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San Finna N°433 du 01 au 07 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

ECOLOGIE EN FRANCE
DES PROPOSITIONS POUR ALIMENTER LE DEBAT

Les groupes de travail du Grenelle de l’Environnement ont rendu publiques leurs premières conclusions, concernant la future politique écologique de la France. Reste que sur certains points, on est loin du consensus.

Les présidents des six groupes de travail du Grenelle de l’Environnement ont présenté la semaine dernière, au ministre Jean-Louis Borloo, leurs propositions pour redéfinir la politique écologique de la France et réduire les émissions de gaz carboniques.

En ce qui concerne l’atelier consacré aux cultures génétiquement modifiées, on s’est accordé sur l’objectif de « garantir à l’agriculteur le choix de son itinéraire : bio, conventionnel ou OGM ». Il y a quelques jours, Jean-Louis Borloo avait laissé entendre qu’un moratoire sur les OGM était envisageable. Il faudra attendre le Grenelle de l’Environnement prévu fin octobre, pour en savoir plus.

Autre mesure phare soumise à réflexion : réduire la vitesse des voitures de 10 km/h sur le réseau routier et autoroutier. Le groupe de travail sur le climat propose aussi de pénaliser les voitures les plus polluantes, via l’instauration d’une vignette qui pourrait coûter jusqu’à 1000 euros par an, aux automobilistes pollueurs. Le même groupe de travail invite également les pouvoirs publics à mettre l’accent sur les économies d’énergie dans le bâtiment, premier consommateur d’énergie en France. Pour ce faire, il propose notamment d’indiquer la consommation en énergie d’un appartement ou d’une maison, à côté du prix de vente.

Toutefois, certains sujets n’ont pas fait l’unanimité parmi les membres de tous horizons politiques, qui siègent à ces groupes de travail. Aucun consensus sur le nucléaire, et l’abandon du projet de réacteur EPR, que le gouvernement avait dit d’emblée non négociable. Aucune entente sur l’utilisation des pesticides ou le traitement des déchets. « L’objectif de réduire l’utilisation des pesticides de 50% d’ici à dix ans est approuvé par une majorité, mais dès qu’il s’agit d’imposer des contraintes, d’interdire certains produits, l’industrie chimique et le monde agricole montent au créneau. Compte tenu des enjeux de santé publique, on ne peut se satisfaire de ce statu quo » a déclaré au Monde, André Cicolella, de la Fondation Sciences citoyennes.

Même impasse concernant les incinérateurs. « Ne pas envisager de remettre en cause les incinérateurs ferme la porte au déploiement d’un système plus intelligent fondé sur la valorisation des déchets, comme cela se pratique chez nos voisins » complète Daniel Richard, du World Wild Fund (WWF).

Reste que les associations de défense de l’environnement ont apprécié que les débats tournent enfin autour des mesures qu’elles préconisent.

Les recommandations seront soumises à un débat public sur Internet et dans les régions, avant la table ronde du Grenelle proprement dit, fin octobre, et l’arbitrage final du président de la République.

Matthieu Herault






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