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San Finna N°428 du 27 Août au 02 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

 

CENTRE NATIONAL DE TRANSFUSION SANGUINE (CNTS)
ET SI ON LUI TATAIT LE POULS ?

Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a été porté sur les fonts baptismaux en novembre 2000. L’accueil était plein d’enthousiasme et de promesses, ce qui se comprend. Face à certaines maladies, aux accidents et interventions chirurgicales en augmentation croissante, les formations sanitaires étaient confrontées aux difficultés dramatiques résultant du manque de sang, de l’inexistence d’un service adéquat pour résoudre les multiples et délicats problèmes liés à la transfusion sanguine au Burkina Faso. Mais les espoirs aujourd’hui sont loin d’être comblés. Le sang, dont on annonçait la fin prochaine des pénuries, manque souvent désespérément. Parfois, les malades sont obligés de venir avec des parents et s’ils ne sont pas du même groupe sanguin, bonjour les dégâts ! Au Burkina Faso, les exemples ne manquent pas où, pour un accident de circulation, après un accouchement ou un palud anémiant, des personnes meurent pour ainsi dire, bêtement, par manque de sang. Des critiques, il en existe autour de l’indisponibilité du sang ou de réactifs dans les formations sanitaires, autour de l’incompréhension par rapport à la politique de transfusion sanguine et à l’absence de sensibilisation sur le don de sang. Mais le plus grave, c’est qu’on fait de plus en plus état de l’entrée de la corruption dans ce secteur qui ferait l’objet d’inadmissibles transactions, tout comme les rétroviraux chez nos malades du Sida.

De tout cela, nous avons voulu provoquer un débat qui fasse intervenir aussi bien les particuliers que les professionnels. Cette semaine, nous avons donné la parole à des Burkinabé, au Président d’une association de collecte de sang. La semaine prochaine, la parole sera donnée aux praticiens, au CNTS et si possible, au Ministère.

Mr Yacouba Maré (Ouagadougou ) : « Le sang, c’est la vie, dit-on. Personne n’ignore dans cette ville que des gens meurent par manque de sang. Actuellement, il y a pénurie à la Banque de sang de l’hôpital Yalgado Ouédraogo. Chaque année, c’est à cette période de vacances qu’on constate ces pénuries et ce n’est pas admissible. Beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut sauver une vie en donnant son sang. Il faudrait faire du tapage autour du don de sang afin de sensibiliser les gens dans ce sens ».


Rockiatou Sanou (Bobo-Dioulasso) : «Avant l’ouverture du centre régional de transfusion sanguine de Bobo-Dioulasso, on rencontrait de sérieuses difficultés. Aujourd’hui, si tout n’est pas circonscrit, il faut reconnaître qu’il y a moins de problèmes qu’avant. Seulement, il faudrait qu’on arrive à faire une campagne médiatique digne de ce nom pour la collecte du sang. Merci ».

Mr Ouimpanga Bouda (Manga) : « Merci pour l’opportunité que vous m’offrez de m’adresser à vos lecteurs. Il faut reconnaître qu’il y a un problème fondamental en ce qui concerne la politique sanitaire de ce pays : j’ose dire que rien n’est pris au sérieux dans ce sens. Tenez : un malade arrive à l’hôpital et a un problème de sang. Dans un premier temps, on prélève rapidement son sang pour connaître son statut sérologique. Le groupe sanguin déterminé, on regarde dans la banque de sang, qui n’est pas vraiment fonctionnelle, s’il y a du sang de son groupe. S’il n’y en a pas, là vous avez les 1000 problèmes du monde. Le sang est gratuit mais parfois, ce n’est pas du tout facile…. ».

J-B Ouédraogo. : « Moi, j’entends dire qu’à l’hôpital, c’est devenu comme avec les médicaments pour le sida : il faut payer pour avoir le sang. Si tu vas te faire soigner et si tu n’as pas quelqu’un pour t’aider, si tu ne veux pas mourir, tu dois payer pour avoir du sang. Pour ça, il faut vraiment faire une enquête pour qu’on voie clair ».

Mr Jean Bosco Zoundi, Président de l’association « SOS Sang » :
« L’objectif de collecte du sang pour sauver des vies humaines est à saluer mais le problème qui se pose est celui de la disponibilité du sang dans l’intérieur du pays. Si je prends Koudougou dont je suis originaire, il y a problème car il existe depuis un an un centre régional de transfusion sanguine mais les malades de Koudougou sont obligés d’aller à Ouagadougou pour avoir du sang lorsqu’ils en ont besoin, et pour cela, il faut payer

25.000 fcfa pour le carburant de l’ambulance.. On organise à notre niveau des collectes de sang mais il doit revenir à Ouaga pour y être conservé seulement parce que les réactifs manquent. Sans compter que ceux qui vont à Ouaga ne sont pas sûrs pour autant d’avoir du sang ! Le problème, c’est le CNTS qui détient le monopole du don de sang au Burkina. Il doit doter les Centres régionaux et aussi les CHR en réactifs ».

Gabriel Wilfried Zigani, Etudiant :
« Personnellement, je pense que le travail du CNTS est bien. J’ai eu à le constater à deux reprises, et la dernière fois par exemple, j’ai un proche qui avait besoin de trois poches de sang. Dès que le besoin a surgi, il a eu sur place 2 poches et le lendemain, la 3ème. Je ne peux qu’apprécier positivement l’action de la banque de sang à Ouaga ».

Mme O. Mariam, ménagère : « Comme vous le constatez, je suis là en train d’attendre du sang pour un malade que j’accompagne. Depuis hier, je suis là et j’ai demandé du B+ mais il n’y en a pas. Donc, je vais prendre du O+ pour mon malade. Sinon de faon générale, je trouve l’activité de la banque satisfaisante et je n’ai pas pu vérifier jusque-là, la rumeur de vente de sang et je trouve ça réconfortant ».

Inoussa Ouédraogo (Ouagadougou) : «Le sang est une denrée rare. Début août dernier, mon fils était victime d’un accident de circulation. J’ai attendu 24 heures avant d’avoir le sang nécessaire pour le sauver. Ce n’est pas du tout simple dans ce pays.


Et pour finir, sachez que nous nous sommes rendus ce dimanche matin, 26 août 2007, à la permanence du CRTS au niveau de Yalgado. Sur place, le constat est que, malgré la délicatesse de la période, il n’y avait pas de problème de sang. D’hier soir 17 heures à ce matin 6 h 30, 29 patients ont eu du sang ; si quelques-uns n’ont pas eu cette chance, c’est du fait d’incompatibilité. L’agent de garde nous a confié que son stock pouvait lui permettre d’atteindre demain matin, en principe.

Swonty koné
Seydou Diabo





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