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San Finna N°432 du 24 au 30 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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PANG JIAYU
LE « MAITRE-CUISSEUR » DE BAOJI
ENTUBE PAR SES VICTIMES


C’est l’histoire, pourrait-on l’appeler, d’un homme à qui tout réussissait dans la vie mais qui a été perdu par ses frasques mais surtout par ses fortes dépendances sexuelles.

Tout commence à Baoji, une ville industrielle située dans le Shanxi à l’est de Xian, en Chine populaire. Là-bas, un homme, qui semblait avoir bien de bosses (des affaires, de la politique…) devient en 1994, maire de la ville de Baoji. Les choses marchent bien pour lui. Mais l’édile avait pour collaborateur un certain Li Simin, de son surnom, qui fut autrefois son supérieur. Il devint son homme à tout faire, son souffre-douleur. Rien de tel pour retourner à l’envoyeur d’anciennes humiliations. A ce petit jeu, il devait aller très loin.

Tenez, un jour, il proposa comme ça, une escapade à ses employés dans un site touristique propice aux escapades, chacun ayant eu préalablement pour instruction d’amener son conjoint. Sitôt dit, sitôt fait : et puis le soir venu, ne voilà-t-il pas que Li Simin est brusquement rappelé -comme par extraordinaire- en ville pour régler un problème des plus pressants.

Alors que toute affaire cessante, il s’y rend, Pang Jiayu lui, se retrouve tranquillement dans la chambre de la femme de Li Simin et que l’on appellera également pour les besoins de la cause, Zeng Qian. Et là, il se met à étaler devant la femme, des photos de Li Simin en compagnie de prostituées, dans des postures non équivoques. Alors que Zeng Qian était dans tous ses états, subrepticement, Pang Jiayu aurait glissé une drogue dans son thé. Le lendemain, la femme se réveilla, toute surprise de constater qu’en lieu et place de son mari, c’est le maire qui était couché à ses côtés, dans son plus simple appareil. Il n’a pas fallu lui faire un dessin pour qu’elle comprenne que l’homme, qui n’avait pas dû chômer la nuit, se reposait de ses ardeurs à ses dépens !

A force de remettre ça, Pang Jiayu finit par acquérir dextérité et notoriété. C’était l’homme qui, comme Lucky Luke, tirait plus vite que son ombre mais avec un autre revolver, et on l’appelait ainsi le « maire braguette ».

Le plus drôle dans tout cela, c’est qu’un véritable droit de cuissage avait fini par s’instaurer, au vu et au su de tous, et il n’était pas rare que des fonctionnaires soucieux de promotion, prennent sur eux-mêmes de motiver leurs femmes pour qu’elles aillent tailler un brin de bavette avec leur culbuteur de maire et de patron.

Si à Baoji, il y a quelqu’un à qui le bonheur faisait des risettes à n’en plus finir, c’était bel et bien à son maire qui joignait allègrement l’utile à l’agréable, combinant parfaitement les affaires et le sexe. Et comme le pouvoir appelle le pouvoir comme l’argent appelle l’argent, il est en 1998 nommé Secrétaire général du parti à Baoji. Il a alors entre ses mains, tous les pouvoirs, ce qui lui permet de faire montre de plus de largesse en distribuant ici et là, faveurs et autres prébendes, notamment comme c’est souvent le cas chez nos délinquants en col blanc, à travers l’attribution de contrats.

Décidément, on l’avait à la bonne en haut lieu, ce sacré Pang Jiayu. Il gagna en effet encore du galon et devint vice président de l’Assemblée consultative du peuple de la province du Shanxi.

A ce train-là, il aurait bien pu finir à la place de Hu Jintao, président de la grande Chine. Mais voilà : tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse. Et plus haut, monte le singe sur l’arbre, plus il montre son cul sale. Pang Jiayu finit par laisser entrevoir nombre de ses travers.

Une société semi-publique d’investissement, à la tête de laquelle il avait placé son bien dévoué Li Simin, flanqué de deux autres fonctionnaires qui lui prêtaient aussi habituellement de leurs femmes, est en difficultés. Un projet d’infrastructures juteux dans le secteur de l’eau, tombé dans son escarcelle, est surfacturé au double de son prix. Comble de malheur, l’ouvrage est mal réalisé. Et voilà la chance qui tourne à 180 °.

Une enquête est commandée. Sentant le revers de fortune venir, Pang Jiayu qui n’est pas à une entourloupe près, convoque Li Simin et ses collaborateurs immédiats pour leur tenir à peu près ce langage : «Vous savez bien que je suis puissant, que j’ai les bras longs ; je vous conseille d’endosser toute la responsabilité de l’affaire ; moi, je monterai le plus haut possible pour intervenir en votre faveur et vos peines seront fortement diminuées sinon effacées ». de la même façon qu’ils avaient accepté de lui envoyer leurs épouses pour ses petits besoins, ils acceptèrent le « deal ». Mais voilà, quand la chance se carapate, c’est souvent pour de bon.

Et Li Simin et ses deux adjoints se réveillent au lendemain du procès, avec des gueules de bois. En Chine, on ne badine pas avec ces choses-là. Il n’y a pas d’histoire de bras longs qui tiennent. C’est ainsi que Li Simin écopa de la peine de mort et les deux autres adjoints, de longues peines de prison.

Alors, c’en est de trop : l’épouse de Li Simin, inconsolable de devoir perdre son mari, après s’être tant offert aux appétits du « maire braguette » fait la tournée des nombreuses victimes qui, comme elle, ont été obligées de sacrifier au droit de cuissage afin de constituer la coalition de la vérité.

Sans craindre ni honte ni réprobation sociale, les femmes (jusqu’au nombre de 11) se mettent en train, ameutent l’opinion et très vite, l’ affaire est reprise en écho par une presse d’autant plus passionnée que l’opinion suivait l’affaire du « maître-cuisseur » avec passion, en redemandant encore et toujours.

Mais la fin de l’histoire a toutes les chances de mal se terminer pour le maire trousseur qui a fini par rejoindre une liste de corrompus et de joyeux lurons en attente des décisions à prendre par le 17ème congrès du Parti communiste qui approche à grands pas. Quand on sait encore une fois qu’on ne badine pas là-bas avec la corruption des hauts fonctionnaires, on comprend le stress profond dans lequel doit se trouver Pang Jiayu qui risque de tout perdre, jusqu’à la vie, pour avoir trop et mal étreint !

CY






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