Mise à jour le 30/09/2007
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San Finna N°433 du 01 au 07 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

SERAIT-CE BIEN OU MAL QUE LAURENT GBAGBO ASSISTE AU 20 EME ANNIVERSAIRE DE L’ARRIVEE DE BLAISE COMPAORE AU POUVOIR ?

Pour la célébration du 15 octobre, qui représente l’avènement de Blaise Compaoré au pouvoir mais aussi l’assassinat de Thomas Sankara, le pouvoir burkinabé a décidé, pour une fois en 20 ans, de commémorer l’évènement afin de montrer les réussites du régime. Au nombre des invités, l’Observateur Paalga a annoncé qu’il n’est pas improbable que figure le président Laurent Gbagbo. Une controverse a pris naissance autour de cette éventualité, opposant ceux qui disent que le premier Ivoirien devrait s’abstenir de prendre partie en venant à la célébration de l’accession de Blaise Compaoré au pouvoir et ceux qui disent qu’il ferait bien, en témoignage notamment des efforts accomplis par son homologue dans la sortie de crise, de répondre favorablement à l’invitation du chef de l’Etat burkinabé. Délicat deux sons de cloche.

CE SERAIT BIEN QUE LAURENT GBAGBO DISE OUI À L’INVITATION DE BLAISE COMPAORE

Le chef de l’Etat ivoirien aurait des raisons surabondantes d’accepter une invitation de se rendre à Ouagadougou le 15 Octobre prochain pour célébrer avec son homologue, les 20 ans de son accession au pouvoir. Il y a tout d’abord que la bienséance et les règles de la courtoisie diplomatique obligent, sauf cas d’empêchement majeur, à répondre favorablement à de telles invitations entre chefs d’Etat. Ensuite, bien que mise en sommeil pendant une bonne partie de la crise ivoirienne, les deux hommes ont tissé des amitiés solides quand l’un était encore opposant dans son pays, en l’occurrence Laurent Gbagbo et que l’autre était déjà au pouvoir, c’est-à-dire Blaise Compaoré. Cette amitié expliquerait largement qu’il fasse le déplacement de Ouagadougou. On peut dire aussi que dans l’ambiance qui accompagne l’Accord de Ouagadougou et qui est caractérisée par des marques de confiance prodiguées par les uns et les autres, facilitateur autant qu’anciens belligérants ou non, une acceptation de Laurent Gbagbo d’être de la commémoration des 20 ans de pouvoir de Blaise Compaoré pourrait être bien accueillie et huiler davantage la mécanique de la sortie de crise. De façon subsidiaire mais non moins importante, le 15 Octobre à venir a toutes les chances de réunir du beau monde à Ouagadougou. Laurent Gbagbo manquerait une occasion d’échanger avec des collègues, et partant de consolider davantage son retour dans une communauté africaine et mondiale qui l’avait plutôt boudé. Si l’on tient compte enfin que le chef de l’Etat burkinabé assure en même temps la présidence de la CEDEAO et de l’UEMOA, on ne comprendrait pas que le numéro un ivoirien, qui a particulièrement besoin de ces organisations pour booster le processus de pacification dans son pays, n’accepte pas, par son ami et frère burkinabé interposé, d’honorer de sa présence les manifestations commémoratives de ce 15 Octobre. Voilà, parmi bien d’autres, quelques raisons qui devraient faire taire tous ceux qui n’ont de cesse de condamner un éventuel déplacement de Laurent Gbagbo au pays des hommes intègres.


TOMI.

LAURENT GBAGBO NE DOIT PAS VENIR A OUAGADOUGOU LE 15 OCTOBRE


Il ne faut pas chercher de midi à 14 heures pour se convaincre que le chef de l’Etat ivoirien ne doit pas venir à Ouagadougou le 15 Octobre et que certainement, il ne le fera pas. Cet anniversaire est sujet à polémique. Il représente deux évènements antagoniques : le premier, c’est l’assassinat de Thomas Sankara et de ses nombreux compagnons ; le second, c’est l’avènement, par ce moyen, de Blaise Compaoré à la tête du pays. Venir dans ces conditions et alors que la bataille du 15 Octobre fait rage, mobilisant en interne comme en externe avec des risques de dérapage, ne serait pas indiqué pour Laurent Gbagbo. S’il le faisait, quelle que soit l’origine de l’invitation, il prendrait partie et cela pourrait être considéré comme une immixtion dans les affaires intérieures du Burkina Faso. Mais si particulièrement il répondait à l’invitation de son homologue, il apparaîtrait du même coup comme acquiescant à l’assassinat de Thomas Sankara et au coup d’Etat du 15 Octobre. Il se trouve que jusqu’à preuve du contraire, il ne mésestime pas Thomas Sankara et qu’il respecte aussi cette grande opinion de son pays qui voue beaucoup de considération à l’homme du CNR. Par ailleurs, il n’est un secret pour personne que le premier Ivoirien a toujours condamné les coups d’Etat e il lui arrive à l’occasion, d’expliquer combien il s’y est opposé alors que des opportunités pouvaient se présenter à lui d’accéder par des raccourcis, au pouvoir. Il se dédierait donc en venant célébrer le 15 Octobre, un évènement qui représente un coup d’Etat, encore et surtout que lui-même, qui en a essuyé un le 19 Septembre, reste résolument marqué par les conséquences qui en ont résulté pour son pays. Tout aussi déterminant, même s’il n’est pas de bon ton de le montrer, il se doit de garder une certaine distance en n’oubliant pas d’où est partie la tentative de déstabilisation de son pays. Bref, il aurait beaucoup plus à perdre qu’à gagner en faisant le déplacement. Il heurterait beaucoup de patriotes africains qui se reconnaissent actuellement dans son combat comme beaucoup d’altermondialistes qui ne manqueraient pas de lui faire mauvaise presse au plan international. Mais il faut gager que l’homme, qui est un fin matois, saura trouver les échappatoires non blessantes pour décliner l’offre qui peut être un cadeau empoisonné pour lui.


TOZI.

Citation de la semaine

«Je crois que Nicolas Sarkozy a une ambition. Je crois qu'il faut, peu à peu, qu'il apprivoise cette ambition et qu'il s'apprivoise lui-même pour atteindre la sérénité qui permet d'être dans un rapport avec la Nation qui rassemble, qui évite les divisions et qui 'sérénise', en quelque sorte, les choses .»

Dominique de Villepin






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