MÄRTHA
LOUISE DE NORVEGE
LA PRINCESSE QUI TROQUE LE TRONE DE NORVEGE
CONTRE CELUI DE SES REVES
Princesse
Märtha Louise de Norvège, est la fille
du Roi Harald V de Norvège. Ce roi a rompu
avec une certaine vie de la cour, marquée
par l’Etiquette, les convenances mais aussi
avec cette complicité légendaire
entre le peuple norvégien et la monarchie.
Ainsi, depuis son accession au trône en
1991, un vent de réformes s’est à
ce point emparé du royaume (qui remonte
aux Vikings) que les Norvégiens en perdent
leur latin et en viennent à douter de la
pérennité de la monarchie.
Les choses ont commencé lorsque réécrivant
l’histoire de Cendrillon, le monarque a
convolé en noces avec une roturière.
C’est vrai que cette dernière a montré
qu’elle avait de la classe, des humanités
comme en atteste sa facilité à apprendre
les langues étrangères et ses aptitudes
dans le domaine des arts mais elle n’en
demeure pas moins, comme qui dirait, d’extraction
secondaire et cela n’était pas fait
pour donner du lustre à la monarchie. Mais
le roi était décidé à
faire souffler le vent du changement dans la maison
royale.
Ce virus-là, il l’a tant et si bien
communiqué à sa fille Märtha
Louise, née en 1971, que l’on n’en
finit pas de dire d’elle « Telle fille,
tel père ! ». On pourrait même
dire que sur ce plan, par rapport à la
fille, le père apparaît comme un
timide apôtre du bouleversement des mœurs
royales.
Au grand désespoir d’un nombre de
ses sujets, elle a décidé de s’intéresser,
non pas par exemple aux sciences exactes, à
l’humanitaire mais au surnaturel, au paranormal,
estimant que c’est dans ce milieu que l’être
humain trouve les moyens de retrouver son humanité
et de préserver ses équilibres naturels.
Elle devient ainsi une chaude partisane des médecines
parallèles ou alternatives. Elle s’y
adonne avec ferveur. Elle tâte aussi de
la massothérapie (ensemble de techniques
de massage qui partagent un certain nombre de
principes et de méthodes ayant pour objectif
de favoriser la détente musculaire et nerveuse,
la circulation sanguine et lymphatique, le fonctionnement
des organes vitaux… et l’éveil
à une conscience psycho corporelle) et
pour être cohérente, Märtha
Louise ne néglige pas le «Healing
» (système de guérison par
l'énergie).
Aujourd’hui, c 'est tout naturellement qu’elle
est partie pour développer des initiatives
dans le domaine de la spiritualité, du
contact avec le paranormal, d’où
l’idée (tant qu’à faire)
de créer ‘L’école des
anges’ qui apprendra aux enfants à
communiquer avec ces anges dématérialisés
qui graviteraient autour de nous. On lui en tient
rigueur, la moque, l’accusant de desservir
la monarchie. Pourtant, il existe bien de philosophes,
de savants qui croient en la réincarnation,
à l’existence de mondes parallèles,
à la communication avec les esprits, aux
extraterrestres, et qui confortent leurs convictions
par des études scientifiques. On ne comprend
pas dès lors toute cette guerre sans merci
menée contre la princesse. Ainsi, le journal
Bergens Tidende, après avoir critiquer
son projet d’Ecole des anges, l’a
appelée à renoncer à son
rang de princesse pendant que, pour faire plus
radical, l’auteur suédois Jan Guillou
l’invitait à «aller se faire
soigner».
La princesse dit disposer de dons de voyance.
Et alors ? Il est reconnu scientifiquement que
les dons paranormaux existent et les cabinets
de voyance pullulent qui portent même concours
à des services étatiques en charge
de la lutte contre la criminalité. Tant
qu’elle n’utilise pas ses supposés
dons pour escroquer ou causer toute autre atteinte
à la loi, qu’on la laisse à
son « dada » si les Norvégiens
peuvent y trouver leur bonheur.
A cet égard justement, et curieusement,
il en existe en Norvège qui approuvent
les initiatives de la princesse : c’est
qu’il faut de tout pour faire un royaume
! Et comme en pied de nez à ces critiques,
voilà que fleurissent des commerces à
partir de ces nouvelles méthodes.
En tout cas, la princesse Märtha Louise ne
manque pas d’humour, elle qui défendant
son initiative sur la chaîne de télévision
publique NRK, a eu ces mots : «Je suis heureuse
de ne pas être née il y a 200 ans,
parce que j’aurais sans doute été
brûlée sur un bûcher depuis
longtemps».
Le
débat finalement devrait être clos
puisque la Princesse a fait savoir que si la liberté
pour elle de se consacrer à ce qu’elle
aime peut avoir pour effet de lui faire perdre
le bénéfice du trône, elle
était prête à en assumer les
risques. Et ce ne sera pas la première
fois qu’un prince renoncera au trône
pour d’autres amours ! Alors, soyons un
peu tolérants pour reconnaître des
espaces de liberté à la princesse
dont le seul tort est de vouloir continuer à
faire rêver des enfants en perpétuant
le mythe du Père Noël qui n’a
pas valu à ses promoteurs norvégiens
le bûcher !
CY