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SERAIT-CE
BIEN OU MAL QUE LAURENT GBAGBO ASSISTE AU 20 EME
ANNIVERSAIRE DE L’ARRIVEE DE BLAISE COMPAORE
AU POUVOIR ?
Pour
la célébration du 15 octobre, qui
représente l’avènement de Blaise
Compaoré au pouvoir mais aussi l’assassinat
de Thomas Sankara, le pouvoir burkinabé a
décidé, pour une fois en 20 ans, de
commémorer l’évènement
afin de montrer les réussites du régime.
Au nombre des invités, l’Observateur
Paalga a annoncé qu’il n’est
pas improbable que figure le président Laurent
Gbagbo. Une controverse a pris naissance autour
de cette éventualité, opposant ceux
qui disent que le premier Ivoirien devrait s’abstenir
de prendre partie en venant à la célébration
de l’accession de Blaise Compaoré au
pouvoir et ceux qui disent qu’il ferait bien,
en témoignage notamment des efforts accomplis
par son homologue dans la sortie de crise, de répondre
favorablement à l’invitation du chef
de l’Etat burkinabé. Délicat
deux sons de cloche. |
| CE
SERAIT BIEN QUE LAURENT GBAGBO DISE OUI À
L’INVITATION DE BLAISE COMPAORE
Le
chef de l’Etat ivoirien aurait des raisons
surabondantes d’accepter une invitation de
se rendre à Ouagadougou le 15 Octobre prochain
pour célébrer avec son homologue,
les 20 ans de son accession au pouvoir. Il y a tout
d’abord que la bienséance et les règles
de la courtoisie diplomatique obligent, sauf cas
d’empêchement majeur, à répondre
favorablement à de telles invitations entre
chefs d’Etat. Ensuite, bien que mise en sommeil
pendant une bonne partie de la crise ivoirienne,
les deux hommes ont tissé des amitiés
solides quand l’un était encore opposant
dans son pays, en l’occurrence Laurent Gbagbo
et que l’autre était déjà
au pouvoir, c’est-à-dire Blaise Compaoré.
Cette amitié expliquerait largement qu’il
fasse le déplacement de Ouagadougou. On peut
dire aussi que dans l’ambiance qui accompagne
l’Accord de Ouagadougou et qui est caractérisée
par des marques de confiance prodiguées par
les uns et les autres, facilitateur autant qu’anciens
belligérants ou non, une acceptation de Laurent
Gbagbo d’être de la commémoration
des 20 ans de pouvoir de Blaise Compaoré
pourrait être bien accueillie et huiler davantage
la mécanique de la sortie de crise. De façon
subsidiaire mais non moins importante, le 15 Octobre
à venir a toutes les chances de réunir
du beau monde à Ouagadougou. Laurent Gbagbo
manquerait une occasion d’échanger
avec des collègues, et partant de consolider
davantage son retour dans une communauté
africaine et mondiale qui l’avait plutôt
boudé. Si l’on tient compte enfin que
le chef de l’Etat burkinabé assure
en même temps la présidence de la CEDEAO
et de l’UEMOA, on ne comprendrait pas que
le numéro un ivoirien, qui a particulièrement
besoin de ces organisations pour booster le processus
de pacification dans son pays, n’accepte pas,
par son ami et frère burkinabé interposé,
d’honorer de sa présence les manifestations
commémoratives de ce 15 Octobre. Voilà,
parmi bien d’autres, quelques raisons qui
devraient faire taire tous ceux qui n’ont
de cesse de condamner un éventuel déplacement
de Laurent Gbagbo au pays des hommes intègres.
TOMI.
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LAURENT
GBAGBO NE DOIT PAS VENIR A OUAGADOUGOU LE 15 OCTOBRE
Il ne faut pas chercher de midi à 14 heures
pour se convaincre que le chef de l’Etat ivoirien
ne doit pas venir à Ouagadougou le 15 Octobre
et que certainement, il ne le fera pas. Cet anniversaire
est sujet à polémique. Il représente
deux évènements antagoniques : le
premier, c’est l’assassinat de Thomas
Sankara et de ses nombreux compagnons ; le second,
c’est l’avènement, par ce moyen,
de Blaise Compaoré à la tête
du pays. Venir dans ces conditions et alors que
la bataille du 15 Octobre fait rage, mobilisant
en interne comme en externe avec des risques de
dérapage, ne serait pas indiqué pour
Laurent Gbagbo. S’il le faisait, quelle que
soit l’origine de l’invitation, il prendrait
partie et cela pourrait être considéré
comme une immixtion dans les affaires intérieures
du Burkina Faso. Mais si particulièrement
il répondait à l’invitation
de son homologue, il apparaîtrait du même
coup comme acquiescant à l’assassinat
de Thomas Sankara et au coup d’Etat du 15
Octobre. Il se trouve que jusqu’à preuve
du contraire, il ne mésestime pas Thomas
Sankara et qu’il respecte aussi cette grande
opinion de son pays qui voue beaucoup de considération
à l’homme du CNR. Par ailleurs, il
n’est un secret pour personne que le premier
Ivoirien a toujours condamné les coups d’Etat
e il lui arrive à l’occasion, d’expliquer
combien il s’y est opposé alors que
des opportunités pouvaient se présenter
à lui d’accéder par des raccourcis,
au pouvoir. Il se dédierait donc en venant
célébrer le 15 Octobre, un évènement
qui représente un coup d’Etat, encore
et surtout que lui-même, qui en a essuyé
un le 19 Septembre, reste résolument marqué
par les conséquences qui en ont résulté
pour son pays. Tout aussi déterminant, même
s’il n’est pas de bon ton de le montrer,
il se doit de garder une certaine distance en n’oubliant
pas d’où est partie la tentative de
déstabilisation de son pays. Bref, il aurait
beaucoup plus à perdre qu’à
gagner en faisant le déplacement. Il heurterait
beaucoup de patriotes africains qui se reconnaissent
actuellement dans son combat comme beaucoup d’altermondialistes
qui ne manqueraient pas de lui faire mauvaise presse
au plan international. Mais il faut gager que l’homme,
qui est un fin matois, saura trouver les échappatoires
non blessantes pour décliner l’offre
qui peut être un cadeau empoisonné
pour lui.
TOZI.
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