre les atteintes aux droits de la femme, il est tout simplement aberrant de voir l’Italie, qui figure parmi les pays plutôt regardants sur les droits de l’homme, déraper à ce point.

Une chose est de respecter le multiculturalisme et de combattre l’intolérance ethnique et religieuse qu’on observe dans bien de pays, une autre est d’affaisser les bases sur lesquelles reposent la morale et le droit international et de se rendre complice de pratiques barbares qui portent atteinte au droit des enfants et des femmes.

Cette décision est dangereuse parce qu’elle pourrait ouvrir la porte à une jurisprudence confirmative non seulement en Italie mais dans bien d’autres pays du monde. Il y a un procès qui pointe le mois prochain en Italie : celui du meurtre d’une jeune Pakistanaise, Hina Saleem, qui a été égorgée par son père qui ne tolérait pas qu’elle se dévergonde.

Si l’on s’en tient au jugement entrepris dans l’affaire Fatima, on pourrait imaginer que les défenseurs du père de la défunte pakistanaise, se fondent sur les mêmes considérations pour obtenir en faveur de leur cliente, une décision clémente de la justice. Bonjour alors tous les crimes d’honneur qui déjà en hausse dans le monde, y trouveront une consécration parfaite.

Le plus terrible dans toute cette affaire, c’est qu’on trouve même des Musulmans qui ne sont pas d’accord avec cette sentence. Ainsi, Souad Sbai, présidente de l’Association des femmes marocaines, s’est insurgée en ces termes : « c’est une honte. (…) Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les juges appliquent deux types de règles, l’une pour les Italiens, l’autre pour les immigrés. Un père catholique qui se serait comporté de la sorte aurait été durement condamné ».

Pour bon nombre de Musulmans, c’est là un mauvais signal donné à ceux qui contestent que la religion puisse primer sur le droit et qui, de toute façon, n’acceptent pas que l’on mette sur le dos du Coran, des pratiques aussi barbares que les séquestrations, les maltraitances d’enfants, les mariages forcés, l’excision … La justice italienne, avec l’affaire Fatima, risque de « booster » les radicaux de l’Islam qui ont une interprétation minoritaire et tout à fait iconoclaste du message d’Allah.

Alors, quelles que soient les raisons qui sont à la base de cette décision, excès de zèle, volonté de respecter le multiculturalisme, peur du terrorisme, il faudra qu’il y ait le plus rapidement possible, une décision de rupture qui projette la première décision, pour toujours, dans le domaine de l’oubli. Les faux pas, ça existe aussi en justice puisque celle-ci est rendue par des hommes mais comme heureusement on en a tenu compte dès les origines (en créant plusieurs ordres de juridiction, en instituant des appels et des cassations), on a largement des moyens pour s’amender et sortir au plus vite de ce cauchemar.

CY






Site réalisé par Come Tell The World