Mise à jour le 16/09/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°431
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°431 du 17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

FORFAITURE DEMOCRATIQUE AU FASO
AU FOND, ET SI LE TRAITRE, C’ETAIT AUSSI LE PEUPLE ?

Lorsqu’on parle de l’enlisement de l’Afrique, de son décrochage du train de la démocratie, du développement et finalement, de sa vocation à être l’éternelle évacuée de l’histoire, il y en a qui en imputent la responsabilité majeure à l’esclavage, à la colonisation, à la néo-colonisation. Pour dire vrai, le préjudice continu qui en résulte pour le continent est incommensurable ; il porte même le plus grand contentieux historique dont le règlement est contrarié par une espèce de conspiration qui se nourrit d’amnésie, de négationnisme, de déni de justice internationale. Mais l’Afrique est, depuis les origines (à commencer par les rois nègres complices du commerce triangulaire puis des valets locaux de la colonisation), elle-même comptable des torts dont elle a été et reste victime. Le sont en ce moment en particulier ses gouvernants, ses politiques de l’opposition, ses leaders de la société civile, ses intellectuels. On ne refera pas ici l’histoire des Bokassa, des Idi Amin et autres Mobutu, dont les émules malheureusement, poursuivent vaillamment le travail. Ils ont été et restent encore effectivement un mal pour leurs pays, pour le continent du point de vue matériel et moral.

De la même façon, on ne peut pas omettre d’inclure dans l’accusation, les leaders de partis politiques (singulièrement de l’opposition), ceux des syndicats, des mouvements de droits de l’homme et autres associations, des responsables de confessions religieuses, d’organisations coutumières sans oublier les intellectuels…. Ils sont aussi, à des degrés divers, coupables de cette situation, eux qui, chargés d’éclairer le peuple, de le défendre, ont souvent fui leurs obligations par peur ou tout simplement tourné casaque pour tirer profit des gouvernances prébendaires.

Soit mais jusqu’à présent, il y a un vaste champ de responsabilité en friche que l’on se refuse de labourer : c’est celui du peuple lui-même. On comprend que ce soit délicat. Le peuple, par définition, c’est l’intouchable suprême. Il est dans la Constitution, le premier pouvoir, venant avant l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire puisque c’est lui qui fonde le pouvoir. Il faut le respecter, le craindre. Notre Constitution justement, écrit en son article 166 que « La trahison de la patrie et l’atteinte à la Constitution constituent les crimes les plus graves commis à l’encontre du peuple ». C’est tout dire !

On relèvera que cette position de prééminence du peuple a même dans l’histoire, débouché sur sa sacralisation. Les révolutionnaires français, par souci de décrocher avec la monarchie absolue et suspicieux vis-à-vis de la religion (à leurs yeux, complice sinon génératrice de la monarchie de droit divin) ont même élevé le peuple au rang d’être suprême, autrement dit de Dieu, avec la création d’un ordre et des célébrations à l’appui.

C’est dire combien est délicate, et pourrait même apparaître injurieuse, blasphématoire, toute tentative d’imputer une quelconque responsabilité au peuple, infaillible par définition. N’est-il pas le maître d’œuvre, le censeur en ultime recours de la gouvernance ? Mais voilà, il en est aussi la victime la plupart du temps.

Pour autant, des hommes ici et là ont quelque peu osé, comme on dit, franchir le rubicond.

Lorsque Thomas Sankara disait «Quand le peuple se met debout, l’impérialisme tremble », il ne faisait pas dans le nébuleux, dans la complaisance. Il pointait du doigt le peuple (en donnant en exemple les révolutionnaires) pour lui dire qu’il est le seul artisan de sa libération. Norbert Zongo préjugeait aussi cette supériorité du peuple lorsque de manière plus critique (et un rien dépité en raison du climat de mal gouvernance ambiant), il reprenait à son compte cette sentence proverbiale que les peuples n’ont que les gouvernants qu’ils méritent. Là, il suggérait au peuple de ne pas trop verser de larmes de crocodile quand il se trouve victime de la gestion des gouvernants. Ce serait en effet comme se prévaloir de sa propre turpitude puisque c’est sa volonté qui fait et défait les dirigeants.

Alors, dans cette vaste accusation de trahison contre le peuple, il faut reconsidérer les choses. C’est vrai que celle des leaders et des clercs est constante, qu’elle est particulièrement sensible dans ce contexte de régression démocratique où Blaise Compaoré (non content d’exercer une troisième mandature dans l’illégalité), face aux silences coupables, se projette allègrement au-delà de 2010, en rebondissant insidieusement sur une question de Alpha Barry par rapport à ses projets après 2015. Tout cela, encore une fois, est bien vrai. Mais on ne peut pas, malgré tout, ne pas appeler en cause le peuple. Le traître, quand on examine au fond la situation, et que l’on se remémore les paroles de Thomas Sankara et de Norbert Zongo, ce pourrait être aussi le peuple lui-même.

Du reste, il n’est pas rare dans les discussions d’entendre dire que le Burkinabé n’est plus le Burkinabé d’antan, que le peuple est fatigué, vaincu par un pouvoir qui, à force, lui a inoculé le virus de la soumission. Et là-dessus, on invoque habituellement le cancer de la fraude, de la corruption, l’inversion des valeurs jusqu’au niveau de la jeunesse, dévitalisant par le fait les énergies populaires.

Est-ce la justification du cliché, du Noir ayant la vocation à la domination, incapable de s’insurger contre la fatalité, comme dirait l’autre ? Est-ce la fin ? Peut-être pas. Bien des peuples ont ainsi touché le fond avant de remonter !

La Rédaction






Site réalisé par Come Tell The World