Mise à jour le 02/09/2007
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San Finna N°429 du 03 au 09 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

CENTRE NATIONAL DE TRANSFUSION SANGUINE
ET CENTRES REGIONAUX DE TRANSFUSION SANGUINE
LA PAROLE AUX PRATICIENS

Des problèmes concernant la collecte du sang au Burkina Faso, relevés par quelques interviewés dans notre précédente édition, ont été rapportés aux praticiens. Ils tournent autour de plusieurs préoccupations : approvisionnement des réactifs, insuffisance de sang, commercialisation des poches… amenant quelquefois à des protestations à la limite de la violence. A cela, les experts ont des réponses nuancées.

Pour le Docteur Diallo, réagissant sur la question de l’approvisionnement, ce n’est pas toujours qu’il y a rupture. Pour lui, il y a des moments où la disponibilité est plutôt faible et d’autres où elle ne se pose pas.

« Pendant l’année scolaire par exemple, on parle rarement de pénurie dans la mesure où dans cette période, beaucoup de donneurs sont disponibles. Par contre, pendant la saison des pluies, nous avons des problèmes que ce soit dans les entreprises ou autres services ». Le docteur précise que «cette période hivernale complique les choses parce qu’elle est synonyme de paludisme, de pluies, donc de pistes impraticables alors que justement la demande se trouve en ce moment plus forte.

Ce qui est encore plus compliqué, souligne-t-il, c’est que les « collectes ne sont pas faites uniquement pour l’hôpital Yalgado qui consomme, c’est vrai, 70 % de la production du CNTS. Mais il y a aussi les CMA, l’hôpital Charles de Gaulle, les cliniques, les CHR comme ceux de Kaya, Koudougou… Tout ça concourt à rendre difficile l’approvisionnement en sang ».

Quelle solution alors ? Pour le Docteur Diallo, le plus important réside dans « une plus grande mobilisation des populations pour le don du sang ».

Et le Docteur de conclure : « Pour moi, c’est le nerf de la guerre qui manque : le Burkina Faso a adhéré au don de sang bénévole et gratuit. En principe le sang est gratuit pour le patient mais en réalité, il ne doit pas l’être. Premièrement, la poche dans laquelle il est mis doit être achetée. Les réactifs utilisés pour le tester doivent être achetés, les frigos pour conserver le sang, etc… , c’est l’Etat qui paye tout ça, dans un pays où tout semble prioritaire. Mais nous subissons les aléas de ces choix. En tout cas, nous, à notre niveau, on a du mal à mobiliser les ressources nécessaires pour le travail ».

Sur la même question, Mme Bambara née Ouédraogo, chargée de communication et de la promotion du don de sang, estime que l’accent doit être surtout mis sur la sensibilisation : « Comme vous le savez, la transfusion sanguine est tributaire du don de sang et pour cela, il faut amener les populations à s’intéresser à cela. Pour ce faire, nous utilisons les canaux traditionnels de communication notamment à travers les médias. Au-delà de ceux-ci, nous utilisons des instruments comme le théâtre forum, les projections de films… ». Est-elle alors satisfaite des résultats obtenus ? « Nous n’avons pas encore fait d’étude d’impact pour savoir comment les populations perçoivent notre message mais une chose est sûre : beaucoup savent que le don de sang existe mais de là à âtre prêt à faire le geste, c’est pas évident. C’est pourquoi, il faut qu’on continue le travail de sensibilisation ».

Un autre problème réside dans la décentralisation du CNTS et partant, de l’approvisionnement des Centres régionaux de transfusion sanguine (CRTS). Là, on ne peut pas dire que ce soit la joie.

Le Docteur Siaka Ouattara, Directeur du Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de Fada, nommé officiellement depuis le 28 septembre 2006 comme Directeur régional du CRTS Fada, nous dira «Jusque là, nous ne sommes pas encore fonctionnels » et en donne les raisons : « Cela s’explique sans doute par l’absence de consommables notamment les réactifs. Il y a en plus pour ce qui concerne Fada, le défaut de personnel. Dans le cadre du Projet BKF, le Luxembourg s’était engagé à construire et équiper le CNTS et les CRTS, et l’Etat s’était engagé à doter ces structures de réactifs et autres consommables. En attendant de quoi commencer le travail, je suis ici à Ouagadougou pour appuyer les collègues d’ici ».

Même problème pour le Docteur Ines Marlène Kaboré, Directrice du CRTS de Koudougou : « Nous ne sommes pas encore fonctionnels ; donc, on est ici à Ouaga pour appuyer nos collègues d’ici. Pour ce qui concerne le CRTS de Koudougou, nous avons déjà le personnel mais ça ne suffit pas pour travailler. Sinon, le bâtiment est prêt et équipé mais encore une fois, le manque de réactifs constitue un blocage ».

Sur la question du commerce qui se ferait autour de la vente de sang, le Docteur Ky Lansina, Directeur du CRTS de Ouaga, réagit avec prudence : « Il faut que les personnes à qui on propose d’acheter le sang collaborent pour qu’on puisse vérifier ces rumeurs et éventuellement, poursuivre les personnes qui s’adonnent à ce type d’activités ».

VT et SK



ERRATUM

Dans notre dernier numéro, à la rubrique Cocktail Flash, nous avons écrit ceci : « Extraits du n° 234 du 16 au 31 août 2007 d’Afrique Education, relatifs à la Côte d’Ivoire : «Après avoir été tour à tour pyromane, puis sapeur pompier (entendez bras armé de la France dans la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire), le président du Burkina Faso Blaise Compaoré pourrait redevenir –et rien ne l’en empêche- le pyromane qu’il sait être quand il se met au service de ceux qui oppriment l’Afrique. Il suffit tout simplement que, par exemple, Nicolas Sarkozy dont l’amitié avec le couple Ouattara n’est plus à démontrer, le lui demande. Ce serait adieu la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire, au moins pour cinq ans, voire, six, puisque le nouveau locataire de l’Elysée entendrait absolument faire (au moins) deux mandats ». Mais Nicolas Sarkozy pourrait aussi le faire pour le Niger s’il ne l’a déjà fait, ce qui expliquerait cette précipitation burkinabé devant l’opportunité ».

Il fallait bien sûr lire : « …. Ce serait adieu la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire, au moins pour cinq ans, voire, dix, puisque le nouveau locataire de l’Elysée entendrait absolument faire (au moins) deux mandats ». Merci de votre compréhension.





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