Mise à jour le 23/09/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°432
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°432 du 24 au 30 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Nos archives

DOUBLE CELEBRATION DU 15 OCTOBRE 2007
INSIDIEUSE BIPOLARISATION
QUI POURRAIT NE PAS PROFITER AU POUVOIR

La galaxie Compaoré a décidé, pour les 20 ans de l’avènement au pouvoir du locataire de Kosyam, de rappeler avec faste ce 15 Octobre. Mais il se trouve que cette date, célébrée chaque année par les seuls Sankaristes, s’entoure aussi en ce 20 ème anniversaire de la liquidation de leur héros, d’un symbolisme très fort. Voilà une situation de confrontation qui porte en germe, une bipolarisation entre Sankaristes et partisans de Blaise Compaoré quand dans l’opinion, il existe une tierce opinion bien réelle et non négligeable.

Toutefois, en s’invitant dans ce souvenir pour lequel il avait jusqu’à présent gardé un profil bas, le pouvoir qui recherche cette réduction bipolaire de la vie politique entre anciens camarades du CNR, n’a peut-être pas, comme il pourrait le penser, joué la carte gagnante. Il pourrait avoir fait un mauvais calcul en pensant qu’il n’a que des avantages à forcer la comparaison entre le régime de Thomas Sankara et celui de Blaise Compaoré, pariant qu’en matière de passif sur les droits de l’homme entre les deux régimes, il n’y a pas « match » car celui du premier reste plus lourd que le second. Cependant, une analyse objective du contexte national et international pourrait montrer que le jeu n’est peut-être pas si près d’en valoir la chandelle.

En externe, l’étoile du pouvoir est déclinante. Même si les médias continuent à en faire leurs choux gras, il faut reconnaître que les beaux jours des proConsuls et autres autocrates sont menacés par bien de signes : départ de Kofi Annan, de Jacques Chirac, avènement de Gordon Brown, éveil des opinions occidentales aux réalités de la Françafrique, volonté des institutions internationales de traquer les dirigeants qui spolient leurs peuples et en expatrient les richesses à l’étranger (1). Le régime ne pourra donc plus avancer ses billes dans la sous région en maître et seigneur, comme par le passé. Ce n’est pas pour rien qu’il démarche à tout casser pour des médiations, histoire de ravaler son image et de faire oublier son passé sanglant. Bref, les choses ne sont plus aussi glorieuses en externe !

En interne, ce n’est guère mieux. La dernière conférence de presse à Kosyam vient, après tant d’autres clignotants (colère des commerçants, émeutes des Kunde, grande gueulante des militaires) de le démontrer. Le malaise est perceptible. Il se nourrit d’une gouvernance qui n’a pas, malgré des indicateurs donnés pour extrêmement favorables, consacré de cette fameuse croissance positive régulièrement vantée, à la lutte contre la pauvreté. Mais il se nourrit aussi de l’illusion que le pouvoir a d’ avoir pour toujours dompté le jeu politique et ses acteurs, et qui le pousse à mépriser la diversité des opinions, à fermer la porte à la sève nourricière de la contradiction démocratique. Non content de creuser les frustrations, le régime s’est enfermé sur lui-même, réduit (on le constate) à vivre les affres de la division, de l’usure du pouvoir et de la sclérose.
A l’occasion des 20 ans de la disparition du président du CNR, les Sankaristes ne seront donc pas les seuls à la commémoration. Il y aura avec eux bien de damnés du Faso, d’oubliés sur les bas côtés de la croissance. Beaucoup, qui n’ont pas été de la grande aventure, qui ne l’ont pas appréciée et qui n’escomptent pas pour le pays le retour au sankarisme, seront à leurs côtés. Ils seront là parce qu’ils réprouvent les conditions de la disparition de Thomas Sankara, l’absence de vérité et de justice sur son assassinat, parce qu’ils estiment que le Burkina Faso reste en attente d’une révolution démocratique authentique ; ils seront là, porteurs des demandes de vérité et de justice pour Norbert Zongo et bien d’autres victimes ; mais ils seront là aussi, représentatifs de la tierce opinion, déçue de la 4ème République et qui ne trouve pas d’espace d’expression face au verrouillage de la vie politique. Le 15 Octobre à venir peut être donc, pour eux tous, une occasion de dénoncer au monde entier, l’impunité d’Etat, la mal gouvernance qui sévit au Burkina Faso et que l’on cache derrière un écran de fumée.

A l’occasion de ces 20 ans, les Sankaristes seront également épaulés, au-delà de cette tierce opinion nationale, par le mouvement altermondialiste. Ce n’est pas rien ! Ces combattants de la mondialisation ultralibérale viendront pour participer à des conférences, accorder des interviews, se rendre sur la tombe de Thomas Sankara à Dagnoen. Ces femmes et ces hommes ne risquent pas de faire ce voyage pour raser les murs ni seulement pour aller en pèlerinage mais pour protester, à leur façon décomplexée contre la mondialisation à visage inhumain caractérisée par le pillage des richesses non renouvelables de l’humanité, contre l’exploitation des pays pauvres par les pays riches, contre l’impunité, la mal gouvernance..

C’est ce qui fait dire que ce 15 Octobre, contrairement à l’attente du pouvoir, peut tourner en sa défaveur et même relancer une contestation en interne contre les crimes économiques et de sang, les violations de la Constitution, les fraudes électorales d’Etat.. Le pouvoir en définitive a croisé le fer avec une opinion plus large qu’il ne le croit. A un moment où en face on ne semble pas rouler sur l’or, il mettra certainement le paquet, comme dans un combat de survie, conscient que s’il rate son coup, c’est lui qui sera mis au tapis pour le compte. Mais l’évènement, qui a des chances d’être vécu dans un consensus des contre-pouvoirs en mondovision, pourrait empêcher toute tentative d’étouffer la clameur qui partira de Ouagadougou.

(1) NDLR : voir plus haut notre Editorial


TN


TOURNEE NATIONALE DU PREMIER MINISTRE
UNE FAÇON DE RATTRAPER LA « BOULETTE » DU CENTRE OUEST ?

Même si la sortie du premier Ministre dans son Centre Ouest natal n’a pas eu pour intention de montrer des préférences et une volonté de faire beaucoup plus pour cette région que pour les autres, il faut observer que l’initiative n’a pas été célébrée comme lui-même l’aurait souhaité.

Premièrement, elle a péché par son côté partisan un peu trop marqué, donnant l’impression qu’il était plus le premier Ministre du CDP que celui du Burkina Faso dans toute sa diversité.

Deuxièmement, de se rendre prioritairement au Centre Ouest, à un moment où on dénonce des velléités régionalistes, ethnicistes au Faso, n’était pas un choix des plus appropriés. Et c’est ce qui a été majoritairement ressenti au niveau de l’opinion au point qu’à la désormais historique conférence de presse de Kosyam le 6 septembre dernier, la question est naturellement revenue dans les échanges.

Est-ce pour ne pas se contenter de répondre comme Blaise Compaoré « Chacun est de quelque part » qu’il a décidé de « démocratiser » ses visites, de montrer qu’il est pour tout le Burkina Faso ? On pourrait bien le penser.

En tout cas, cette boulimie de sorties sur le terrain peut avoir cet avantage de prouver qu’il n’a pas de préférence et de faire oublier les premières impressions.

On pourra dire que c’est par là qu’il aurait dû commencer, servir les autres régions avant de venir dans la sienne propre.

Il lui reste maintenant à ne pas faire de discrimination entre les régions et aux autres Ministres qui ont fait les mêmes « boulettes », à se bouger pour couvrir le territoire national. Ca ne fera pas de mal aux populations qui n’aiment rien tant que les visites des officiels. Comme quoi, à quelque chose, malheur peut être bon !

CY





Site réalisé par Come Tell The World