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San Finna N°431 du 17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

LE « FILON » DE L’ANCIEN PREMIER MINISTRE DE VILLEPIN
POUR REBONDIR

Le cas De Villepin est intéressant, pas seulement pour la France mais aussi pour l’Europe, l’Afrique, le Moyen Orient... L’ancien locataire de Matignon construit, à travers une sorte d’OPA (NDLR : offre publique d’achat) sur l’opinion, sa défense en justice en même temps qu’une contre-proposition à la politique de Nicolas Sarkozy. Il en suit à la trace la politique dans sa formulation comme dans sa mise en œuvre, pour mieux la détruire. Ca peut payer en interne en séduisant les déçus.

Face à une majorité qui se sent cocufiée par une ouverture qui n’en finit pas de s’élargir et qui récompense des gens qui ont combattu Nicolas Sarkozy au lieu de ceux qui l’ont supporté, et face à une érosion croissante des dogmes du gaullisme par un rapprochement outrancier avec l’Oncle Sam, Dominique de Villepin peut faire des ravages dans la majorité. Il le sait bien et il en joue à fond en adoptant la posture du résistant qui veut ramener la barre vers la cohésion et la solidarité dans la famille.

D’autre part, devant une opposition sortie groggy d’une confrontation électorale qu’elle était placée pour gagner, il vient combler un vide, un vide qui s’accuse par le fait de cette opposition désunie, en souffrance d’un leadership consensuel, pour remplir son espace. De Villepin pourrait apparaître comme le contradicteur le mieux placé pour travailler au corps le pouvoir afin de le mettre à portée de l’opposition.

Mais la stratégie de De Villepin peut aussi payer en externe en séduisant d’autres déçus. Ceux-ci se trouvent d’abord au niveau de l’Europe où un certain nombre de pays n’apprécient pas en effet cet expansionnisme, cette voracité de Nicolas Sarkozy qui s’impatronise comme le leader naturel de l’Europe et qui n’hésite pas, par un excès de volontarisme, à leur marcher sur les pieds.

Ces déçus sont aussi au Moyen Orient et comprennent tous ceux qui n’apprécient pas la politique arabe du numéro un français et qui est moins favorable aux Palestiniens, au Hezbollah libanais, à la Syrie, à l’Iran. Ceux-ci pourraient regarder avec intérêt les postures de Dominique de Villepin surtout lorsque dans la majorité, certains produits de l’ouverture en viennent à ne pas écarter, voire à admettre, l’occurrence d’une guerre contre l’Iran.

En Afrique également, l’ancien premier Ministre peut recruter. Il y a dans ce continent, beaucoup d’orphelins de la Françafrique qui rongent leur frein par rapport au discours sur la rupture. Ils ont beaucoup de moyens, beaucoup d’influence, notamment au niveau d’institutions internationales. Ils pourraient faire bloc autour de Dominique de Villepin et redonner vie au réseau chiraquien pour ne pas perdre leur paradis ; sans compter que Nicolas Sarkozy dans la même Afrique se trouve en difficulté vis-à-vis de ceux qui avaient escompté des changements avec son élection et qui depuis le Discours de Dakar, s’en mordent les doigts.

Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres, l’homme pourrait avoir été inspiré en adoptant cette posture atypique, qui le situe dans l’opposition sans y être et hors de la majorité tout en y étant. Il pourrait ainsi ratisser large à la manière de Sarkozy qui, tout en étant de la Droite, a fait des plongeons de tous côtés, sous prétexte d’incarner la nouvelle France plurielle, trans-idéologique.

Mais attention, tout cela est cependant suspendu au couperet de la décision de justice qui pourrait briser net son élan en l’envoyant en prison.

VT






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