Mr
Henri Kobizara, le maire de Pô depuis
les élections municipales de 2006,
est manifestement un homme qui est attaché
à sa ville et qui veut son développement.
A l’occasion d’un séjour
à Pô, nous avons pu lui poser
quelques questions. Voici ses réponses.
San
Finna : Pouvez-vous vous présenter
à nos lecteurs ?
Mr
Henri Kobizara (H.K.) :
Bonsoir à tous les lecteurs de San
Finna. Je vous remercie pour cette possibilité
de m’adresser à vos lecteurs.
Je suis donc Henri Kobizara, Ingénieur
Hydraulicien, agent donc de l’Office
national de l’Eau et de l’Assainissement.
Depuis mars 2007, je suis le Maire de la commune
de Pô.
San
Finna : Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt,
les différentes péripéties
quant à votre élection. Quel
commentaire en faites-vous ?
H.K
: Comme
vous le savez, on était beaucoup habitué
à une situation pratiquement de monopole
de la mairie de Pô. Beaucoup n’entendaient
un changement surtout un changement qui ne
soit pas du parti de la majorité. Cela
semblait quelque chose qu’il ne fallait
pas accepter. Il fallait donc faire violence
à la démocratie malgré
tout ce que nous avons fait, malgré
toute l’opposition de la population.
Nous avons souhaité que les choses
ne soient pas perturbées parce qu’en
réalité, notre problème
à Pô, ce n’est pas une
question de parti mais une question de personne.
Seulement, nous avons besoin de nous organiser
pour mieux développer notre localité.
La politique est ce qu’elle est, les
gens ont troublé l’ordre des
choses. Nous sommes repartis aux élections
et je pense que la population a tranché.
San
Finna : Pô, ville rebelle, dit-on :
mythe ou réalité ?
H..K.
: C’est
vrai qu’à Pô, ce n’est
pas une rébellion mais seulement nous
refusons l’injustice. C’est peut-être
que nous disons haut et fort ce que les autres
pensent bas. La culture Masseina fait que
nous disons les choses de façon crue
les choses telles qu’elles sont.
San
Finna : Quel bilan faites-vous après
votre installation à la mairie de Pô
?
H.K.
:
Comme vous le savez, c’est depuis mars
que nous présidons aux destinées
de cette mairie. Nous sommes en train de réorganiser
l’administration communale ; nous avons
adopté un organigramme, nous avons
désigné les responsables de
sections, ce qui n’était pas
le cas. Il y a la situation du personnel qui
demandera à être revue pour donc
se conformer aux textes.
Il y a aussi les actions de développement
que nous sommes en train de mener. On avait
à l’époque pris des contacts
avec des partenaires au développement,
il faut les relancer.. Voilà un peu
ce que nous faisons. Mais déjà,
avec l’éclairage public, nous
pensons que cela est un pas de géant
et je pense pour tout dire que les choses
sont en train de se mettre petit à
petit en place.
San
Finna : Parlez-nous de la vie sociopolitique
de cette cité
H.K.
: Vous
savez, dans notre contrée, c’est
à la veille des élections qu’il
y a un bouillonnement politique. Actuellement,
il n’y a pas assez d’activités
politiques, après les municipales et
les législatives. Les choses sont actuellement
au point mort.
San
Finna : En votre qualité de bourgmestre
de la ville, qu’est-ce qu’il faut
véritablement pour impulser le développement
de Pô ?
H.K.
:
Nous sommes en train de réfléchir
à ce que nous devons faire. Je disais
tantôt à des amis que le président
Blaise Compaoré disait que le Burkina
dit être un pays émergent. Hé
bien : nous, nous disons que Pô doit
être un pôle émergent.
Pô est une ville où il y a beaucoup
de potentialités. En ressources naturelles,
nous avons plein de fruits sauvages qui peuvent
être transformés en jus et même
en liqueur, pourquoi pas ? En matière
d’environnement, nous avons une belle
nature et de la faune également. Il
nous faut développer le tourisme et
à ce niveau précis, nous avons
des contacts et élaboré des
sites touristiques. Je lance un appel à
tout opérateur pour investir dans la
ville de Pô, une ville frontalière,
une ville qui accueille 80 % des touristes
qui séjournent au Burkina Faso. Ce
qui est sûr, ceux qui vont investir
ne vont pas le regretter.
San
Finna : Beaucoup d’eau a coulé
sous le pont de la désinformation quant
à l’assise de votre parti dans
le Nahouri. Qu’en dites-vous ?
H.K.
:
Il faut reconnaître que j’ai intégré
le Parti africain de l’indépendance
(PAI) il n’y a pas longtemps. Le PAI
était dans la commune, dans la province
mais était très embryonnaire.
Quand j’ai commencé à
militer dans ce parti, avec les camarades
qui sont sur place, nous avons adopté
des stratégies pour nous implanter.
Il nous fallait donc réfléchir.
Nous nous sommes donc fait remarquer aux municipales
et nous battons pour voir dans quelle mesure
nous pourrions affronter les prochaines législatives.
San
Finna : Quel message avez-vous à l’endroit
de la population ?
H.K.
:
Je voudrais tout simplement dire à
la population de dépasser certaines
querelles inutiles pour se dire qu’il
n’y a pas plus fils de Pô que
quelqu’un d’autre. Je crois que
chacun à son niveau a quelque chose
à apporter. Il faudrait que chacun
puisse apporter ce qu’il peut pour que
nous puissions avancer. Quand vous regardez
la commune de Pô, elle ne mérite
pas d’être à ce stade de
développement, et quand on vous dit
que c’est après quelques mois
que nous avons l’éclairage public,
vous n’en croyez pas vos oreilles. Nous
sommes en quête d’infrastructures
hôtelières et autres. Et je suis
sûr que si les filles et fils de Pô
se retrouvaient à Pô pour prendre
des décisions de développement,
nous ferions un grand tout. Je crois qu’on
a intérêt à regarder ailleurs,
comment les autres font et faire comme eux.
Je pense qu’après les élections
notre seul objectif reste le développement.
San
Finna : Votre coup de gueule ?
H.K.
: C’est
le niveau de développement auquel la
commune se trouve. Une commune urbaine et
bientôt la 3ème mandature : nous
caracolons dans les 60 millions FCFA de budget.
Vous voyez que cela ne peut rien faire du
tout, et surtout que la moitié part
déjà en personnel. C’est
vraiment demander que les fils de Pô
réfléchissent par deux fois
à cette situation.
San
Finna : Votre coup de cœur ?
H.K.
: Je
me rends compte que notre commune regorge
de potentialités.