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San Finna N°435 du 15 au 21 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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CEG DE DASSA
UN CONFLIT QU’IL FAUT SOLUTIONNER AU PLUS VITE

Après avoir reçu un mail comme un appel au secours, expliquant la difficile situation que connaissait le Collège de Dassa au Sanguié, nous recevions le 9 Octobre passé, une lettre ouverte adressée au Directeur Régional du Ministère de l’Enseignement secondaire, supérieur et de la recherche scientifique (MESSRS) du Centre Ouest, faisant état d’une « pomme de discorde » et d’une mauvaise gestion financière et académique dans ledit CEG. Comme annoncé à nos lecteurs, nous avions déjà décidé de dépêcher une équipe de reportage pour voir les réalités du terrain. Cette visite a donc eu lieu le jeudi 11 Octobre passé. Nous n’avons, hélas, pu rencontrer le Directeur qui était absent et il nous faudra repartir sur place pour avoir son point de vue ; à moins qu’il ne nous contacte par courrier. Idem pour le Directeur régional que nous avons cherché à joindre mais qui devait être à Ouagadougou. En attendant, voici ce que nous avons concrètement vu et également ce que nous avons entendu du côté des plaignants. Comme vous le verrez, c’est triste et il urge qu’une solution soit trouvée pour sauver la scolarité de tous ces collégiens de Dassa qui ne méritent pas ça.

A 11 heures, nous arrivons dans l’aire de bâtiments inachevés, au milieu de buissons. Ils servent de classes, de logements et abritent l’administration. Deux professeurs sont sous un arbre et quelques élèves (une dizaine) attendent comme pour implorer leur direction fermée et leurs professeurs, de commencer les cours.

Nous tendons alors notre micro au Surveillant général, reconverti en professeur d’histoire-géographie, Bayala Pierre, car nanti d’une licence ; au professeur de français/anglais Mathieu Tenguéri ; et au délégué des élèves, Firmin Bayané.

San Finna : Que reprochez-vous exactement à votre directeur ?

Pierre Bayala :
Tout a commencé à la rentrée scolaire 2005/2006 par rapport au certificat de non logement. Les bâtiments sont inachevés, raison pour laquelle ils n’ont pas été pris en compte lors du recensement des bâtiments administratifs en 2005. Nous avons estimé qu’il était du devoir du directeur de prendre attache avec le préfet pour que nous puissions avoir des certificats de non logement. Il a accepté puisqu’il se retrouve dans la même situation. Grande fut notre surprise lorsque nous apprenions par la suite que le directeur s’est fait établir ce certificat à la préfecture alors que, semble-t-il, de connivence avec le préfet, nos dossiers ont été rejetés.

Sur le plan académique et financier, le directeur a une gestion opaque avec l’économe. Depuis juin 2006, nous ne sommes plus associés au recrutement des élèves pour complément d’effectifs. Le directeur le fait à sa guise.

San Finna : A quelle date remonte la tenue de votre conseil de rentrée 2007/2008 ?

Pierre Bayala :
Nous n’avons pas tenu de conseil d’abord. Le directeur nous évite. Il n’y a pas de contact entre lui et les professeurs. Chaque matin, nous venons à l’école mais hélas !

San Finna : Est-ce que le Directeur régional (DR) du MESSRS du Centre Ouest est au courant du retard ?

Pierre Bayala :
Je n’en sais rien car il revient au directeur de faire le point de la rentrée au DR.

San Finna : Y a-t-il des voies de recours que vous ayez emprunté pour résoudre vos différends ?

Pierre Bayala :
Oui car l’an dernier, avec les mouvements de grève des élèves, 2 délégations de la Direction régionale sont venues au CEG. Premièrement, c’étaient 2 inspecteurs et deuxièmement, ce fut le DR. Le problème clé, c’était les absences répétées du directeur en classe car il s’est accaparé de plusieurs heures de vacation qu’il n’arrivait pas à satisfaire alors qu’il touchait son argent comme si le travail était fait.

San Finna : Qui fait le constat avant de payer ?

Pierre Bayala :
C’est l’économe qui traite les états et qui paie. Il refuse de communiquer avec nous ; c’est pourquoi nous dénonçons les heures de cours payées et non dispensées.

San Finna : Quel appel lancez-vous à l’endroit de la DR/MESSRS ?

Pierre Bayala :
Nous estimons que si nous sommes à la base des discordes au CEG, qu’on nous affecte. Au cas contraire, que le directeur soit remplacé.

San Finna : Les fils et filles de Dassa sont-ils au courant du blocage de la rentrée au CEG ?

Pierre Bayala :
Depuis l’an passé, ils suivent de près l’évolution de l’école. C’est pour cette raison que la population a pu ramasser des agrégats afin qu’on achève les travaux à l’intérieur de la 4ème classe. Les cotisations des 274 élèves que compte le CEG devaient suffire pour réaliser le gros œuvre mais la gestion laisse à désirer.

San Finna : Le mot de la fin ?

Pierre Bayala :
Je vous remercie d’être venu à Dassa vous imprégner des problèmes. Je tiens à souligner aussi que lors d’une assemblée générale, le directeur a dit qu’un directeur est fait pour se déplacer beaucoup. Et comme vous le constatez, il est encore absent, incapable de nous communiquer ses absences. ET comme jusque là, il n’y a pas de conseil de professeurs, nous ne savons pas comment commencer les cours. Nous ne voulons pas que la 1ère promotion de l’école qui est en 3ème échoue lamentablement au BEPC car nous ne voulons pas être comptables devant l’histoire.

San Finna : Parlez-nous de l’ouverture du CEG en tant que professeur témoin.

Mathieu Tenguéri :
C’est en présence des parents d’élèves, de Mme la Préfette et du DR du MESSRS que le CEG a ouvert officiellement ses portes le 27 janvier 2005. Les cours ont début le 31 janvier 2005. A cause du retard, nous avons majoré les heures avec le soutien des parents d’élèves et Zéphirin Bationo, en qualité de 1er directeur du CEG. Les ressortissants de Dassa nous ont compris et beaucoup de prix ont été décernés aux meilleurs élèves lors de la clôture en fin d’année. Dès la 2ème année, Mr Bationo était affecté au Lycée communal de Réo et remplacé par Mr Serge Bicaba (actuel directeur) le 13 novembre 2005.

En fin d’année, j’ai tenté de lui faire comprendre le climat malsain qui commençait à s’installer au sein de l’établissement et du même coup réclamer les certificats de non logement, mais le directeur ne m’a pas écouté et a d’ailleurs enfoncé le clou en organisant le recrutement des élèves pour complément d’effectifs sans nous aviser. A la rentrée scolaire 2006/2007, il me dit de commencer les cours. Je lui ai tout simplement dit qu’on ne pouvait commencer sans qu’il y ait eu un conseil de classe puisque j’étais d’ailleurs délégué du personnel. Et en tant que délégué, je devais avoir une idée sur le budget de l’école et signer. Mais le directeur a pris quelqu’un d’autre qui signait à ma place. J’ai dit à Mr Bicaba que sa gestion académique et financière n’était pas transparente et il a alors décidé de se venger de nous.

C’est ainsi que lors de la grève des élèves le 6 novembre 2006, le préfet s’est joint au directeur pour nous menacer d’être à la base du mouvement des élèves. J’ai seulement fait comprendre que je ne demandais pas une faveur de l’Etat mais que je réclamerai toujours mon droit. Nous avons organisé par la suite une table ronde à la préfecture avec le maire pour régler les litiges au sein du CEG. Malheureusement, le 19 décembre, alors que sans avoir fait de devoirs, le directeur voulait coller des notes arbitraires aux élèves pour calculer les moyennes ; ces derniers sont à nouveau partis en grève.

Radio Palabre à Koudougou a fait écho du problème à l’époque mais la DR du MESSRS s’est plutôt solidarisée avec le directeur pour nous incriminer.

San Finna : Estimez-vous qu’il y a une gestion opaque au sein du CEG et que reprochez-vous au préfet ?

Mathieu Tenguéri :
Oui il y a une véritable gestion opaque et le préfet est complice. Car si le préfet voulait éteindre le feu au CEG, il lui suffisait simplement de sensibiliser Mr Serge Bicaba afin qu’il ait une attitude plus sociable avec les professeurs au lieu de prendre pour argent comptant tout ce que dit le directeur.

San Finna : Qui est le principal bailleur dans la construction du CEG ?

Mathieu Tenguéri :
La source de financement n’a pas été clairement définie. C’est dans les coulisses qu’on entend. Officiellement, on dit que c’est l’effort de tous les fils et filles du village qui a contribué à bâtir le CEG sinon l’état du CEG est inquiétant.

San Finna : Est-ce qu’il y a des financements extérieurs ?

Mathieu Tenguéri :
Nous n’avons pas d’écho. Au sein de l’établissement même, nous ne savons rien des apports extérieurs.

San Finna : Et la subvention de l’Etat ?

Mathieu Tenguéri :
Elle vient tardivement et en tant que délégué du personnel, je ne suis jamais informé. Mais c’est dommage qu’au lieu de jouer son rôle, l’économe veuille s’ingérer dans les affaires académiques. Il y a la cantine à l’école mais nous n’avons jamais demandé de nous servir. Cependant, les boîtes de sardines, l’huile se vendent à Dassa. Les constats de détournement de sacs de riz sont clairs.

San Finna : Reprochez-vous quelque chose à la DR du MESSRS qui garderait un silence coupable ?

Mathieu Tenguéri :
Je lui reproche beaucoup de choses car le DR ne prend pas au sérieux nos problèmes et préfère donner raison chaque fois au directeur. C’est pourquoi j’accuse la direction régionale. J’ai même demandé une affectation car je ne peux pas travailler avec quelqu’un qui me traite comme un ennemi. Je ne cours pas derrière les heures de vacation. Je suis contre l’octroi discriminatoire des certificats de non logement au directeur.

San Finna : Quelles sont les personnalités qui ont été remercié à l’inauguration du CEG ?

Mathieu Tenguéri :
Je ne saurais les citer sans me tromper et ce n’est pas de la mauvaise foi. Je me rappelle qu’il a dit qu’il s’est battu pour la réalisation de ce CEG supposé achevé sur papier. Alors qu’on refuse de recenser les bâtiments puisqu’ils sont inachevés, qu’on nous donne nos certificats de non logement.

San Finna : Un appel ?

Mathieu Tenguéri :
Je souhaite que la direction régionale dès aujourd’hui prenne les problèmes du CEG au sérieux et que l’élite de la commune jette un regard sur l’évolution du CEG. Nous n’avons pas baissé les bras mais si ça continue, nous nous verserons dans le laxisme du directeur.

San Finna : Le mot de la fin ?

Mathieu Tenguéri :
Merci à San Finna qui a effectué le déplacement jusqu’à Dassa pour connaître nos réalités.

Firmin Bayané, délégué des élèves : Nous sommes de la 1ère promotion. C’est en 4ème que nous avons eu des problèmes avec Mr Serge Bicaba, notre directeur, qui a remplacé notre professeur en français/anglais, Mr Mathieu Tenguéri. Comme il n’était pas régulier, je suis allé le voir dans son bureau pour lui faire part des inquiétudes des élèves. Il m’a menacé de sortir de son bureau. En 4ème, nous n’arrivions pas à concevoir que les élèves de la 5ème étaient mieux que nous en français. J’ai entrepris des démarches chez le préfet, le bureau APE, le maire. Sans résultats. Nous sommes donc allés en grève devant les menaces du directeur. Une mission de la DR du MESSRS n’a pas servi à grand-chose.

Pour cette rentrée, il est venu lui-même faire l’appel une fois sans les professeurs. Nous n’avons pas d’emploi du temps. D’abord, chaque matin, les professeurs sont là mais il n’ y a pas de communication entre eux et le directeur.

San Finna : Qu’est-ce que toi, en tant que délégué des élèves, tu attends de la DR du MESSR ?

Firmin Bayané :
Je voudrais que la DR du MESSRS nous trouve un autre directeur car si Mr Bicaba reste, il va vouloir donner des cours alors qu’il s’absente beaucoup. Comme nous sommes en classe d’examen, je crains fort que notre promotion n’échoue.

Adama Ouédraogo






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