San
Finna N°430 du
10 au 16 Septembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
DOMINIQUE
DE VILLEPIN FAIT FEU DE TOUT BOIS
Profitant
de la sortie de son livre sur Napoléon, l’ancien
Premier ministre Dominique de Villepin multiplie les mises
en garde et les piques à l’intention de Nicolas
Sarkozy. Il a par ailleurs promis des révélations
dans le dossier Clearsteam.
Effet
Coupe du monde de rugby ou non, Dominique de Villepin
part au contact. Utilisant la sortie de son livre sur
Napoléon pour occuper l’espace médiatique,
il multiplie les tacles à l’intention de
l’actuel président de la République,
Nicolas Sarkozy. Invité sur TF1 dimanche dernier,
il pointe du doigt la rupture et l’ouverture souhaitées
par le président de la République, évoquant
une « unanimité stérile » et
le risque de « soumission » à Georges
W. Bush. Puis mercredi, dans les studios de la radio RTL,
il tir à boulets rouges sur Claude Guéant,
considérant que l’expression politique doit
« être celle de ceux qui sont responsables
», et qu’un secrétaire général
de l’Elysée n’a pas « de légitimité
politique » pour parler publiquement. Un peu plus
tard, sur France Inter, il ajoute à destination
de Nicolas Sarkozy : « ce n’est pas quand
vous êtes entouré de béni-oui-oui,
de cire pompes et de courtisans que vous faîtes
avancer un pays ». Un peu partout, Dominique de
Villepin cartonne l’actuelle majorité, sans
pour autant être passé dans l’opposition.
Il se définit comme « l’aiguillon d’une
majorité qui ne doit pas s’endormir sur ses
lauriers », dans un pays où « il n’y
a plus d’opposition.
Bien entendu, les sorties de Dominique de Villepin agacent
l’entourage du chef de l’Etat qui prie l’électron
libre de se remettre en question. Dimanche dernier, Patrick
Devedjan, secrétaire général délégué
de l’UMP, a suggéré à l’ancien
premier ministre, « un poste vacant dans l’opposition.
Et mercredi, le porte-parole de l’Elysée,
Laurent Wauquiez, lui a conseillé « de réfléchir
aux erreurs qui ont été commises pendant
sa période ».
Par ailleurs, Dominique de Villepin doit à nouveau
être entendu par les juges ce mercredi. Il y promet
des révélations et ne cesse de répéter
que Nicolas Sarkozy « n’a pas été
victime d’une machination ». Il a déclaré
à l’AFP qu’il donnerait « des
éléments nouveaux. Je dirai la vérité
sur l’affaire Clearstream. » « Le 13
septembre, la vérité fera un grand pas en
avant », a également déclaré
l’ancien Premier ministre, qui s’est dit «
diabolisé par un tour de passe-passe qui a fait
passer ce dossier industriel à politique ».
Il a aussi écrit aux juges d’Huy et Pons
pour « s’étonner du procès d’intention
politique » qui lui serait fait. Dominique de Villepin
se plaindrait également dans le courrier du montant
de sa caution (200 000 euros) et regrette de ne pas pouvoir
rencontrer Jacques Chirac.
L’ancien Premier ministre entend dire ce qu’il
pense. Pour l’heure, il est écouté…