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San Finna N°430 du 10 au 16 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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PROPRIETE INTELLECTUELLE
DES JOURNALISTES BURKINABE DESORMAIS OUTILLES

Le mardi dernier, à Ouagadougou, le Bureau burkinabé des droits d’auteur ainsi que la Direction nationale de la propriété industrielle (avec le soutien de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle) ont organisé une session de sensibilisation à l’attention des journalistes sur l’importance et les paramètres de la propriété intellectuelle. Session qui a connu la présence effective de tous les médias.

A cet atelier, bien de notions et de techniques qui échappaient aux journalistes ont été épluchées, et des informations portées à la connaissance des participants, comme cette commémoration le 13 septembre prochain, de la Journée africaine de la propriété intellectuelle par l’atelier.
Avant donc de détailler des extraits d’exposés des formateurs présents à cet atelier, définissons tout d’abord les trois organes que sont le BBDA, la DNPI et l’OAPI.

Le Bureau burkinabé des droits d’auteur, plus connu sous l’appellation BBDA, est chargé de l’affiliation des auteurs d’œuvre littéraires et artistiques.

La Direction nationale de la propriété industrielle (DNPI) pour sa part, est chargée de la mise en œuvre de la politique du ministère en matière de propriété industrielle. Elle œuvre en outre, entre autres, à la promotion de la propriété industrielle dans les entreprises, à valoriser les inventions et innovations technologiques, à mettre en place une documentation en matière de propriété industrielle, à nouer des relations avec les organisations chargées de la propriété industrielle, à faciliter la communication entre les utilisateurs et l’OAPI.

L’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), née en septembre 1962 et dont la dénomination était à l’origine Organisation africaine et malgache de la propriété intellectuelle (OAMPI) : c’est suite au retrait de Madagascar qu’elle est devenue OAPI avec l’accord de Libreville de mars 1977. Elle compte 16 Etats membres dont le Burkina Faso depuis juin 2001.

Entre autres objectifs, l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle participe à la réalisation de développement industriel des Etats membres en assurant la protection et la publication des titres de propriété industrielle, en encourageant la créativité et le transfert de technologie par l’utilisation des systèmes de la propriété intellectuelle, en mettant en œuvre des programmes efficaces de formation pour améliorer les capacités des système OAPI à offrir des services de qualité..

Trois exposants ont fait le tour des interventions. Il s’agit tout d’abord de Mr Léonard Sanou du BBDA qui a entretenu les journalistes sur les droits d’auteurs.

D’entrée de jeu, il parlera de la propriété intellectuelle et de ses subdivisions, lesquelles sont la propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique. C’est de cette dernière propriété que découlent les droits d’auteurs et voisins (connexes). Alors qu’est-ce que les droits d’auteurs ? Mr Sanou dira à cet effet que c’est l’ensemble des normes internationales et nationales qui régissent la propriété sur un bien (livres, logiciels et autres). En d’autres termes, il ajoutera que c’est l’ensemble des prérogatives que confère la loi à un créateur (inventeur). Qu’est-ce alors une création ? C’est selon l’intervenant, une œuvre qui est caractérisée par l’expression des empreintes personnelles du créateur.

Poursuivant, il ajoutera que le droit d’auteur ne protège pas les idées mais la forme d’expression de l’idée qui doit revêtir une originalité. Pour avoir la qualité d’auteur, il faut obligatoirement être une personne physique, exception faite des œuvres collectives. Mais ce qui importait le plus aux journalistes était de savoir quels avantages conféraient le droit d’auteur. Ils n’ont pas eu le temps de l’exprimer car l’exposant abordera amplement le sujet.

Il y a deux catégories d’avantages. La première est un droit moral, en ce sens que la personnalité de l’auteur est rattachée scrupuleusement à sa création. Cet attribut du droit d’auteur ainsi que le respect de l’intégrité de l’œuvre, le droit de retrait ou de repentir. L’autre avantage est le droit patrimonial, qui est purement un droit pécuniaire.

Ensuite, l’exposant, le directeur de l’exploitation du recouvrement et du contentieux du BBDA, fera une brève présentation de la structure, explicitant les rapports entre son service et les auteurs. Le BBDA est donc un instrument étatique (mais avec autonomie de gestion) qui participe à la gestion collective des œuvres. Ce service permet de jouer le rôle d’interface entre la multitude de consommateurs et les artistes. Il autorise donc tous ceux qui veulent exploiter les œuvres et collecte par la suite les frais y afférant en vue d’une répartition aux auteurs.

Les détails, il n’en a pas manqué tout au long de son exposé, toutes choses qui ont permis un long débat avec les journalistes jusqu’à aller grignoter dans le temps imparti, aux intervenants futurs.

Deux intervenants feront par la suite leur entrée dans les débats : il s’agit de Mr Zerbo Adama et du Directeur national de la propriété industrielle, Mr Etienne Bayala. Avant toute chose, le Directeur a tenu à dire ce qu’était la propriété industrielle. Il dira à ce titre : « L’expression ‘propriété industrielle’ n’est pas une réalité tangible, par exemple des usines, du matériel ou des matériaux destinés à la fabrication industrielle mais une réalité intangible quoique, dans la plupart des cas, extrêmement précieuse. Cette expression désigne un genre particulier de propriété ».

Il citera alors trois types de propriété : le premier concerne les aspects mobiliers. Ces objets ne peuvent être utilisés par personne d’autre que par leur propriétaire ; le second type est relatif aux bien immeubles, c’est-à-dire la terre et les choses qui y sont fixées en permanence et qu’on ne peut déplacer sans en altérer la substance. Le troisième type concerne la propriété intellectuelle. Relèvent de la propriété intellectuelle, les créations de l’esprit humain, de l’intellect.

Après avoir détaillé les branches de la propriété intellectuelle et défini les droits y afférents, Mr Bayala est allé nous situer sur le cadre institutionnel de la propriété industrielle, parlant tour à tour de la signature de la Convention de Stockholm en juillet 1967 instituant l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle, de la DNPI, de l’OAMPI et de l’OAPI.

Quant à Monsieur Zerbo Adama, il exposera sur trois sujets : les mécanismes d’exploitation du droit de propriété industrielle, les titres de propriété industrielle et mécanismes de leur protection et enfin la contrefaçon, ses dangers et manifestations.

Cette dernière partie de l’atelier a été fort intéressante pour les journalistes qui ont manifesté leur intérêt par des contributions et autres questions.

Nous tâcherons de revenir une prochaine fois sur le sujet de la contrefaçon et de la protection industrielle étant donné que les deux domaines sont assez vastes.

Thierry Nabyouré






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