| UNE
PRIORITE EVIDENTE A SALUER
Le
Ouagadougou de 2007 n’est pas celui de 1960.
La ville s’est embellie et a grandi à
vous donner le vertige. Il faut voir loin car elle
est appelée à voir sa population,
déjà nombreuse, doubler dans les années
à venir. Il faut donc anticiper et c’est
ce qu’on doit exiger de nos gouvernants. Ils
ont décidé de construire un échangeur
: ce n’est pas une mince affaire. Ca va coûter
des milliards. Mais s’ils le font, c’est
parce que les experts en matière d’urbanisation
leur ont demandé de le faire. D’ailleurs,
il faut bien voir : à cet endroit où
on veut placer l’échangeur, vers la
Patte d’Oie, la circulation est encore plus
difficile que dans bien d’ autres zones où
déjà, c’est la galère.
Il y a des embouteillages insupportables qui nuisent
aux activités, les riverains arrivant en
retard au travail et tout étant retardé
à cause de ces bouchons. Plus grave, il y
a des accidents souvent mortels dont les victimes,
la plupart du temps, sont des enfants. Il fallait
oser penser à un échangeur : c’est
la solution idoine préconisée par
les hommes de l’art ; il n’y a donc
rien à redire là-dessus. Et puis,
à ceux qui disent que la mesure est faite
pour aider nos gouvernants qui logent à Ouaga
2000, on doit leur répondre que pourtant,
deux autres échangeurs sont prévus,
un sur la route de Ouahigouya et un autre vers le
CBC : alors il n’y a pas là de préférence
vis-à-vis d’une partie des Ouagalais.
On fait le travail là où il doit être
fait, là où c’est nécessaire.
Et puis, les gens critiquent mais demain, quand
les voies seront libres à cet endroit, on
félicitera les autorités pour avoir
pensé à leur place et avoir vu loin.
On parle d’opération de prestige :
ben oui, pourquoi pas ? Si en plus d’être
utile, il est beau et fait la fierté des
Ouagalais, on ne peut que s’en féliciter.
Alors, les Simon et autres doivent fermer les yeux,
se boucher les oreilles et se lancer à fond
dans la construction de ces joyaux si utiles, surtout
qu’il semblerait qu’on a eu les financements.
Les générations futures leur en seront
reconnaissantes.
TOMI.
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Y
A D’AUTRES CHATS A FOUETTER
Cette
histoire d’échangeur est une affaire
bien mal barrée parce que l’ouvrage
a commencé et puis, a pilé comme ça
: si ça s’est arrêté,
dit-on, c’est parce que, comme d’habitude,
on a bouffé l’argent et que maintenant,
on est coincé comme des rats. Ensuite, on
ne comprend rien à cet ouvrage sans queue
ni tête, qui tombe comme par hasard pile poil
sur Kosyam ! Par ailleurs, les gens pensent qu’on
peut imaginer d’autres solutions moins coûteuses,
construire d’autres routes par exemple même
s’il faut déloger des familles (qu’on
relogera mieux d’ailleurs, donc ce sera un
bénéfice social), au lieu de songer
à de telles dépenses de prestige avec
des commissions à la clef. C’est vrai
qu’il y en a qui critiquent, un rien plaisantin,
soulignant que beaucoup de personnes ne sauront
pas comment passer sur cet échangeur et qu’il
risque d’y avoir beaucoup d’accidents
; en effet, martèlent-ils, déjà
avec les simples feux tricolores, nombre de nos
concitoyens venant notamment des brousses s’emmêlent
les pédales ; qu’est-ce que ce sera
donc avec un échangeur qui déboussolera
bien du monde ? Mais plus sérieusement, on
peut se demander si le pays a suffisamment d’argent
pour une telle construction alors que les villages
ne sont pas électrifiés, que les besoins
les plus élémentaires ne sont pas
couverts en matière de santé, d’éducation,
etc ? On a le sentiment finalement qu’on veut
surtout aider les habitants de Ouaga 2000, les gens
du pouvoir, alors qu’il y a 1000 autres priorités
dans la capitale notamment ce tout à l’égout
qui s’avère indispensable dans une
capitale qui va voir sa population doubler d’ici
peu, ou encore les travaux de curage du barrage.
En tout cas, si l’on devait passer par un
référendum régional ou communal
pour décider de la création de cet
ouvrage, on peut être certains que le vote
serait négatif si on disait le coût
de cet échangeur, hormis peut-être
pour les populations riveraines du lieu où
cet échangeur doit être construit,
et encore !
TOZI.
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