*
Sont quasiment annoncés, pour le 20 ème
anniversaire de l’accession de Blaise Compaoré
au pouvoir, Gbagbo et Lula. On parle aussi de l’invitation
adressée à l’UMP qui pourrait envoyer
une délégation. Quand saura-t-on, par
voie officielle et non plus par indiscrétion
des médias, quelles sont les personnalités
invitées et quelles sont celles qui ont confirmé
leur présence ? C’est ça aussi,
la transparence !
* Le secteur économique au Burkina Faso a plus
que jamais le spleen. A Bobo-Dioulasso, où le
premier Ministre a battu le rappel des acteurs de notre
économie nationale, il semble qu’on n’ait
pas utilisé la langue de bois pour dire que les
choses ne roulent pas au Faso et surtout pas à
l’Ouest. Les lendemains de cette grand-messe de
Sya véhiculent des interventions les plus corsées
à cet égard. Un des participants aurait
même laissé entendre, selon les bruits
qui courent, que l’on a parlé « dèguè
» (NDLR : vertement) tellement on a ras-le-bol
de voir les choses bloquées au niveau des affaires.
* Un jeune Chinois a joué dans un cybercafé
sur Internet, trois jours durant, sans interruption.
Résultat : il en est mort, victime d’un
arrêt cardiaque. La panique s’est emparée
des centaines d’Internautes présents sur
les lieux et qui ont fui. C’est tout de même
bête de mourir sur la Toile ! Au Burkina, on sait
qu’il y a plein de cinglés du net : alors,
qu’ils sachent que l’overdose d’Internet,
ça existe aussi maintenant. A bon entendeur,
salut…
* Alors que la Banque Mondiale jure la main sur le cœur
que les affaires se font bien au Faso, un secteur parmi
tant d’autres, semble lui porter la contradiction
: c’est le secteur bancaire. Là-bas, la
gestion a été tellement laxiste, parfois
si crapuleuse, que des fortunes entières ont
été dilapidées au préjudice
des associés, des clients et de l’Etat.
On ne compte plus les opérateurs économiques,
les personnalités, les parents et amis de personnalités,
qui doivent à telle ou telle banque, 2 milliards
de fcfa, 3 milliards et parfois plus. Quant à
ceux qui ont empoché des broutilles, c’est-à-dire
200 à 400 millions de fcfa, on ne les compte
pas. C’est tellement le « djafoule »
(NDLR : ???) à ce niveau qu’aujourd’hui,
beaucoup de ces banques sont en passe d’être
vendues lorsqu’elles ne sont pas en situation
de mettre la clef sous le paillasson.
* Le Ghana fait figure de pays où la bonne gouvernance
n’est pas un vain mot. Alors, on se demande pourquoi,
à la frontière entre ce pays et le nôtre,
il y a autant de corruption. Les Burkinabé, surtout
les transporteurs, qui payent un lourd tribut en pots
de vins multiples pour pouvoir se rendre dans ce beau
pays, devraient pouvoir se rebiffer. En écrivant
une lettre ouverte en français et en anglais
au président Kuffuor pour s’en plaindre
ouvertement et exiger plus de contrôles à
ces postes à ces postes frontières pour
éviter cette situation déplorable. Ils
pourraient aussi, s’ils étaient vraiment
décidés, exiger des reçus en bonne
et due forme à tous ces racketteurs : pas de
reçu, pas d’ « oseille » !
Et ils devraient tenir bon : on nous amène devant
d’autres flics, en justice ? Et alors ? On tient
bon et on dénonce. Ca pourrait changer le cours
des choses. Bref, il faudrait la révolution anti-racket
pour prouver que les Africains ne sont pas figés
dans le passé et qu’ils peuvent forcer
le cours des choses.
* Une élue de Bavière en Allemagne, Gabriele
Pauli, a eu une idée insolite : proposer un mariage
à durée limitée à 7 ans
avec possibilité de reconduction. Ceci eu égard
au nombre de divorces en croissance exponentielle qui
coûtent cher. Ca a fait du bruit, ça on
peut le dire ! Pourtant, quand on pense à tous
les divorces en Europe et ailleurs, on se dit que peut-être
il faudrait creuser l’idée. A noter pour
finir que la députée est elle-même
est une femme divorcée ; elle sait donc de quoi
elle parle !
* Y a-t-il des tensions de trésorerie au Faso
? Le bruit court que ce serait une triste réalité
et que de rares banques non encore gangrenées
par le racket ambiant se donneraient le mot, en dépit
du harcèlement dont elles sont l’objet,
pour ne pas tomber dans la spirale infernale qui a compromis
bien d’institutions financières de la place.
* Le rapport sur le codéveloppement et les flux
migratoires que vient de rendre public la commission
des Affaires étrangères, laisse un peu
perplexe par rapport à ce mécanisme dont
les résultats seraient mitigés. Il a notamment
été souhaité un «changement
d'échelle ». Extraits : «.. les mécanismes
d'investissement à distance ne fonctionnent pas
(3 entreprises créées au Maroc en 4 ans,
4 bénéficiaires de prêts dont 3
défaillants au Mali), tandis que les co-financements
des initiatives des migrants et les dispositifs d'aide
à la réinsertion (8 300 euros par projet),
paraissent difficiles à généraliser
». Le rapport poursuit : « Ces réponses
passent également par un dialogue indispensable
avec les pays d'origine pour parvenir à un constat
partagé sur la question des migrations. Ce dialogue
est exigeant pour les pays d'origine, notamment sur
les questions de gouvernance ; il doit l'être
pour la France, qui doit mobiliser son aide bilatérale
(comment expliquer que seuls 50 millions d'euros aient
été alloués en 2005 au Mali ?)
dans des secteurs décisifs pour la création
d'emploi ». A méditer, en tout cas !
* Bonne nouvelle : à Koudougou, un arrangement
a été trouvé pour le prix du transport.
A partir du 1er octobre, le prix du transport aller
Koudougou/Ouagadougou sera de 1.500 F au lieu de 2.000
; le prix du transport aller Koudougou/Bobo sera de
4.000 f au lieu de 5.000 f.
* Adame Ba Konaré, épouse du patron de
la Commission de l’Union Africaine, provoque presque
le président français : elle souhaite
que soit rédigé un livre pour «
mettre à niveau » Nicolas Sarkozy et elle
entend contribuer à la rédaction de cet
ouvrage ! Histoire de dire que son Discours à
Dakar était à jeter à la poubelle.
Et si Alpha Oumar, son époux, ou les deux époux,
envisageait une candidature féminine à
la présidentielle du Mali en la personne de la
célèbre historienne ? Ce n’est pas
à exclure ! Et qui s’en plaindrait ? Pas
San Finna qui consacre une page chaque semaine depuis
le début de son « aventure », à
la Femme !
* Dans notre édition de la semaine passée,
nous parlions de l’Initiative de la Banque Mondiale
et des Nations Unies : Challenges, Opportunities and
Action Plan (Recouvrement des avoirs volés :
défis, opportunités et plans d’action)
qui vise à rapatrier les richesses détournées
par les dirigeants et expatriées à l’étranger.
On dit à Ouagadougou qu’une enquête
au Faso donnerait de la matière aux pionniers
de cette initiative. Il semble que beaucoup ont si brutalement
amassé des fortunes frauduleuses qu’ils
ne savent pas comment faire pour les placer. Alors,
on investit dans l’achat de villas, d’appartements
en Sicile, au Brunei, à Monaco, en Calabre, dans
les pays asiatiques, d’autres choisissant de faire
ici et là dans l’hôtellerie, dans
l’acquisition de yachts qui feraient pâlir
de jalousie le célèbre Phocéa de
Bernard Tapie. Sont-ce là des ragots de jaloux
? On ne sait que dire mais bien de procédures
se sont avérées concluantes sur la simple
base de dénonciations ou de rumeurs !
* La NASA a publié un communiqué dans
le monde entier, informant qu’elle devrait être
en mesure d’envoyer un homme sur Mars en 2037
! Ouah ! Mais c’est tout de même très
loin. Dommage !
* Selon l’Agence PANAPRESS, le président
de la BAD, Donald Kaberuka, s’est dit prêt
à soutenir les pays africains pour canaliser
les transferts financiers de la diaspora dont les frais
sont jugés "trop élevés".
Belle et juste initiative quand on apprend par le patron
de la BAD que « les transferts de la Diaspora
africaine atteignent 14 à 17 milliards de dollars
US par an » et que selon l’étude
faite par la banque, « pour 100 dollars US envoyés
par la diaspora, 19 dollars US ont servi de frais de
transfert ».
* 120 000 fidèles : c’est, incroyable mais
vrai, la capacité d'accueil de la mosquée
géante en projet en Algérie. Elle sera
construite face à la baie d'Alger et sera la
troisième plus grande mosquée du monde
après celles de La Mecque et de Médine
que l’on sait protégées à
jamais de la préséance. La bataille est
donc acharnée au niveau de la 3ème place
que l’Algérie, en l’espèce,
vient de ravir au Maroc. A quand et par qui le prochain
défi ?
* La guerre en Afghanistan est une guerre dont les médias
ne veulent pas trop parler : pourtant, peu le savent,
mais il y a déjà eu 5.000 civils tués
dans des attentats et les Taliban reprennent du poil
de la bête. En Irak, chaque attentat fait l’objet
d’images et de commentaires à n’en
plus finir. Et si on cherchait à se demander
pourquoi ce « deux poids, deux mesures »
? Nous y reviendrons dans un article sous peu.
* Les enfants prodigues de la république chez
nous, font encore parler d’eux : le fils d’un
Colonel du Faso se serait carapaté du domicile
paternel, avec pas moins de 47 millions de FCFA. Pour
sûr qu’il en aura des jours et des jours
à faire la pro dada ici et là ! A moins
qu’habitué à flamber, il ne retourne
très vite au bercail chercher du rabiot.
* Suite au naufrage du Joola il y a cinq ans au Sénégal
et qui a laissé des milliers d’orphelins
dans le désarroi et le dénuement malgré
les promesses au plus haut niveau, une instruction a
été ouverte en 2003 au tribunal d’Evry,
sur plainte des familles de victimes françaises
du naufrage du Joola. C’est le quotidien Libération
qui nous l’apprend : « Le juge Jean-Wilfrid
Noël, qui est sur le point de boucler son instruction,
a transmis son dossier et huit mandats d’arrêt
internationaux au parquet d’Evry. Ils viseraient
l’ex-Premier ministre Mame Madior Boye et plusieurs
autres ministres et personnalités…(..)
.. L’enquête sénégalaise,
classée sans suite, avait conclu à la
responsabilité exclusive du capitaine du transbordeur,
Issa Diarra, disparu dans le naufrage. Pour le reste,
seules des sanctions administratives avaient été
prises. La mise en examen et l’émission
de mandats d’arrêt visant de hauts responsables
sénégalais pourraient causer des frictions
entre Dakar et Paris. Le Quai d’Orsay, consulté
par le juge Noël, est défavorable aux mandats
d’arrêt. Mais le magistrat peut passer outre
». Affaire à suivre, comme on dit !
* Chez nous, le ministre délégué
chargé des Collectivités locales du Burkina
Faso, Soungalo Ouattara, a rédigé un ouvrage
sur la décentralisation « Gouvernance et
libertés locales » et a affirmé
lors de son passage à Paris que le Burkina a
capitalisé en matière de décentralisation
une expérience telle qu’il est devenu sur
le sujet, un pionnier en Afrique. Il a même dit
ceci à l’agence PANA : "Sur certains
points, le Burkina est en avance sur la France en matière
de décentralisation », insistant sur le
fait que "le succès" de la décentralisation
au Burkina Faso s’explique par une association
de facteurs dont la volonté politique exprimée
au sommet de l’Etat. Le CRI du 25/09/07 a même
titré ceci : « Le Burkina revendique la
palme ». Bravo pour le travail intellectuel fait
par le ministre quand on sait que peu d’intellectuels
prennent la peine d’écrire mais faudrait
tout de même pas trop en faire. Cette opération
de communication tous azimuts au service du régime
(on annonce que le livre fera un tabac aux USA où
il serait attendu comme la Bible ou le Coran) choque
d’autant plus que les éloges sur la décentralisation
made in Faso ont de quoi faire hurler ! Heureusement,
au Faso, on sait exactement de quoi il retourne : une
décentralisation basée sur des élections
truquées qu’on a d’ailleurs refusé
de reporter alors que les partis présidentiels
étaient seuls en compétition dans plus
de 2/3 des communes, une décentralisation où
donc non seulement les élus sont mal élus
mais où des gouverneurs omnipotents sont tous
nommés par le pouvoir et où tous, sans
exception, sont du parti au pouvoir, une décentralisation
où les communes végètent sans le
sou.. Rappelons-nous les propos du maire de Pô,
qui s’est plaint lors de notre récent entretien
avec lui, des ressources dérisoires pour sa ville
et qui a été contraint de faire appel
à la solidarité des ressortissants du
Nahouri ! Et on peut en rajouter.
* Dominique Strauss Khan a été lu patron
du Fonds Monétaire International. Il aura, apprend-on,
325 000 euros net par an et une retraite assurée
pendant plusieurs années. On n’a pas parlé
des avantages mais ils doivent bien dépasser
ces montants. Bref, c’est plus qu’une bonne
planque pour assurer ses vieux jours ! Espérons
qu’il ne lâchera pas maintenant l’Afrique,
elle qui s’est grandement mobilisée pour
son élection.
*
Depuis le samedi 30 septembre dernier, une chasse serait
lancée contre les « fonds rouges ».
Voilà qui n’est pas passé inaperçu
dans la capitale où l’utilisation illégale
des véhicules de l’Etat à temps
et à contretemps, en période de campagne
électorale ou non, sévit de façon
endémique. Compte tenu que ce n’est pas
la première croisade du genre, espérons
que cette fois sera la bonne !