Mise à jour le 07/10/2007
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"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LA PROPOSITION D’ADAME BA KONARE SUR LE DISCOURS DE SARKOZY
QU’EN PENSE MARIAM OUEDRAOGO DE L’UNDD ?

Le discours de Nicolas Sarkozy n’en finit pas de soulever des vagues à travers l’Afrique et le monde. Adame Ba Konaré, épouse du président de la Commission de l’Union Africaine, persiste et signe. Après la déclaration peu repentante de Jean-Marie Bockel, Ministre de la Francophonie : «L’Afrique est enfin entrée dans le débat d’idées », elle demande tout d’abord aux historiens africains d’écrire des articles portant sur chacun des thèmes soulevés par le président Sarkozy, en fonction de leurs spécialités. Un comité scientifique dirigera ce travail dont la publication est prévue avant la fin de l’année 2008. Elle en appelle, deuxièmement, à la création d’ un Comité pour la défense de la mémoire de l’Afrique. Alors que dans les médias, sa proposition fait grand bruit, nous avons voulu savoir ce qu’en pense l’UNDD et avons donc eu l’occasion de revenir sur les concertations sur le sujet avec Mariam Ouédraogo, Secrétaire nationale chargée de la promotion des femmes, qui avait été une des organisatrices de ces concertations, qui a accepté de répondre à nos questions.

1) Que pensez-vous
de la proposition de Adame Ba Konaré ?

Mariam Ouédraogo, Secrétaire nationale chargée de la promotion de la Femme : C’est une proposition ingénieuse et pertinente. Ce que je vois, c’est qu’elle joue au plan intellectuel ce que son mari joue au plan politique et diplomatique : défendre la dignité, la liberté du continent. C’est une femme de tête et son idée va continuer à faire du bruit car je crois qu’elle répond à une attente : l’attente de mieux faire connaître l’Afrique dans ses réalités, le souci d’influencer un regard nouveau sur le continent. De ce point de vue, le Comité pour la défense de la mémoire qu’elle propose est aussi important que le travail intellectuel souhaité sur cette mémoire.
Mais nous pensons à l’UNDD qu’il faut aller au-delà de la contradiction pour déboucher sur des propositions concrètes qui transforment le vécu en Afrique.

2) Justement, vous avez-vous aussi réagi par rapport au Discours de Nicolas Sarkozy en faisant des propositions transmises à l’Ambassadeur de France pour le président français. Qu’en est-il ?

Mariam Ouédraogo : C’est vrai. Nous avons été parmi les premiers à nous manifester après le Discours de Dakar de juillet dernier. Je dois même dire que c’était une réaction logique de notre part puisque nous suivons, je dirai à la trace, le président Sarkozy depuis l’espoir qu’il a suscité par rapport à la politique africaine de la France quand à Cotonou, il avait fait des propositions de rénovation de cette politique africaine en tant que Ministre de l’Intérieur.

Avant même sa venue sur le continent, l’UNDD avait sollicité un tel discours ; après donc l’important Discours de Cotonou, dans lequel il a prôné la rupture, nous avons encore réagi pour l’y encourager. C’est dire que nous ne pouvions qu’être déçus avec les propos tenus à Dakar. Non seulement, ceux-ci ont été révélateurs d’une mauvaise connaissance des réalités morales, historiques, politiques, économiques de l’Afrique mais il a fait l’impasse sur la politique africaine de la France alors qu’on attendait qu’il en précise les lignes pour cette première sortie.

Mais fort heureusement, Nicolas Sarkozy a demandé à ses ambassadeurs à Paris le 27 août dernier, de lui faire parvenir les réactions des populations, des forces vives et des jeunesses africaines par rapport à son discours de même que leurs attentes sur ce que la France pourrait faire dans ses relations avec l’Afrique.

3) C’est donc cela qui a justifié vos propositions qui ont fait suite à des rencontres tenues dans plusieurs provinces ?

Mariam Ouédraogo : Exactement. Nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas s’enfermer dans la critique et la polémique stérile par rapport à son message de Dakar. La meilleure façon, c’était de prendre le président français au mot en répondant à son désir d’établir un dialogue direct avec les populations africaines. D’où ces conférences à travers lesquelles nous avons eu des débats contradictoires au terme desquels nous avons fait un certain nombre de propositions envoyées à l’Ambassadeur de France et que la presse a publiées.

4) Espérez-vous que l’on fasse suite à vos propositions ?

Mariam Ouédraogo : Je ne peux pas dire que ça va se faire mais nous l’espérons. Si on demande son avis à quelqu’un, c’est en principe pour lui faire suite d’une façon ou d’une autre, négativement ou positivement. Alors, on espère que le président Sarkozy aura le retour de ses demandes et qu’après cela, quelque chose sera fait, avant ou pendant sa deuxième tournée africaine.

5) Votre mot de la fin

Mariam Ouédraogo : C’est pour vous remercier et dire qu’il serait intéressant que, par-delà l’UNDD, les gens prennent au sérieux ce message du président français sans tomber dans l’exaltation béate. C’est vrai que le Discours de Dakar a fait mal mais nous devons saisir la balle au bond : c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a demandé ce qu’on pense en toute sincérité et amitié. Faisons-le. Il n’arrête pas de dire qu’il fera ce qu’il dit. Nous verrons bien. Nous n’avons rien à perdre, au contraire. D’ailleurs, nous nous pensons qu’il faut en profiter pour demander, puisque c’est à la mode en ce moment en France, un Grenelle sur la politique africaine de la France. Ca permettra de faire le point et d’esquisser même des possibilités d’évoluer vers une politique européenne de l’Afrique et de l’encadrer par un comité de suivi ouvert aux Etats, aux institutions mais aussi aux peuples d’Afrique à travers leurs structures représentatives.

CY






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