Mise à jour le 09/09/2007
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San Finna N°430 du 10 au 16 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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MOHAMED ALI/LAÏLA ALI
DEPUIS QUAND UN CHAT ENGENDRE UNE CHIENNE ?

Mohamed Ali
Cassius Clay, définitivement pour l’histoire Mohamed Ali, est un homme exceptionnel qui a connu l’élixir des plus grandes gloires mais aussi les coups les plus durs de la vie au propre comme au figuré. Il en porte aujourd’hui les stigmates irréversibles à travers la défigurante maladie de Parkinson.

L’homme n’a jamais souhaité à quiconque de vivre les conditions de sortie de carrière qu’il vit et surtout pas aux femmes. Définitif, il en disait justement ceci : « Les femmes ne sont pas faites pour être frappées à la poitrine et au visage comme ça (…) leurs corps n’est pas fait pour être boxé». Alors, si c’est la chair de sa chair qui embrasse cette carrière, on comprend que le cher Ali puisse en éprouver des angoisses perpétuelles. Pourtant, Laïla Ali, la fille de son père, a bel et bien été piquée par le même virus de la boxe.

Tout ne lui a pas été donné, faut pas croire. Elle a connu les déchirures que connaissent les enfants de divorcés ; elle a même plongé dans la délinquance et purgé trois mois de prison pour vol à la tire.


Laila Ali en habit de soirée
Laïla, deuxième d’une nombreuse famille, a su aussi prendre des bons côtés de son père. Ainsi, a-t-elle proprement éclaté dans le dur métier de la boxe, à l’exemple de son père. Il ne faut pas s’y tromper : ce n’est pas parce qu’elle est née Ali que tout naturellement, elle a bénéficié de l’onction et du succès de son père. Elle a dû, c’est le cas de le dire en la circonstance, jouer des poings pour faire sa place au soleil, remporter ses victoires. Et ces victoires, elle ne les voulait pas modestes, encloses dans leurs seuls USA ; elle les voulait vastes comme son père les a voulues, jusqu’ à la dimension du monde.

C’est ainsi qu’elle deviendra elle aussi championne du monde WBC des Super Mi-lourds. Depuis qu’elle est passée professionnelle en 1999, la jeune fille, bien de sa personne puisque la nature n’a pas été chiche en grâces ni pour son père ni pour elle, vole de victoire en victoire.

Elle aussi a appris à tourbillonner comme le vent pour esquisser les coups et foncer comme l’abeille pour en décocher. C’est ainsi que ses gants, en 24 apparitions sur le ring, lui ont permis de piquer 21 fois et de laisser ses adversaires au tapis, pour le compte.

Des combats historiques autant que médiatiques, elle en a aussi connus. Un particulièrement a revêtu les formes d’une revanche historique : c’est celle qui, le 8 juin 2001, l’a opposée , dans un combat version Mohamed Ali/George Foreman quelques 26 ans auparavant en Afrique, avec Jaqui Frazier, la fille du bien nommé Joe.

Aura-t-elle la même fin de carrière que son père à force de recevoir des coups à la poitrine et au visage ? C’est là que leurs vies semblent quelque peu devoir s’écarter. Laïla aime certes porter les gants mais elle a aussi eu très tôt pour violon d’Ingres, le cinéma et s’intéresse au sport comme aux associations caritatives. Elle a déjà tourné dans plusieurs des films, participé à des sitcoms et à de nombreux shows télévisés, non sans talent.
Elle se consacre aussi, de façon remarquée, à l’humanitaire à travers la Fondation qu’elle vient de créer (et qui porte son nom) pour aider les jeunes délinquants.

Nul doute qu’avec toutes ces cordes à son arc et avec l’appui qu’elle ne manquera pas d’avoir de l’ancien joueur de football américain, Curtis Conway, avec lequel elle vient de convoler en justes noces à Los Angeles, le 23 juillet 2007, elle saura donner un autre cours à sa fin de carrière pour faire son bonheur, celui des enfants qu’ils auront et celui du Père Ali.

CY






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